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Golo en photo pour Cairo Comix

Bon, ce n’est pas tout à fait le premier événement facebook qu’une de mes photos illustre, mais ça fait plaisir de voir celle-ci servir pour annoncer la signature en avant-première du nouveau livre de Golo pendant le Festival de BD du Caire. Même si je trouvais cette photo de Golo pas très réussi… La voilà entière :

Golo chez lui - Photo Alain François

Je pense que pour la com dans sa période “barbe”, j’aurais préféré celle-ci :

Golo devant le Musée de la bande dessinée

En attendant, c’est maintenant https://www.cairocomix.com

Et la photo se retrouve aussi là :

Xavier Bouyssou - Photo Alain François

Portrait : Xavier Bouyssou

Hier soir, pour le pot de départ de Lisa Frühbeis, Seul Xavier Bouyssou était dans une lumière amusante. Un peu l’impression qu’il a joué dans un Beineix, mais je ne résiste pas à la capacité d’évocation de certaines atmosphères.

Xavier Bouyssou - Photo Alain François

Lampiste N° 2 comment j’ai été sauvé par des castors

La seconde livraison de “Lampiste” le minizine (A6) de Matthias Lehmann, est arrivé jusqu’à moi, tranquillement… Et ce 2e Lampiste est encore plus drôle que le précédent qui s’intitulait “Pourquoi Richard m’a tué“.

Toujours le même principe : un souvenir d’enfance de Matthias Lehmann complet, terrible et drolatique, en 16 pages ciselées.

Dans ce numéro, une seule invitée : Sophie Darcq qui signe la 4e de couverture :

Thomas Mathieu - Photo Alain François

Portrait : Thomas Mathieu

En général, je ne connais pas le travail des gens que je rencontre. Je découvre la personne, et ensuite je trouve (a minima) civil de me pencher sur ses productions artistiques ou livresques. Parfois, une exception, comme Thomas Mathieu que j’ai rencontré la semaine dernière. Thomas Mathieu, c’est l’homme du “Projet Crocodiles”, un tumblr dans lequel il publie depuis quelques années des témoignages de « harcèlement et de sexisme ordinaire » qu’il met en scène en bande dessinée. Et j’avais lu quand ses planches étaient devenues virales.

Déjà, la bande dessinée de reportages est relativement rare [Elric me signale au passage que depuis une quinzaine d’années, ce n’est plus vrai] mais il est encore plus rare que l’auteur s’efface derrière le témoignage. 

Je découvre à l’occasion de ce post que le Tumblr est maintenant dessiné par Juliette Boutant. Ce passage de flambeau pointant bien à la fois la modestie de la démarche (porter les témoignages sans sur-écriture excessive), et même son côté “d’utilité publique”, qui là, pour le médium, est plus que rare.

Car on est très loin, ici, de l’insignifiance de la presque totalité de la production livresque (et j’englobe ici littérature et BD) ou de la putasserie de la production pseudo-sociétale habituelle. Le dispositif qui a été beaucoup discuté est malin, simplifiant, effaçant l’anecdote pour se focaliser sur les situations, donnant aux témoignages singuliers une dimension universelle. Si universelle que la réception est souvent violente. Pour l’écriture de ce tout petit billet, je suis passé lire un article d’un grand journal, et par faiblesse, j’ai glissé vers les commentaires. Je suis peu armé contre l’insondable de la connerie humaine, mais c’est à la mesure des réactions qu’on peut estimer la pertinence du propos de ce “projet”. En effet, souvent, en lisant, “on” (moi, comme “les autres”), ressent un malaise. Mais ce malaise est salutaire, il rappelle qu’on ne doit jamais imaginer détenir la vérité morale d’une situation à l’aune de son unique perception.

Évidemment, ce dispositif très simple, s’il apporte de la lisibilité aux situations, a les défauts de ses qualités. J’ai rencontré des femmes crocodiles, par exemple, et il y a un horizon hygiéniste qui peut produire des législations perverses. Mais il ne faudrait pas confondre l’anecdote avec le système et les effets pervers de la manière grossière de gérer politiquement le problème avec le problème. L’oppression sur les femmes est massive. Et encore partout, la dissymétrie de destin est absolue (sujet esquissé ici, à propos de « La vie domestique » d’Isabelle Czajka).

Ce travail de compilation des témoignages, qui met au jour une montagne de non-dits, de souffrances tues, d’adaptation bricolée à des situations perverses, est absolument salutaire, comme à chaque fois qu’on perce un abcès. C’est rarement beau dedans, ça pue, mais ça soulage. 

[Bon, le titre du billet est foireux. Je voulais juste poster un portrait photo…]

Et tiens, je devrais ajouter “Les Crocodiles” (au Lombard 2014) à ma vieille liste hautement perfectible :

Le rapport au réel – Bibliographie BD 2

 

 

Marine Blandin 28 aout 2017 - Photo Alain François

Marine Blandin en noir-et-blanc

Il y a 4 ans, j’utilisais les filtres noir et blanc d’une appli de smartphone. Mais très vite, la chose m’a agacé. Depuis, avec les photos de smartphone ou du reflex, je préfère fabriquer mes noirs et blancs « à la main » (enfin… avec Photoshop, mais sans automatisme). Je règle ainsi très finement et souvent par zone la manière dont le noir et blanc numériques peut évoquer telle ou telle esthétique ancienne, comme ces deux portraits de Marine Blandin chez elle, avant-hier, espérant deux évocations sixties, l’une en nuance de gris glamour, et l’autre en contraste nouvelle vague

The day my comic got a compliment

Lisa Frühbeis nous a offert un mini-comics : “The day my comic got a compliment”. C’est un tout petit leporello artisanal, et j’aime particulièrement ces micros-publications et autres autopublications qui pullulent de par le monde et qui représentent, très discrètement, l’un des très grands phénomènes culturels contemporains (par la quantité et l’universalité). 

Lisa Frühbeis, “nerdy post feminist” selon elle-même, est une jeune artiste allemande récemment convertie à la narration graphique, qui a eu la chance d’être tout de suite publiée dans un journal. Chance largement méritée, car elle a le sens de l’humour, du trait, et de la chronique !

Lisa Frühbeis comics

http://lisa-fruehbeis.squarespace.com

Shōchan no Bōken dans ma bibliothèque

J’avais trouvé Shōchan no Bōken, ce mignon manga de 1923, sur quelques forums interlopes, je suppose. C’était il y a au moins une dizaine d’années. Grosse, la dizaine, et j’avais tout de suite montré ça à Yann, et quelques autres, très surpris par l’évocation hergéenne de ce manga antérieur mais contemporain de Tintin. Quand j’ai rencontré Elric, il s’est passionné pour ce petit personnage de si loin de la Belgique qui semblait annoncer Tintin, mais aussi Spirou. Elric en a tiré un article comparatif, ce qu’il fallait faire, et écrit un mémoire sur le sujet. Il vient de m’offrir l’édition patrimoniale de “Shōchan no Bōken”, éditée en 2003 par Shōgakukan creative et que nous connaissions déjà, car Yann l’avait commandé sur Amazon Japon.

Les livres japonais sont toujours épatants, mais celui-ci vient quand même contrarier le format d’origine des Shōchan, à l’italienne :

Et l’élégance des dessins de Katsuichi Kabashima aurait mérité des pages plus grandes… Malgré tout, quel bonheur d’avoir ce livre dans ma bibliothèque !

Pour le contenu, reportez-vous à l’article d’Elric ici : http://marsam.graphics/shochan-no-boken/

 

 

Portrait : Frank

J’ai enfin rencontré Frank (pseudo de “Frank Reichert”), scénariste de BD puissant, écrivain, traducteur de polar, qui a écrit de nombreux scénarios très noirs (et très drôles) pour Golo pendant une grosse décennie (à partir de 1978 et “ballades pour un voyou“). Mais aussi pour Baudoin, entre autre…

Pas de wikimachin, mais deux entrées sur bnf.fr :

Frank Reichert http://data.bnf.fr/12073592/frank_reichert

Frank http://data.bnf.fr/11903451/frank

Je l’ai vu chez Golo, la nuit du 18 au 19 août 2017, et j’aurais bien aimé le croiser avec une meilleure lumière, et pas seulement dans la pénombre d’une soirée ! Mais je reste un indécrottable antiflash… 

Prisonnier des Amazones

Hier, Mai Li Bernard m’a prêté “Prisonnier des Amazones”, un petit livre de Boris Hurtel, chez The Hoochie Coochi, parce qu’en le feuilletant chez elle je lance “mais c’est trop mignon ça ! Tiens, je devrais un jour faire quelque chose sur les influences des bois de Kirchner sur la BD contemporaine !”

Oui, bon, on verra… En attendant j’ai lu “Prisonnier des Amazones”, et sous une jaquette très laide (pourquoi ?) se cache un très joli petit livre rouge (c’est volontaire),  dont l’unique défaut est d’être imprimé sur de la carte (pourquoi ?) et donc d’être assez difficile à ouvrir.)

Et c’est bien dommage, oui, parce que c’est en effet mignon à souhait, lisible, fluide et drôle sans être idiot (parce que ça se fait souvent), alors ça vaut le coup de forcer un peu pour l’ouvrir…

Peut-être que je me suis arrêté sur le titre à cause de l’écho au vieux “Prisonnière de l’armée rouge” de Slocombe, mais j’ai bien fait. Lecture plaisante et auteur à suivre, donc, et je tenterais de croiser “contes névrotiques”, son livre suivant.


(j’allais oublier de noter le lien hypertexte avec B. Traven évoqué et inspirateur

Le 15 juillet, chez Golo

Cette semaine, je suis passé faire un ultime petit reportage photo sur la fin de réalisation du prochain livre de Golo, qui sort en octobre : le premier tome d’« Istrati ! ».

C’est le projet immense d’une synthèse BD en deux fois 200 pages environ des écrits autobiographiques de Panaït Istrati, écrivain roumain du début du XXe qui choisi d’écrire ses romans en français.

Comme B. Traven dont Golo a déjà réalisé une biographie en BD, Istrati est un éternel vagabond, qui fuit plus qu’il ne voyage. Et je sais aujourd’hui à quel point Golo aime ces exilés volontaires qui sont ses frères d’âme, lui qui eut aussi sa « fuite en Égypte ». 

Je reparlerais du livre à sa sortie, en octobre, puisque Golo m’a permis de faire partie des premiers lecteurs (privilège de voir des livres se fabriquer autour de moi). Mais en feuilletant le premier tirage papier, annoté des corrections,  je suis tombé en arrêt devant une sublime double page mettant en scène une rixe sous la pluie, et je n’ai pas résisté à la photographier et à la poster ici tout de suite, “pour patienter” :

 

Giorgia Marras - Photo Alain François

Portrait : Giorgia Marras en juillet

Giorgia Marras, dessinatrice italienne, dans son atelier de la maison des Auteurs, à Angoulême.

Le blog de Giorgia : http://giorgiamarras.com/

Portrait de Sophie Guerrive - Photo Alain François

Le coup de l’élastique

Tiens, à propos de Sophie Guerrive, elle me raconte qu’hier, sur le tournage d’un petit reportage d’Arte, le réalisateur lui a demandé de faire « la même chose avec l’élastique, comme sur la photo ». Cette photo :

http://littleasia169.tumblr.com/post/123033536790/sophie-guerrive-photographie-alain-françois

 

Et toujours à propos, j’ai donné aujourd’hui à l’usage commun cet autre portrait de Sophie pour Wikimédia :

Sophie Guerrive en résidence à la Cité Internationale de la bande dessinée et de l'image

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“Batailles”, toute l’Histoire selon Sophie Guerrive

Le nouveau livre de Sophie Guerrive est un leporello : une unique longue bande pliée en accordéon de manière à pouvoir la feuilleter par double page, ou la déplier (mais il faut avoir un peu de place), présentant un unique dessin de 6 mètres de long racontant l’histoire des hommes, de leur conception par des extraterrestres (comme chacun sait, et surtout les amateurs de nanars US) à leur disparition catastrophique (prévu exactement pour très bientôt).

Si ce long dessin est édité aujourd’hui en leporello par les éditions ION, c’est à l’origine un volumen, que Sophie Guerrive a dessiné directement sur le rouleau de papier, selon le principe narratif linéaire de la tapisserie de Bayeux, et pas du tout en pseudo-rotulus comme cet escroc de Kerouac…

En fouillant, j’ai retrouvé dans mon album tumblr trois photos du rouleau originel en chantier, l’une du 30 juin 2014, et les deux autres du 6 janvier 2015. Ceci marquant autant l’importance du temps de réalisation que la difficulté à éditer un tel objet aujourd’hui.

Même si Sophie Guerrive a sorti plusieurs livres entre temps, dont le “Capitaine Mulet” dans lequel on retrouve cette même propension au pastiche d’un esprit médiévale, ce dessin a nécessité, pour le moins, un certain entêtement maniaque…

Les bouts du rouleau en chantier, où l’on distingue les annotations sur la période des combattants (octobre 2015) :

 

Le rouleau sur le sol de la Maison des auteurs, Angoulême

C’est donc un seul et unique dessin narratif, qui va d’un étrange début de l’humanité à sa fin en ultime échappée, par accumulation de petites scènes violentes qui se regardent et se lisent de gauche à droite, évoquant des souvenirs mythifiés de notre chaotique histoire réelle, mélange de mythes anciens (Prométhé) et contemporains (les extraterrestres démiurges), remplies de détails cocasses, humoristiques et grotesques. Il y a d’ailleurs paradoxalement quelque chose de vivant et joyeux dans cette longue théorie de massacres et catastrophes.

Procédé emprunté aux primitifs et à l’Art de la fresque, la continuité du dessin est assurée par une unité de lieu en arrière-plan, quelle que soit la disparité temporelle ou géographique des scènes. Malgré sa grande fantaisie, l’ensemble dessine un autoportrait tragi-comique de notre espèce malheureusement plutôt réaliste.

Le leporello sur le site de l’éditeur : http://ionedition.net/livres/batailles/

Quelques aperçus :

Un très beau livre (sur “En Corée” de Yoon-Sun Park)

J’avais déjà parlé sur ce blog de En Corée de Yoon-Sun Park. Je ne vais donc pas reparler du contenu de cette réédition-compilation que les éditions Misma viennent de sortir. Au-delà du fait que c’est une excellente décision d’éditeur, que ce « contenu » de trois livres autoédités va être ainsi mieux distribué et simplement plus visible, je dois avouer que c’est aussi une très bonne surprise ! Pour une fois, l’écrin est à la mesure de l’œuvre.

Je pense que l’éditeur a voulu évoquer l’excellence de l’édition japonaise, qui sait faire de très beaux livres. En gros, une évocation “asiatique” assez large, inspirée peut-être des éditions françaises des livres de “Ma vie manga » d’Osamu Tezuka chez Kana (qui avait édité aussi « Dans le studio Ghibli » de Toshio Suzuki dans un esprit similaire). Ce serait donc du japonisme, pour l’inspiration, même si l’autrice est coréenne. Mais je ne connais pas assez les différences entre éditions japonaises, coréennes ou chinoises… le livre de Yoon-Sun édité par Misma est à mon goût beaucoup plus beau que ces mignons petits livres de chez Kana. Il est plus sérieux, un poil plus austère et son cartonnage sera moins cassant.

L’impression est tout aussi impeccable que la reluire, avec au centre, la réédition du supplément « encore en Corée » sur fond gris. Les livres de bande dessinée sont en général si laids (bon, surtout en franco-belge, où il y de quoi se crever les yeux) que ce très très beau livre dénote.

Un objet qu’on a autant envie de tenir en main que de ranger en bonne place dans sa bibliothèque. La classe !

Mon article sur l’édition antérieure :

En Coree en France de Yoon-Sun Park

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Cigish se cache

C’est une bonne surprise. Quelqu’un m’avait dit que c’était bien, quelqu’un m’avait dit que ça ne l’était pas. La balle au centre. Par contre, clairement, la couverture, qui m’évoquait des publications marginales du temps de mon adolescence, des choses que je n’aimais pas à l’époque, m’a légèrement refroidi. Allez, tu as écouté Florence Dupré La Tour, pendant la journée d’étude des petits masters, et tu avais été agréablement surpris, et comme d’habitude, inconscient, tu avais promis de lire ses livres. Alors ? Alors, va maintenant !

Et donc, j’ai lu «Cigish: Le Maître du Je», qui traîne chez les étudiants en Art, ici. Et j’ai été pris par le récit, instantanément, et je le répéterais, c’est à peu près tout ce que je demande maintenant. Oui, j’ai été pris.

Dans la première partie du livre, j’ai retrouvé ce que j’avais entendu en écoutant Florence Dupré La Tour, à quel point, malgré des origines sociales absolument opposées, nous avions des souvenirs communs d’une éducation catholique particulièrement folklorique. Elle m’a fait me souvenir de ces brainstormings entre enfants, pour se répartir les péchés imaginaires à dire pendant la confession. Comme les enfants veulent toujours « bien répondre », nous nous répartissions les péchés, comme on se répartit des rôles, pensant qu’il ne serait pas crédible d’avoir les mêmes à confesser. C’était, déjà, l’expérimentation de la manière perverse dont une question fabrique une réponse. Elle m’a fait me souvenir aussi comment, pendant la communion, j’avais regardé les grosses mains trop blanches de l’évêque, ces grosses mains couvertes de taches de vieillesse, molle de n’avoir jamais rien fait et si ostensiblement affectueuses avec les enfants alignés… et ses vêtements idiots, ses simagrées ridicules et si peu spirituelles, et comment ce jour-là j’étais sorti définitivement de la religion de mes parents. Non d’ailleurs à cause d’un comportement explicitement déviant, que devant l’arbitraire et le ridicule total, définitif, du cérémonial. j’avais eu honte, de moi, des autres, de tous, d’eux. J’en garde encore ce sentiment, qu’il y a dans ces rituels et ces croyances une indignité dont aucune conscience réellement mature ne se relève.

Et ensuite, le livre change. Évidemment, sa nature de compilation/anthologie d’un blog le rend un peu hétérogène, et explique peut-être l’évolution finale, mais de la première à la dernière page, le livre reste porté par sa qualité principale : Florence Dupré La Tour sait mener un récit, n’importe quel récit, n’importe quel discours, et t’emporter avec elle. Et j’ai rapidement commencé à ricaner, tout seul, comme un con, à en devenir agaçant pour mon environnement, et ça aussi, c’est très bon signe.

Après l’introduction très égotique, on rentre dans un récit à clef, qui joue avec le réel, qui se replie sur lui-même, qui s’emmêle, qui s’amuse du performatif des blogs dû à l’immédiateté de la réception, et qui joue en ça avec les codes des jeux de rôle, une culture que je n’ai pas croisée, ou si peu… Cette qualité-là, source d’humour, m’intéresse moins structurellement, sinon qu’elle m’évoque les « petits problèmes » que j’ai eus comme blogueur quotidien en 2006 et 2007, et surtout les très gros problèmes de Fabrice Neaud avec son Journal, ou ceux de Christine Angot pour la littérature… Il faudrait y revenir.

Mais peu importe ! La seule chose qui compte c’est que je me suis marré et qu’il y a des choses épatantes dans ce livre. Et surtout que s’y dévoilent une intelligence brillante, une générosité, une propension au don de soi, tordue et perverse à souhait, en accord parfait avec la perversion de cette éducation qu’on appelle si improprement « bonne ».

Bibliographie de Florence Dupré La Tour

(Il y aurait beaucoup à dire sur ce livre, entre la religion, les jeux de rôle, les troubles de l’identité, l’autofiction, la gémellité, mais comme le livre date de 2015, je suis sûr que tout ça a déjà été abordé ailleurs).