Au cœur de la mélancolie numérique

Oui, en son cœur même il y a la question de la sauvegarde. Lorsqu’on se penche sur ses archives numériques, il y a toujours un petit moment de vertige, devant l’ampleur, devant l’impossibilité physique de trier, ordonner ou même choisir. Alors, on stocke, on stocke dans des volumes de plus en plus grands, qui représentent un deuil d’autant plus grand lors d’une défaillance… J’ai déjà évoqué le traumatisme du premier crash disque, moment important de notre vie numérique. Et ensuite, selon les personnalités, des stratégies différentes. Pour moi et pour beaucoup, pour l’avoir entendu, la stratégie psychologique préférée aux stratégies paranoïaques matérielles : accepter de perdre. Sinon, c’est la course angoissante à la sauvegarde.

Et puis, aujourd’hui, on nous propose (ou le paramétrage est automatiquement bloqué sur) le Cloud. Qui est bien pratique pour certaines choses. Paradoxalement, on nous le propose pour les photos, alors qu’il est très adapté au texte. Mais pour les photos, franchement, c’est pas ça. J’en fais trop ? Peut-être…

Malgré tout, il y a des moments ou il faut plonger dans les nids à poussière que sont les vieux CD et DVD de données en vrac, au mieux chronologiques…

Et se rendre compte qu’une montagne de support optique, vous savez ces rondelles, quand on m’en tend une aujourd’hui, j’ai un petit moment d’hésitation pour savoir qu’en faire, oui, ces rondelles qui prennent une place folle ne représentent à elles toutes qu’une parcelle infime du dernier disque qui trône sur le bureau…

disque
Et la petite pensée, alors, sur la monstruosité des données que nous stockons, et sur la quantité de vie qu’elles représentent, et sur la quantité de mémoire de vie qui disparaitra quand le disque…
Donc, garder les vieux CD dans un carton… On s’en sort pas !

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :