Arrêt volontaire

Cet article est référencé dans : Ma vie normale

J’étais fin saoul. J’ai dit à une amie coréenne que Bouddha était un con. Ce qui est vrai, mais ce n’est pas une chose à dire dans un état d’ébriété avancée. Je crois que j’ai ajouté quelque chose comme « le détachement n’est pas une option ». La soirée avançait, et bientôt je n’aurais plus de souvenir. Quelques flashs, moi ici,  persécutant untel sur son orientation sexuelle, et sans transition je suis ailleurs, discutant avec d’autres, et je crois, je crois qu’un garçon m’a léché l’oreille… On me racontera qu’après, il a montré sa bite à tous le monde. Pour ma part, je ne voyais déjà plus grand-chose. Un très agréable dessinateur espagnol que je ne connais pas est resté en arrêt devant ma bibliothèque, et je le vois faire de grands gestes « c’est le décor pour mon personnage, c’est exactement ça ! Je peux faire des photos ? » « Évidemment que tu peux faire des photos… » et j’ai voulu ajouter quelque chose qui a foiré au moment de l’articulation d’une syllabe ou deux… Ce qui me rassure, c’est que tous ceux qui sont restés ont terminé dans un état proche du mien, même s’ils se sont amusés de ma jolie trajectoire pour sortir une dernière fois de la pièce. Ensuite, le noir, et un choc. Et rien.

Et c’est deux jours plus tard que je découvrirais que j’ai violemment heurté la porte de ma chambre… Mais pour que cette douleur-là apparaisse, il faudra que celles si spécifiques de la cuite s’estompent. Et, depuis des années, peut-être dix ans, ce « on ne m’y reprendra pas » bien vain. Déjà remarqué que le corps mettait de plus en plus longtemps pour s’en remettre. Zombie.

C’était une bonne soirée, me dit-on. J’évite de me remémorer les conversations, j’ai une petite peur, rétrospective, sur ce que j’ai pu dire ou écrire… et il me faudra deux jours pour avoir le courage d’affronter pour vérifier. Ça va, rien de trop horrible. Il y a une règle, que j’avais découvert tout seul une nuit, en voyant ce qu’une amie facebook postait en rentrant d’une longue longue soirée : ne rien poster sur les réseaux sociaux pendant ou après une « bonne » soirée… Une règle importante…

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