Accéder au réel : une malédiction.

Si si peu d’humains se pressent pour accéder au réel, c’est parce que cette accession, plus qu’un privilège, a les allures de malédiction. Car le réel est froid, dur, sans passion. Dans le réel, les couleurs n’existent pas. Elles sont de simples effets de réfraction du rayonnement lumineux traduits esthétiquement par notre cerveau. Dans le réel, le monde est vide et la dynamique est celle de la destruction. L’entropie.

Oui, l’énergie est moralement neutre.

Dans le réel, mourir, par exemple, est naturel et commun. Dans la fiction, c’est un drame. Donc, lorsqu’on est plein de sa propre importance, on va préférer la fiction. Dans le réel, le soleil s’en fout. Dans la fiction, ses rayons sont positifs ou négatifs, selon qu’ils réchauffent ou tuent.

Dans la fiction, Dieu a une barbe et s’attarde aux prières de débiles qui veulent interdire un contrat de vie commune à des gens de même sexe. Dans le réel, s’il y a une cause, cette cause s’en fout, car il semble évident qu’elle a d’autres chats à fouetter. Et cette cause nous est définitivement inaccessible, car nous ne sommes qu’une conséquence.

Encore une fois, la fiction ne sert qu’à entretenir le narcissisme. En particulier le vrai narcissisme maladif, celui commun des croyants et des journalistes.

 

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