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Prisonnier des Amazones

Hier, Mai Li Bernard m’a prêté “Prisonnier des Amazones”, un petit livre de Boris Hurtel, chez The Hoochie Coochi, parce qu’en le feuilletant chez elle je lance “mais c’est trop mignon ça ! Tiens, je devrais un jour faire quelque chose sur les influences des bois de Kirchner sur la BD contemporaine !”

Oui, bon, on verra… En attendant j’ai lu “Prisonnier des Amazones”, et sous une jaquette très laide (pourquoi ?) se cache un très joli petit livre rouge (c’est volontaire),  dont l’unique défaut est d’être imprimé sur de la carte (pourquoi ?) et donc d’être assez difficile à ouvrir.)

Et c’est bien dommage, oui, parce que c’est en effet mignon à souhait, lisible, fluide et drôle sans être idiot (parce que ça se fait souvent), alors ça vaut le coup de forcer un peu pour l’ouvrir…

Peut-être que je me suis arrêté sur le titre à cause de l’écho au vieux “Prisonnière de l’armée rouge” de Slocombe, mais j’ai bien fait. Lecture plaisante et auteur à suivre, donc, et je tenterais de croiser “contes névrotiques”, son livre suivant.


(j’allais oublier de noter le lien hypertexte avec B. Traven évoqué et inspirateur

Le 15 juillet, chez Golo

Cette semaine, je suis passé faire un ultime petit reportage photo sur la fin de réalisation du prochain livre de Golo, qui sort en octobre : le premier tome d’« Istrati ! ».

C’est le projet immense d’une synthèse BD en deux fois 200 pages environ des écrits autobiographiques de Panaït Istrati, écrivain roumain du début du XXe qui choisi d’écrire ses romans en français.

Comme B. Traven dont Golo a déjà réalisé une biographie en BD, Istrati est un éternel vagabond, qui fuit plus qu’il ne voyage. Et je sais aujourd’hui à quel point Golo aime ces exilés volontaires qui sont ses frères d’âme, lui qui eut aussi sa « fuite en Égypte ». 

Je reparlerais du livre à sa sortie, en octobre, puisque Golo m’a permis de faire partie des premiers lecteurs (privilège de voir des livres se fabriquer autour de moi). Mais en feuilletant le premier tirage papier, annoté des corrections,  je suis tombé en arrêt devant une sublime double page mettant en scène une rixe sous la pluie, et je n’ai pas résisté à la photographier et à la poster ici tout de suite, “pour patienter” :

 

Portrait de Sophie Guerrive - Photo Alain François

Le coup de l’élastique

Tiens, à propos de Sophie Guerrive, elle me raconte qu’hier, sur le tournage d’un petit reportage d’Arte, le réalisateur lui a demandé de faire « la même chose avec l’élastique, comme sur la photo ». Cette photo :

http://littleasia169.tumblr.com/post/123033536790/sophie-guerrive-photographie-alain-françois

 

Et toujours à propos, j’ai donné aujourd’hui à l’usage commun cet autre portrait de Sophie pour Wikimédia :

Sophie Guerrive en résidence à la Cité Internationale de la bande dessinée et de l'image

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“Batailles”, toute l’Histoire selon Sophie Guerrive

Le nouveau livre de Sophie Guerrive est un leporello : une unique longue bande pliée en accordéon de manière à pouvoir la feuilleter par double page, ou la déplier (mais il faut avoir un peu de place), présentant un unique dessin de 6 mètres de long racontant l’histoire des hommes, de leur conception par des extraterrestres (comme chacun sait, et surtout les amateurs de nanars US) à leur disparition catastrophique (prévu exactement pour très bientôt).

Si ce long dessin est édité aujourd’hui en leporello par les éditions ION, c’est à l’origine un volumen, que Sophie Guerrive a dessiné directement sur le rouleau de papier, selon le principe narratif linéaire de la tapisserie de Bayeux, et pas du tout en pseudo-rotulus comme cet escroc de Kerouac…

En fouillant, j’ai retrouvé dans mon album tumblr trois photos du rouleau originel en chantier, l’une du 30 juin 2014, et les deux autres du 6 janvier 2015. Ceci marquant autant l’importance du temps de réalisation que la difficulté à éditer un tel objet aujourd’hui.

Même si Sophie Guerrive a sorti plusieurs livres entre temps, dont le “Capitaine Mulet” dans lequel on retrouve cette même propension au pastiche d’un esprit médiévale, ce dessin a nécessité, pour le moins, un certain entêtement maniaque…

Les bouts du rouleau en chantier, où l’on distingue les annotations sur la période des combattants (octobre 2015) :

 

Le rouleau sur le sol de la Maison des auteurs, Angoulême

C’est donc un seul et unique dessin narratif, qui va d’un étrange début de l’humanité à sa fin en ultime échappée, par accumulation de petites scènes violentes qui se regardent et se lisent de gauche à droite, évoquant des souvenirs mythifiés de notre chaotique histoire réelle, mélange de mythes anciens (Prométhé) et contemporains (les extraterrestres démiurges), remplies de détails cocasses, humoristiques et grotesques. Il y a d’ailleurs paradoxalement quelque chose de vivant et joyeux dans cette longue théorie de massacres et catastrophes.

Procédé emprunté aux primitifs et à l’Art de la fresque, la continuité du dessin est assurée par une unité de lieu en arrière-plan, quelle que soit la disparité temporelle ou géographique des scènes. Malgré sa grande fantaisie, l’ensemble dessine un autoportrait tragi-comique de notre espèce malheureusement plutôt réaliste.

Le leporello sur le site de l’éditeur : http://ionedition.net/livres/batailles/

Quelques aperçus :

Un très beau livre (sur “En Corée” de Yoon-Sun Park)

J’avais déjà parlé sur ce blog de En Corée de Yoon-Sun Park. Je ne vais donc pas reparler du contenu de cette réédition-compilation que les éditions Misma viennent de sortir. Au-delà du fait que c’est une excellente décision d’éditeur, que ce « contenu » de trois livres autoédités va être ainsi mieux distribué et simplement plus visible, je dois avouer que c’est aussi une très bonne surprise ! Pour une fois, l’écrin est à la mesure de l’œuvre.

Je pense que l’éditeur a voulu évoquer l’excellence de l’édition japonaise, qui sait faire de très beaux livres. En gros, une évocation “asiatique” assez large, inspirée peut-être des éditions françaises des livres de “Ma vie manga » d’Osamu Tezuka chez Kana (qui avait édité aussi « Dans le studio Ghibli » de Toshio Suzuki dans un esprit similaire). Ce serait donc du japonisme, pour l’inspiration, même si l’autrice est coréenne. Mais je ne connais pas assez les différences entre éditions japonaises, coréennes ou chinoises… le livre de Yoon-Sun édité par Misma est à mon goût beaucoup plus beau que ces mignons petits livres de chez Kana. Il est plus sérieux, un poil plus austère et son cartonnage sera moins cassant.

L’impression est tout aussi impeccable que la reluire, avec au centre, la réédition du supplément « encore en Corée » sur fond gris. Les livres de bande dessinée sont en général si laids (bon, surtout en franco-belge, où il y de quoi se crever les yeux) que ce très très beau livre dénote.

Un objet qu’on a autant envie de tenir en main que de ranger en bonne place dans sa bibliothèque. La classe !

Mon article sur l’édition antérieure :

En Coree en France de Yoon-Sun Park

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Cigish se cache

C’est une bonne surprise. Quelqu’un m’avait dit que c’était bien, quelqu’un m’avait dit que ça ne l’était pas. La balle au centre. Par contre, clairement, la couverture, qui m’évoquait des publications marginales du temps de mon adolescence, des choses que je n’aimais pas à l’époque, m’a légèrement refroidi. Allez, tu as écouté Florence Dupré La Tour, pendant la journée d’étude des petits masters, et tu avais été agréablement surpris, et comme d’habitude, inconscient, tu avais promis de lire ses livres. Alors ? Alors, va maintenant !

Et donc, j’ai lu «Cigish: Le Maître du Je», qui traîne chez les étudiants en Art, ici. Et j’ai été pris par le récit, instantanément, et je le répéterais, c’est à peu près tout ce que je demande maintenant. Oui, j’ai été pris.

Dans la première partie du livre, j’ai retrouvé ce que j’avais entendu en écoutant Florence Dupré La Tour, à quel point, malgré des origines sociales absolument opposées, nous avions des souvenirs communs d’une éducation catholique particulièrement folklorique. Elle m’a fait me souvenir de ces brainstormings entre enfants, pour se répartir les péchés imaginaires à dire pendant la confession. Comme les enfants veulent toujours « bien répondre », nous nous répartissions les péchés, comme on se répartit des rôles, pensant qu’il ne serait pas crédible d’avoir les mêmes à confesser. C’était, déjà, l’expérimentation de la manière perverse dont une question fabrique une réponse. Elle m’a fait me souvenir aussi comment, pendant la communion, j’avais regardé les grosses mains trop blanches de l’évêque, ces grosses mains couvertes de taches de vieillesse, molle de n’avoir jamais rien fait et si ostensiblement affectueuses avec les enfants alignés… et ses vêtements idiots, ses simagrées ridicules et si peu spirituelles, et comment ce jour-là j’étais sorti définitivement de la religion de mes parents. Non d’ailleurs à cause d’un comportement explicitement déviant, que devant l’arbitraire et le ridicule total, définitif, du cérémonial. j’avais eu honte, de moi, des autres, de tous, d’eux. J’en garde encore ce sentiment, qu’il y a dans ces rituels et ces croyances une indignité dont aucune conscience réellement mature ne se relève.

Et ensuite, le livre change. Évidemment, sa nature de compilation/anthologie d’un blog le rend un peu hétérogène, et explique peut-être l’évolution finale, mais de la première à la dernière page, le livre reste porté par sa qualité principale : Florence Dupré La Tour sait mener un récit, n’importe quel récit, n’importe quel discours, et t’emporter avec elle. Et j’ai rapidement commencé à ricaner, tout seul, comme un con, à en devenir agaçant pour mon environnement, et ça aussi, c’est très bon signe.

Après l’introduction très égotique, on rentre dans un récit à clef, qui joue avec le réel, qui se replie sur lui-même, qui s’emmêle, qui s’amuse du performatif des blogs dû à l’immédiateté de la réception, et qui joue en ça avec les codes des jeux de rôle, une culture que je n’ai pas croisée, ou si peu… Cette qualité-là, source d’humour, m’intéresse moins structurellement, sinon qu’elle m’évoque les « petits problèmes » que j’ai eus comme blogueur quotidien en 2006 et 2007, et surtout les très gros problèmes de Fabrice Neaud avec son Journal, ou ceux de Christine Angot pour la littérature… Il faudrait y revenir.

Mais peu importe ! La seule chose qui compte c’est que je me suis marré et qu’il y a des choses épatantes dans ce livre. Et surtout que s’y dévoilent une intelligence brillante, une générosité, une propension au don de soi, tordue et perverse à souhait, en accord parfait avec la perversion de cette éducation qu’on appelle si improprement « bonne ».

Bibliographie de Florence Dupré La Tour

(Il y aurait beaucoup à dire sur ce livre, entre la religion, les jeux de rôle, les troubles de l’identité, l’autofiction, la gémellité, mais comme le livre date de 2015, je suis sûr que tout ça a déjà été abordé ailleurs).

Tulipe 2 teaser

Sophie Guerrive habite maintenant loin de chez moi, quelque part au bout de la diagonale du pays. Pourtant, hier, elle m’a envoyé le projet de tome 2 de Tulipe, pour me demander ce que j’en pensais.

Le tome 1, de Tulipe, est sorti aux éditions 2024 : http://www.editions2024.com/tulipe/

Elle doit avoir, comme beaucoup, sa liste de bêtatesteur. Elle a pourtant une confiance relative dans l’objectivité de ma lecture. Et je n’ai pas du tout envie de l’être, objectif, et parfaitement envie de m’abandonner à ma subjectivité, comme tout lecteur ! C’est même la seule chose qui compte, maintenant pour moi : je prends du plaisir, ou pas.

Avant ? Avant, des critères autres devaient compter, peut-être, des critères de mode, des critères sociaux, des critères intellos, des critères à la con. On est lecteur, on a du plaisir, ou pas.

Alors ? Alors, ne comptez pas sur moi pour vous montrer quoi que ce soit.

Alors ? Alors… C’est épatant, je reviens sur mon sentiment, comme je fais toujours, pour tenter d’exprimer. Mais la chose qui m’est venue, c’est hooooooooooooo !

Pas particulièrement explicite, ou trop, et champ sémantique bien large, bien flou, mais oui.

L’épatant, c’est que j’avais déjà lu les planches, dans leur pré-publication sur les réseaux. Mais là, leur compilation fabrique déjà un feuilletage, et le sens change, et en particulier, le rythme. Et un sens nouveau est créé par ce rythme, par la scansion, et les merveilleux coups de merveilleux des merveilleuses grandes planches…

Le tumblr de Tulipe : http://tulipecomix.tumblr.com

Je m’arrête un moment, et me traverse la tête, comment c’est si étrange, que sans bouger, juste là, dans mon quartier, j’ai rencontré des gens aussi incroyables. Des gens capables autant de beauté que d’esprit.

Ils partent, oui, mais déjà, juste les croiser… C’est si étrange !

Lola Lorente à l’interphone

Cette photographie de Lola Lorente, dessinatrice espagnole, répondant à l’interphone de l’appartement de Golo, illustre parfaitement ce que je fais : voler un pseudo temps suspendu (qui n’a jamais eu lieu) dans un mouvement inconscient.

Le dessin en haut, est extrait de la version espagnole “Sangre de mi sangre“, 2012, de son livre préalablement édité en français par Cambourakis : “Chair de ma chair

Diabolique Roman Muradov

Hier j’ai accompagné Kathrine Avraam qui voulait rencontrer Roman Muradov, un jeune auteur qu’elle avait cité dans un mémoire de M1 sur l’abstraction narrative, l’année passée.

Comme je ne suis pas l’actualité BD, je ne savais rien de ce jeune illustrateur russe qui a déjà une solide notoriété. J’ai fait quelques photos et il m’a offert son fanzine. Un exemplaire de “Yellow Zine N°6” :

Qu’un type édité et largement distribué s’astreigne encore à l’autoédition est plutôt le signe d’une bonne mentalité. Je ne le connaissais pas et donc je n’ai toujours pas lu son livre « Aujourd’hui Demain Hier » qui a eu très bonne presse, mais j’ai jeté un oeil sur les travaux en cours, et il est évident que Roman est d’une habileté diabolique, habileté qu’il nourrit d’une très solide culture visuelle et un sens aigu du décoratif. Il joue avec une dextérité presque insolente avec les codes esthétiques des avant-gardes, de la culture populaire russe et du graphisme de presse des années 50 et 60. Il semble avoir tous les talents : sens de la composition, du détail, subtilités chromatiques, maîtrise des accidents… Incroyable ! Et on dit qu’il a, en plus, des qualités d’écriture ! Hum… On peut donc vendre son âme au diable ?

Son tumblr : http://bluebed.tumblr.com

 

Un livre avoisinant la terre

Lu « Ville Avoisinant La Terre”, le livre de Jorj Abou Mhaya, auteur et illustrateur libanais que j’ai souvent pris en photo. J’avais eu le loisir de voir les dessins se faire, et j’étais très intrigué par mon feuilletage de l’édition originale… Mais j’étais bien obligé d’attendre que l’objet soit enfin traduit en français !

Version arabe :

Le livre existe maintenant en français chez Denoël Graphic. Je sors de sa lecture tout aussi intrigué. Comme il se présente à nous, cet album minutieux est une nouvelle de politique-fiction borgesienne, un poil fantastique, un poil psycho-SF, qui m’évoque sans précision pas mal de mes lectures d’adolescents. Mais, et ceci même si j’ai grandi avec chaque jour le monstrueux feuilleton de la destruction de Beyrouth à la télévision, il m’en reste une impression d’étrangeté et de distance. Je ne sais pas si l’impression vient du réalisme distordu des lavis à la précision de miniature, ou par les étranges avanies d’un personnage qui sort, on le comprend vite, littéralement déphasé de l’interminable guerre civile ? La traduction du titre, « Ville avoisinant La Terre », critiqué par certains, exprime pourtant bien cette insaisissable sensation de déphasage d’avec le réel. Au long de la lecture, je suis resté partagé entre proximité et éloignement, sans trouver le confort de la bonne distance, et sans me débarrasser, tenace, de cette impression qu’une part non négligeable des enjeux du récit m’échappait.

Pour ne pas rester dehors, et comprendre, peut-être, je tente d’évoquer Hans Magnus Enzensberberg qui, dans “Zickzack” (“feuilletage”, l’Infinie Gallimard), compile les témoignages écrits sur la population européenne à la sortie de la 2e guerre mondiale : « Leur vie n’a que l’apparence de la vie, c’est une attente qui n’attend rien, ils ne tiennent plus à elle ; c’est la vie qui s’accroche à eux, fantomatique, comme une bête invisible, affamée et rôdant dans les rues bombardées, de jour et de nuit, sous le soleil et la pluie », ou « comme tout est devenu soudain vide, morbide et absurde, à présent que la guerre est finie ! […] Nous sommes ramenés à notre piètre existence et à ce qu’elle a d’humiliant », ou « Ils se réfugient derrière leur amnésie collective. La réalité n’est pas seulement ignorée, elle est déniée. Avec un mélange de léthargie, de défi et d’apitoiement sur soi-même, les gens régressent à l’état de mineurs irresponsables », etc. Le propos d’Hans Magnus Enzensberberg est de montrer comment cette période, celle de la « reconstruction » a été occultée dans la mémoire collective, et comment nous méjugeons aujourd’hui toute population qui vivrait ce que nous avons vécu.

Peut-être que Jorj Abou Mhaya parle, comme Hans Magnus Enzensberberg, de cette chose dont personne ne parle, de ce moment étrange de l’après d’une guerre, moment d’une honte collective, d’un trauma général, de quand les âmes ont été laminées et le corps des hommes et des villes distordus au point qu’on ne reconnaît rien, qu’on est plus chez soi dans le réel ?

Peu importe, je ne fuis pas le trouble et ne cherche pas systématiquement à « tout comprendre », et même, peut-être est-ce ici un avantage de se retrouver lecteur dans cette confusion-là, comme si le trouble du personnage perdant le fils de sa vie en perdant son immeuble était contagieux.

Narcisse et Céphalée

Les dessins de Marine Blandin sont beaux. Beaux et jubilatoires. Je crois que si je les aime tant, c’est aussi parce qu’à travers l’archéologie des références purement BD, j’y trouve aussi des évocations du dessin des expressionnistes allemands. Une dislocation chantante à la George Grosz, ou quelque chose comme ça. Enfin, c’est beau. Et c’est encore très ouvert, très libre, très frais et plein de frémissantes potentialités.

Son tumblr s’appelle « Céphalée » et elle y a posté dernièrement des dessins réalisés pendant sa résidence à la maison de la littérature de Québec, et en remontant le temps, j’y découvre un véritable reportage sur… moi ! Oui sur moi ! Trop fier, je ne vais pas me priver de le poser là (même s’il n’y a pas que moi…) :

 

 

Imitation

J’avais posé la question, plus loin dans ce blog : l’imitation de la beauté produit-elle de la beauté ? Je viens de lire deux livres de Tony Millionaire, encore un post-moderne assumé. Et cette impression d’encéphalogramme plat, et la chose qui me vient : l’imitation de la poésie produit-elle de la poésie ?

Je crois qu’il n’y a pas de règle, seulement des réussites ou des échecs. Impression d’échec chez Tony Millionaire. Son imitation de la poésie produit une bien plate imitation de la poésie.

Tulipe en papier

Voilà, je n’ai pas besoin d’écrire d’article détaillé sur la sortie très attendue de Tulipe de Sophie Guerrive ! Ce livre dont j’évoquais la publication lointaine ici est enfin  ! Il existe, tangible et feuilletable et il ne vous reste plus qu’à l’acheter. Et ça valait le temps d’attendre,  car c’est un livre juste parfait. Puisque les grands journaux culturels l’ont remarqué et relativement bien compris, il n’a pas besoin de mon blog confidentiel pour se faire connaître. Mais bon, vous pourriez quand même passer à côté, alors que, voyez-vous, si le XVIIIe siècle a eu Candide, nous, au XXIe, on a Tulipe :

http://www.editions2024.com/tulipe/

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