Bas

Dans la nuit, j’ai sorti Pessoa de sa planque, derrière un tas de livres… M’énervais qu’il soit pas accessible. J’ai mis à la place, très provisoirement, dans l’espace libre impossible à gaspiller, le premier tome de L’homme sans qualité. Très provisoirement. Mais le provisoire, dans une bibliothèque…
Pourquoi désirer Pessoa, ici et maintenant ? Pour espérer sauver ce blog qui ne s’installe jamais, que je ne prends même pas la peine d’entretenir, herbes folles dans les fossés, et dont je n’assure même pas la « promotion », pour y être seul ?

(seul dans le lieu le plus peuplé du monde)

Déjà fait, ça. Déjà larmoyé tout bas dans un coin du Web. Mais j’avais l’excuse des études, de la recherche, de l’expérimentation… Ici, maintenant, gratuit. Pourtant, ici silence aussi.Courant d’air dans les couloirs, porte qui claquent sordides, fantômes… Oui, fantôme, alors autant choisir son fantôme. Et autant choisir Pessoa, pour se souvenir de quelque chose.

Est-ce un appel à l’aide ? Attendre de l’aide d’un mort… Est-ce bien raisonnable ?

Parmi les choses qui passent ma vie à se briser, il y a aussi celle-ci, ce lien avec mes fantômes, que j’oublie comme le reste. Le reste. Le reste…
ça s’arrange pas…

Et la campagne, dehors ? Elle se bat. Laissons là basse.

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