Babylone Crevel

Crevel écrit rococo, long poème qui s’emberlificote en volute, hésite à se faire roman. C’est beau et kitch comme un napperon délicatement posé sur une vieille TV, un peu poussiéreux, mais pas trop, moderne et s’éloignant déjà, loin. On peut avoir le goût des choses fanées. Comme moi peut-être, habitué aux écritures anciennes. On peut aussi contredire Ezra Pound avec assurance. Le temps des écrivains ne revient pas plus que le temps du premier venu. C’est vrai, plus personne ne lit Victor Hugo, ou presque, et c’est bien normal. Mais plus personne ne lit les abandons des surréalistes. Audace passée, il n’en reste qu’une carcasse finement ouvragée, tendue sur du vide, fragile et s’érodant au vent.

Reste des noms, parfois, des auras, des figures mythiques,  des anecdotes. Définitivement, on ne parle qu’à ses contemporains (par hasard à d’autres, par appropriation abusive).

J’en suis triste.

 

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