Dessin

une Histoire engloutie par François Henninger

Je ne sais pas pourquoi (un truc enfantin), mais j’aime particulièrement les macro-micropublications. Encore une, d’un dessinateur que j’aime beaucoup : François Henninger. J’avais aimé ses dessins, comme j’avais aimé son livre avec Thomas Gosselin. Je le retrouve là avec un cahier sérigraphié par T.Toth en grand : 35X50. ça se glisse pas n’importe où.

Sur les traces d’Henri Michaux fasciné par la graphie pure, François Henninger propose un geste gratuit, une bande dessinée factice, au dessin factice, au texte factice, pure apparence jusqu’au paratexte, un objet livre entièrement voué à l’esthétique de l’illisible, du presque-signe, pseudo-manuscrit apocryphe d’une histoire engloutie.  

Invisible Alice Martin de Voos

Ce matin, il me vient l’idée saugrenue de trouver des traces visuelles d’Alice Martin de Voos (née Marie Françoise Genet), cette dessinatrice de la fin du XIXe siècle qui a la particularité d’être la tante de Jean Genet. Outre la confusion possible avec Martin de Voos (ou Maarten de Vos), peintre flamand de la fin du XVIe qui lui apparaît facilement, pour cette artiste qui a participé au salon de 1888, les moteurs de recherche ne donnent rien. La fiche Wikipédia existe, maigre et non illustrée.

Il est parfaitement possible que la carrière artistique d’Alice Martin de Voos soit dérisoire et que ses images ne soient pas particulièrement remarquables, mais il y a tant de médiocres répertoriés sur le web que c’est toujours étrange de « ne rien voir »…

Mais je suis têtu, et donc, je la trouve page 18 du N° 1879 d’avril 1893 du Monde Illustré. La version gravée d’un de ses dessins d’illustration de presse, conforme à ce qui se faisait à l’époque.

Et toujours sur Gallica, une gravure encore, avec le dessin atribué » à « De Voos » sans certitude…

C’est bien maigre, et pas facile d’en penser quoi que ce soit, mais pour un début, c’est déjà mieux que le vide premier des résultats des moteurs de recherche…

Et ça ne pèse rien face à la déferlante réjouissante des images de son pornocrate de mari, Martin Van Maele !

 

Portrait : Marc Bell

Je ne suis toujours pas passé voir Marc Bell (le cartoonist) dans son atelier. Mais je le croise parfois le soir. Un cartoonist à l’esthétique « indé US classique », mais avec des réminiscences 40′ et une fantaisie très particulière, d’une grande liberté formelle et d’un onirisme printanier. 

 

ARISTIDE N°2

Aristide est un graphzine helvète qui a de la tenue. Imprimé en bichromie (bleu et rouge pour le Nº 1, et… gris bleuté sombre et kaki pour ce Nº 2… Chaque Nº est thématique. Le premier était sur « la distance », ce second, les artistes devaient illustrer « la peur », ce qui donne des résultats surprenants, puisque la peur est hautement subjective. 

D’un format haut, assez élégant de 16X24 cm, la revue présente 4 pages de texte avant 34 pages de dessins contemporains.

Céline Guichard participe à ce numéro

http://aristide.tictail.com/product/fanzine-aristide-n2

Portrait noir et blanc de Lucas Méthé - Photo Alain François

« 2 suiveurs », le nouveau livre de Lucas Méthé

suiveurs

Je viens de terminer un livre que vous allez avoir un peu de mal à trouver, peut-être, car édité par une toute petite structure. Et c’est bien dommage, car c’est un livre charmant. Alors, pourquoi ne pas le commander ? C’est le dernier livre d’un auteur superbe : « 2 suiveurs » de Lucas Méthé, chez Na éditions.

C’est à la fois une tentative philosophique et poétique, à la fois désuet et actuel, à la fois quête fébrile et hymne à la lumière, tout ça à la fois, à l’image du si beau dessin à la plume de Lucas Méthé

Quelques aperçus du livre :

« Ha ! Ha ! » de Céline Guichard (Jet Lag N°46)

Ce Jet Lag N°46 des éditions Lendroit est une monographie de Céline Guichard. Elle y présente une collection de masques au crayon bois, technique pauvre qui lui permet de décliner tranquillement son sens du baroque et du grotesque. Le choix du papier proche du papier à dessin et l’impression rendent relativement bien les gris du trait. On y retrouve cette manière si étrange qu’elle a de traiter indifféremment des éléments biologiques ou minéraux comme accessoire décoratif… Et puis je ne suis plus très sûr que ce soit des masques, mais peut-être des êtres étranges, tout en tête ? Mais non, comme le laisse entendre le titre : « Ha ! Ha ! », ce sont bien des masques pour un étrange carnaval, et tout ça n’est pas sérieux, puisque l’autre évidence est la référence aux « dessins de téléphone », de ces formes automatiques qu’on dessine en faisant autre chose. 

Mais voilà, c’est toujours aussi fort et surprenant, cet art de faire naître l’étrangeté de la pratique la plus simple.

http://www.lendroit.org/catalogue/fiches/958-Jet-Lag-46-Ha-Ha

Avorton #5

Les grands font des avortons, pas toujours négligeables, pas toujours difformes, et même parfois remarquable comme celui-là. Avorton 5 est un cahier rouge 28X20 sérigraphié, qui pète donc, avec une surcouverture fluo à rabat. C’est psyché, clairement seventies dehors et dedans ça compile des gens vivants assez contrastés.

Avorton, méconium éditions