critique

L’essai à l’état gazeux

L’essai à l’état gazeux

Sur « l’Art à l’état gazeux » d’Yves Michaud, Hachette Littérature.

À la manière de l’auteur, je me suis tenu à une discipline de fer : ne citer personne, rester dans le plus grand vague, celui de l’opinion gazeuse.

Souvent, les commentateurs de l’Art contemporain sont durs avec lui, et ne se trompent guère sur la description qu’ils en font. Leur erreur à peu près générale concerne plutôt l’art du passé, qu’ils fantasment et imaginent d’après un ensemble de poncifs dont on n’arrive pas à les décrotter. Ainsi, le livre d’Yves Michaud « l’Art à l’état gazeux » est exactement le genre de livre que j’attendais depuis longtemps sur l’Art de la fin du XXe siècle : la tentative d’une histoire sous l’angle ethnographique, qui dessine un paysage historique pour ce temps proche, mais traité « comme un autre temps parmi les autres temps », contrairement à ce que je lisais si souvent, dans d’autres textes qui semblaient imaginer ce temps trop proche pour faire histoire.

Le Tendon Revolver

Le Tendon Revolver

Le Tendon Revolver est une très jolie revue des éditions United Dead Artists, un collectif « généraliste » (dessin, texte, photo) format comics de haute tenue, autant dans l’impression que dans le contenu. Un objet de luxe, bel écrin de l’initiateur Stéphane Blanquet accompagné de Blexbolex Lire la suite

Le livre est gratuit

Cette affirmation péremptoire semble sûrement insensée, et pourtant ! Le nombre de livres que j’ai lu dans ma vie est infiniment supérieur au nombre de livre que j’ai acheté, et ceci, même si je n’ai pourtant pas lu tous les livres que j’ai achetés. Et ce simple fait semble également vrai pour nombre de personnes autour de moi. On peut Lire la suite

Teeth, les dents du vagin

Teeth, les dents du vagin

Teeth est un petit film de genre parfaitement jubilatoire. Un petit film en apparence très commun, appartenant à ce genre du teen movie standardisé à laquelle l’Amérique nous a trop habituée, si habituée qu’on y est comme chez nous et qu’on s’y ennuie beaucoup. Une fois noté pour l’anecdote que le réalisateur porte un nom célèbre, Lire la suite

Darien / Vidocq Gentlemen

Darien / Vidocq Gentlemen

Lorsque j’ai lu “Le voleur” de Darien, ce texte si intrigant qu’il fait encore jaser sur la véritable vie de son auteur, je me suis dit que je lisais là le lieu d’avènement du modèle du “Gentleman cambrioleur”, l’Arsène Lupin de Maurice Leblanc… Les parutions des livres des deux auteurs, si proches, pouvant entériner cette thèse. Je m’étais Lire la suite

Nostalgie Zabime

Nostalgie Zabime

Je me suis rendu compte, en écrivant mes maigres souvenir d’Aimé Césaire, que j’empruntais la nostalgie à une œuvre autre, une bande dessinée, d’un auteur virtuose, poète éphémère mort trop vite. Les émanation de cette autre œuvre s’infiltraient, venant parasiter mes souvenirs, et pire, se substituer à l’enfance inconnue d’Aimé Lire la suite

Condition

Condition

Quelle question
Tenir ou ne pas
Âme morte
L’être en question
Du temps sûrement
L’essence déshabillée
Que nous reste-t-il ?

Effiloche
Exaspère
Vide aigre
Détruire
Enfin

Quelle joie
Délivre
Chiale
Joie dure

Aimé brûlant, relire Césaire

Aimé brûlant, relire Césaire

Un jour,

j’ai croisé la silhouette d’Aimé Césaire ; il passait devant moi, à me toucher, vieil homme courbé, écrasé par le deuil qui le frappait, par une de ces aigreurs nostalgiques du fond de l’estomac. J’ai pensé que cette pesanteur tremblante était celle de la vieillesse.

Je le croyais alors mourant, si vieux, si frêle, et je n’ai jamais vraiment Lire la suite

Lone son cowboy n’est pas celui qu’on croit : No Country for Old Men

Lone son cowboy n’est pas celui qu’on croit : No Country for Old Men

« Le sens ancien du mot « symétrie », tel que les Grecs l’employaient, répond aux idées de mesure, de proportion, d’harmonie, de rapports heureux entre les parties et le tout ». C’est ainsi, citant Vitruve, que Roger Caillois définit la symétrie, dans « Cohérences aventureuses, traité d’esthétique généralisée ». J’ai pensé à ce petit livre, abîmé quelque part dans ma bibliothèque, en sortant du dernier film des Frères Coen.

La pesanteur de Simone, la disgrâce de mon époque

La pesanteur de Simone, la disgrâce de mon époque

J’avais bien vu que Philippe avait posté dans LEPORTILLON un article sur Sartre et Simone de Beauvoir croyais-je…

Et Céline m’avait bien parlé d’une « histoire »…
Mais je n’y avais pas prêté attention avant cette fin d’après-midi, ou désœuvré, je fais mon traditionnel petit tour de l’actu sur Internet. Je fais le tour de différents journaux, jusqu’à ce que je tombe sur le commentaire d’un article qui cite Philippe… c’est assez rare malgré tout que du web très officiel je sois ramené au nôtre, plus insulaire…

Derrière l’auteur

Derrière l’auteur

Derrière l’auteur, il y a un désir premier d’individuation, de distinction, qui sort d’un conflit ancien avec l’autre corps, collectif, qu’il faut affronter.

Lacenaire :

Pourtant il s’était dit : L’avenir me réclame !
Oui… pour mettre à ton nom une auréole infâme ;
Oui, tu vivras, tandis que l’homme qui n’aura
Jetée sur son chemin que des bienfaits, mourra.

La beauté est une salope

La beauté est une salope

Plus grande est la beauté plus profonde est la souillure disait Bataille pour autre chose… pour jouir en fait. Mais, la beauté est une salope, Une sacrée salope, qui vous saute aux yeux du pire des lieux. Dans ce froid glacial et soudain, avec la fièvre qui ne me lâche pas, je détourne le regard du paysage pour tomber sur ce pigeon agonisant, au milieu de la chaussée. Le corps arc-bouté, l’aile pointue, le plumage moiré, la tête épuisée pliée en avant, comme échouée, le bec collé au coup et sur le sol la petite tache circulaire écarlate et très propre, comme neuve. Sur dix mètres peut-être une traînée de plume.

Reprise

Reprise

J’ai une réticence à lire très avant Pessoa. Je ne peux réprimer un sentiment bizarre, comme une petite réserve, devant cette absolue réussite de l’expression du mélange de duplicité et d’honnêteté d’une conscience. Juste derrière ma tête, une voix aussi intime que timide et même un peu honteuse, se demande ce qu’il me restera à écrire, lorsque Lire la suite

Rousseau et moi

Rousseau et moi

C’est quoi ? Une nouvelle série ? Après Mishima…

Je ne sais pas. Mais c’est surprenant que les blogueurs égotiques ne parlent pas plus souvent de Rousseau. Parce que si le système semble lointainement initié par les lettres de la Sévigné — « Les lettres de Mme de Sévigné étaient très prisées. Il arrivait à Mme de Thianges Lire la suite

Mishima et moi

Mishima et moi

Dans la base de WebObjet, je trouve une note que je n’avais pas publié. Datée du 7 février 2007, cette note a été écrite juste après l’interruption momentanée de la grande page « ça recommence comme ça » [disparue]. Je ne me souviens pas pourquoi elle n’a jamais été publiée. Je la pose ici, dans ce billet. Elle entre en résonnance avec un passage Lire la suite

Chien de sa chienne

Chien de sa chienne

Comme j’adore me contredire. Découverte d’un film inconnu : Un chien qui rapporte, d’un quasi-inconnu, Jean Choux. Un film sans intérêt. Presque. Au détail prêt que formellement, le truc est explosif, que Jean Choux s’amuse au Jump-Cut 30 ans avant Godard, que le son s’accélère, que la caméra se retourne, que ça monte frénétique, épileptique, que ça s’amuse avec tout, et Lire la suite

Mort de monstres en série

Mort de monstres en série

Michel Serrault, dimanche, Bergman, Bergman, merde, lundi, et Antonioni mardi… Drôle d’été. Serrault n’est qu’un interprète, il n’a pas été sifflé, et les films que la tv va ressortir sont les moins bons, c’est couru, et les deux autres, ont dû subir, et subir.

Bergman, on lui a reproché la forme… Mais je me demande de plus en plus, si ce culte Lire la suite

Balletto, de Sophie Darcq

Balletto, de Sophie Darcq

Dans « Ballettto », un cahier A5 autoédité par Sophie Darcq, les souvenirs et les rêves s’entremêlent. Mais les souvenirs ne sont que des rêves éveillés. Balletto est mélancolique, étrange, et très prometteur. Sophie Darcq dessine bien, solide, fort même et elle a une véritable puissance d’évocation. Ça donne envie de lire plus long !