bd

Portait : Sole Otero

In extremis, je suis passé voir Sole Otero, jeune designeuse et dessinatrice argentine qui termine sa résidence, et scannérise les planches de son histoire d’amour entre un[e] extraterrestre et un humain… (Quelque chose comme ça, je crois… J’espère lire quand elle sera terminée !)

 

Istrati ! genèse d’un livre

Le nouveau livre de Golo, « Istrati ! » (Actes Sud BD), est en librairie. C’est un gros pavé bleu gitane, roman picaresque comme on en fait plus, gorgé de péripéties, grouillant de vie et d’esprit, qui renoue avec une longue tradition du récit de voyage et revivifie le souvenir de Panaït Istrati, éternel vagabond comme les aime tant Golo. Et ces 276 pages d’aventures ne sont que le premier tome de cet immense roman des romans d’Istrati sur lequel Golo travaille depuis 2014. j’ai assisté à la gestation de la chose, à la masse difficile à saisir de labeurs, composés de lectures intégrales, de recherches historiques, iconographiques (et un livre comme ça est bien l’équivalent d’une thèse), d’écritures et de dessins en quantité qui dépasse de beaucoup le résultat final.  Tout ça pour le plaisir du lecteur. Et le plaisir est là, j’ai déjà goûté ! 

Pour avoir assisté à cet immense voyage immobile, je ne peux qu’en témoigner à l’aide de quelques photographies : Read More →

Golo en photo pour Cairo Comix

Bon, ce n’est pas tout à fait le premier événement facebook qu’une de mes photos illustre, mais ça fait plaisir de voir celle-ci servir pour annoncer la signature en avant-première du nouveau livre de Golo pendant le Festival de BD du Caire. Même si je trouvais cette photo de Golo pas très réussi… La voilà entière :

Golo chez lui - Photo Alain François

Je pense que pour la com dans sa période « barbe », j’aurais préféré celle-ci :

Golo devant le Musée de la bande dessinée

En attendant, c’est maintenant https://www.cairocomix.com

Et la photo se retrouve aussi là :

Xavier Bouyssou - Photo Alain François

Portrait : Xavier Bouyssou

Hier soir, pour le pot de départ de Lisa Frühbeis, Seul Xavier Bouyssou était dans une lumière amusante. Un peu l’impression qu’il a joué dans un Beineix, mais je ne résiste pas à la capacité d’évocation de certaines atmosphères.

Xavier Bouyssou - Photo Alain François

Lampiste N° 2 comment j’ai été sauvé par des castors

La seconde livraison de « Lampiste » le minizine (A6) de Matthias Lehmann, est arrivé jusqu’à moi, tranquillement… Et ce 2e Lampiste est encore plus drôle que le précédent qui s’intitulait « Pourquoi Richard m’a tué« .

Toujours le même principe : un souvenir d’enfance de Matthias Lehmann complet, terrible et drolatique, en 16 pages ciselées.

Dans ce numéro, une seule invitée : Sophie Darcq qui signe la 4e de couverture :

Thomas Mathieu - Photo Alain François

Portrait : Thomas Mathieu

En général, je ne connais pas le travail des gens que je rencontre. Je découvre la personne, et ensuite je trouve (a minima) civil de me pencher sur ses productions artistiques ou livresques. Parfois, une exception, comme Thomas Mathieu que j’ai rencontré la semaine dernière. Thomas Mathieu, c’est l’homme du « Projet Crocodiles », un tumblr dans lequel il publie depuis quelques années des témoignages de « harcèlement et de sexisme ordinaire » qu’il met en scène en bande dessinée. Et j’avais lu quand ses planches étaient devenues virales.

Déjà, la bande dessinée de reportages est relativement rare [Elric me signale au passage que depuis une quinzaine d’années, ce n’est plus vrai] mais il est encore plus rare que l’auteur s’efface derrière le témoignage. 

Je découvre à l’occasion de ce post que le Tumblr est maintenant dessiné par Juliette Boutant. Ce passage de flambeau pointant bien à la fois la modestie de la démarche (porter les témoignages sans sur-écriture excessive), et même son côté « d’utilité publique », qui là, pour le médium, est plus que rare.

Car on est très loin, ici, de l’insignifiance de la presque totalité de la production livresque (et j’englobe ici littérature et BD) ou de la putasserie de la production pseudo-sociétale habituelle. Le dispositif qui a été beaucoup discuté est malin, simplifiant, effaçant l’anecdote pour se focaliser sur les situations, donnant aux témoignages singuliers une dimension universelle. Si universelle que la réception est souvent violente. Pour l’écriture de ce tout petit billet, je suis passé lire un article d’un grand journal, et par faiblesse, j’ai glissé vers les commentaires. Je suis peu armé contre l’insondable de la connerie humaine, mais c’est à la mesure des réactions qu’on peut estimer la pertinence du propos de ce « projet ». En effet, souvent, en lisant, « on » (moi, comme « les autres »), ressent un malaise. Mais ce malaise est salutaire, il rappelle qu’on ne doit jamais imaginer détenir la vérité morale d’une situation à l’aune de son unique perception.

Évidemment, ce dispositif très simple, s’il apporte de la lisibilité aux situations, a les défauts de ses qualités. J’ai rencontré des femmes crocodiles, par exemple, et il y a un horizon hygiéniste qui peut produire des législations perverses. Mais il ne faudrait pas confondre l’anecdote avec le système et les effets pervers de la manière grossière de gérer politiquement le problème avec le problème. L’oppression sur les femmes est massive. Et encore partout, la dissymétrie de destin est absolue (sujet esquissé ici, à propos de « La vie domestique » d’Isabelle Czajka).

Ce travail de compilation des témoignages, qui met au jour une montagne de non-dits, de souffrances tues, d’adaptation bricolée à des situations perverses, est absolument salutaire, comme à chaque fois qu’on perce un abcès. C’est rarement beau dedans, ça pue, mais ça soulage. 

[Bon, le titre du billet est foireux. Je voulais juste poster un portrait photo…]

Et tiens, je devrais ajouter « Les Crocodiles » (au Lombard 2014) à ma vieille liste hautement perfectible :

Le rapport au réel – Bibliographie BD 2

 

 

Portrait : Léa Tsamantakis

Léa m’a dit qu’elle avait arrêté le dessin pour la musique. Actuellement, elle travaillerait sur la sonorisation de pièces de théâtre. 

Marine Blandin 28 aout 2017 - Photo Alain François

Marine Blandin en noir-et-blanc

Il y a 4 ans, j’utilisais les filtres noir et blanc d’une appli de smartphone. Mais très vite, la chose m’a agacé. Depuis, avec les photos de smartphone ou du reflex, je préfère fabriquer mes noirs et blancs « à la main » (enfin… avec Photoshop, mais sans automatisme). Je règle ainsi très finement et souvent par zone la manière dont le noir et blanc numériques peut évoquer telle ou telle esthétique ancienne, comme ces deux portraits de Marine Blandin chez elle, avant-hier, espérant deux évocations sixties, l’une en nuance de gris glamour, et l’autre en contraste nouvelle vague

The day my comic got a compliment

Lisa Frühbeis nous a offert un mini-comics : « The day my comic got a compliment ». C’est un tout petit leporello artisanal, et j’aime particulièrement ces micros-publications et autres autopublications qui pullulent de par le monde et qui représentent, très discrètement, l’un des très grands phénomènes culturels contemporains (par la quantité et l’universalité). 

Lisa Frühbeis, « nerdy post feminist » selon elle-même, est une jeune artiste allemande récemment convertie à la narration graphique, qui a eu la chance d’être tout de suite publiée dans un journal. Chance largement méritée, car elle a le sens de l’humour, du trait, et de la chronique !

Lisa Frühbeis comics

http://lisa-fruehbeis.squarespace.com

Portrait : Marc Bell

Je ne suis toujours pas passé voir Marc Bell (le cartoonist) dans son atelier. Mais je le croise parfois le soir. Un cartoonist à l’esthétique « indé US classique », mais avec des réminiscences 40′ et une fantaisie très particulière, d’une grande liberté formelle et d’un onirisme printanier. 

 

Shōchan no Bōken dans ma bibliothèque

J’avais trouvé Shōchan no Bōken, ce mignon manga de 1923, sur quelques forums interlopes, je suppose. C’était il y a au moins une dizaine d’années. Grosse, la dizaine, et j’avais tout de suite montré ça à Yann, et quelques autres, très surpris par l’évocation hergéenne de ce manga antérieur mais contemporain de Tintin. Quand j’ai rencontré Elric, il s’est passionné pour ce petit personnage de si loin de la Belgique qui semblait annoncer Tintin, mais aussi Spirou. Elric en a tiré un article comparatif, ce qu’il fallait faire, et écrit un mémoire sur le sujet. Il vient de m’offrir l’édition patrimoniale de « Shōchan no Bōken », éditée en 2003 par Shōgakukan creative et que nous connaissions déjà, car Yann l’avait commandé sur Amazon Japon.

Les livres japonais sont toujours épatants, mais celui-ci vient quand même contrarier le format d’origine des Shōchan, à l’italienne :

Et l’élégance des dessins de Katsuichi Kabashima aurait mérité des pages plus grandes… Malgré tout, quel bonheur d’avoir ce livre dans ma bibliothèque !

Pour le contenu, reportez-vous à l’article d’Elric ici : http://marsam.graphics/shochan-no-boken/

 

 

Portrait : Frank

J’ai enfin rencontré Frank (pseudo de « Frank Reichert »), scénariste de BD puissant, écrivain, traducteur de polar, qui a écrit de nombreux scénarios très noirs (et très drôles) pour Golo pendant une grosse décennie (à partir de 1978 et « ballades pour un voyou« ). Mais aussi pour Baudoin, entre autre…

Pas de wikimachin, mais deux entrées sur bnf.fr :

Frank Reichert http://data.bnf.fr/12073592/frank_reichert

Frank http://data.bnf.fr/11903451/frank

Je l’ai vu chez Golo, la nuit du 18 au 19 août 2017, et j’aurais bien aimé le croiser avec une meilleure lumière, et pas seulement dans la pénombre d’une soirée ! Mais je reste un indécrottable antiflash… 

 

Prisonnier des Amazones

Hier, Mai Li Bernard m’a prêté « Prisonnier des Amazones », un petit livre de Boris Hurtel, chez The Hoochie Coochi, parce qu’en le feuilletant chez elle je lance « mais c’est trop mignon ça ! Tiens, je devrais un jour faire quelque chose sur les influences des bois de Kirchner sur la BD contemporaine ! »

Oui, bon, on verra… En attendant j’ai lu « Prisonnier des Amazones », et sous une jaquette très laide (pourquoi ?) se cache un très joli petit livre rouge (c’est volontaire),  dont l’unique défaut est d’être imprimé sur de la carte (pourquoi ?) et donc d’être assez difficile à ouvrir.)

Et c’est bien dommage, oui, parce que c’est en effet mignon à souhait, lisible, fluide et drôle sans être idiot (parce que ça se fait souvent), alors ça vaut le coup de forcer un peu pour l’ouvrir…

Peut-être que je me suis arrêté sur le titre à cause de l’écho au vieux « Prisonnière de l’armée rouge » de Slocombe, mais j’ai bien fait. Lecture plaisante et auteur à suivre, donc, et je tenterais de croiser « contes névrotiques », son livre suivant.


(j’allais oublier de noter le lien hypertexte avec B. Traven évoqué et inspirateur

Le 15 juillet, chez Golo

Cette semaine, je suis passé faire un ultime petit reportage photo sur la fin de réalisation du prochain livre de Golo, qui sort en octobre : le premier tome d’« Istrati ! ».

C’est le projet immense d’une synthèse BD en deux fois 200 pages environ des écrits autobiographiques de Panaït Istrati, écrivain roumain du début du XXe qui choisi d’écrire ses romans en français.

Comme B. Traven dont Golo a déjà réalisé une biographie en BD, Istrati est un éternel vagabond, qui fuit plus qu’il ne voyage. Et je sais aujourd’hui à quel point Golo aime ces exilés volontaires qui sont ses frères d’âme, lui qui eut aussi sa « fuite en Égypte ». 

Je reparlerais du livre à sa sortie, en octobre, puisque Golo m’a permis de faire partie des premiers lecteurs (privilège de voir des livres se fabriquer autour de moi). Mais en feuilletant le premier tirage papier, annoté des corrections,  je suis tombé en arrêt devant une sublime double page mettant en scène une rixe sous la pluie, et je n’ai pas résisté à la photographier et à la poster ici tout de suite, « pour patienter » :