Gravure

Invisible Alice Martin de Voos

Ce matin, il me vient l’idée saugrenue de trouver des traces visuelles d’Alice Martin de Voos (née Marie Françoise Genet), cette dessinatrice de la fin du XIXe siècle qui a la particularité d’être la tante de Jean Genet. Outre la confusion possible avec Martin de Voos (ou Maarten de Vos), peintre flamand de la fin du XVIe qui lui apparaît facilement, pour cette artiste qui a participé au salon de 1888, les moteurs de recherche ne donnent rien. La fiche Wikipédia existe, maigre et non illustrée.

Il est parfaitement possible que la carrière artistique d’Alice Martin de Voos soit dérisoire et que ses images ne soient pas particulièrement remarquables, mais il y a tant de médiocres répertoriés sur le web que c’est toujours étrange de « ne rien voir »…

Mais je suis têtu, et donc, je la trouve page 18 du N° 1879 d’avril 1893 du Monde Illustré. La version gravée d’un de ses dessins d’illustration de presse, conforme à ce qui se faisait à l’époque.

Et toujours sur Gallica, une gravure encore, avec le dessin atribué » à « De Voos » sans certitude…

C’est bien maigre, et pas facile d’en penser quoi que ce soit, mais pour un début, c’est déjà mieux que le vide premier des résultats des moteurs de recherche…

Et ça ne pèse rien face à la déferlante réjouissante des images de son pornocrate de mari, Martin Van Maele !

 

Pavillons de Mai Li Bernard

Décidément, j’aime beaucoup les livres de gravures des éditions Tetra ! (Voir : Garde-Robe). Celui-ci est carré, il fait exactement 15X15 cm, et présente à chaque page une gravure sur tetrapack de Mai Li Bernard représentant un pavillon, petite maison ou chalet, de banlieue où de montagne, de ville ou de campagne, tous légèrement de guingois, et possédant ce charme indéfinissable des dessins de maison, cette fascination très partagée pour ce type de motif, qui doit nous venir du fond de nos âges respectifs, du côté des premiers dessins peuplés de « bonhommes », de soleil et de maisons… Évidemment, pour Mai Li Bernard, l’architecture est une obsession personnelle, mais elle touche là, avec cette collection de pavillons gravés, à quelque chose de (presque) universel. 

http://cargocollective.com/tetraeditions/Pavillons-Mai-Li-Bernard

Garde-Robe, de Céline Guichard

Tetra éditions se spécialise dans la publication de livres d’images réalisés en gravure sur Tetrapack, technique subtile et paradoxale, puisque le procédé de la gravure, inventé pour réaliser des multiples, ne peut, dans cette matière mole du plastique des bricks, que produire un ou deux, voire trois exemplaires de l’image. C’est une forme ironique de négation de la finalité de l’invention de l’impression ne gardant que l’esthétique postmoderne si particulière de la gravure. 

Et donc, « Garde-Robe », un livre d’images gravées de Céline Guichard, collection de, comme le dit l’éditeur :  « Vêtements baroques, fantasmés, des costumes extravagants, géométriques, des tenues de camouflage, des combinaisons d’os, un poncho de bras, une robe maison… »

Quand on connaît le travail de Céline Guichard, ce livre est étrange. En général, elle se concentre sur un personnage, un personnage à accessoires artificiels ou biologiques, mais un personnage. Ici, ne reste du personnage que ses vêtements, comme une intrigante chrysalide d’un être hybride comme elle sait en inventer, mais qu’on aura bien du mal à identifier. Ce petit livre poétique et beau est la garde-robe d’une théorie de monstres coquets, aux tenues travaillées et élégantes, qui résonnent aussi modestement que malicieusement avec l’Histoire de l’Art.

(Au passage, elle arrive quand même à sexuer ces petits vêtements. Et ce n’est pas anodin)

http://cargocollective.com/tetraeditions/Garde-Robe-Celine-Guichard