critique

explication de texte

explication de texte

la culture est une stratégie collective qui répond à la plus profonde des détresses individuelles.

Un rêve désolé

Un rêve désolé

J’ai rêvé cette nuit de Gombrowicz et Schulz. C’est une chose remarquable, de rêver de ces deux-là, et je me demande bien pourquoi. J’ai l’impression que tout tournait autour du titre « boutique de cannelle », cannelle qui dans mon rêve, dans sa conclusion plutôt, était le contenant d’un homme, et qui s’écoulait en ruisseau d’un pied arraché. Étrange chose.

Lire la suite

Qui suis-je ?

Qui suis-je ?

Oui, qui suis-je ? Mais attention, pas le qui suis-je habituel, celui auquel je réponds, pour moi, depuis toujours, imparfaitement, et encore plus imparfaitement sur le réseau, en y stockant mes archives, comme un abandon à l’inéluctable, avec ce fond de mélancolie spécifique des poètes qui s’inscrivent tout en sachant que rien ne reste jamais bien Lire la suite

Pour Chabrol

Pour Chabrol

Je suis toujours surpris par ce qui me fait réagir, au point que je risque d’avoir encore à le dire. Mais ça, c’est peut-être le plus étrange. Je vais parler de la couverture des Cahiers du Cinéma d’octobre 2010. Pourquoi donc ? Parce que cette couverture m’a fait plaisir, un plaisir fou, et j’ai instantanément compris, avant même Lire la suite

Pourquoi Kubrick n’a pas inventé l’Ipad

Pourquoi Kubrick n’a pas inventé l’Ipad

2001-1

Voilà le truc, dans 2001 odyssée de l’espace, les astronautes utilisent des tablettes-écrans. En fait, des TV plates et portables. Et donc, bien sûr, ça cause, depuis que l’Ipad est sorti : Kubrick aurait encore une fois « bien anticipé ».

la femme-félin, figure zoomorphe transculturelle

la femme-félin, figure zoomorphe transculturelle

« L’amour est la plupart du temps un sous-produit du meurtre »
Agatha Christie

Notes du 9 août 2010

Mes enthousiasmes désordonnés naissent généralement d’une simple coïncidence. Ainsi, de la coïncidence de deux recherches concomitantes — sur le photographe Charles François Jeandel, qui m’obligeait à lire les publications des psychiatres de la toute fin du XIXe siècle, et d’une folie aussi compulsive qu’éphémère pour le comics US des années 40 — est née une brusque accumulation d’informations sur la persistance transculturelle d’une association symbolique, celle de certaines « femmes » et de certaines qualités que l’on prête aux félins.

Fin 2008, le même jour, j’ai croisé dans une vieille bande de Mandrake une femme-felin (« La comtesse mystérieuse », une charmante aventure de Mandrake datant de 1946) évoquant fortement la CatWoman de DC comics, et découvert avec stupeur que des « femmes chats » avaient réellement existé dans les asiles du professeur Charcot… J’ai créé un répertoire sur mon bureau, et j’ai commencé à y déposer les femmes-chattes que je croisais. En très peu de temps, c’est devenu une collection conséquente, qui traversait les genres du XXe siècle comme la littérature du XIXe.

Partir en « voyage » avec Yuichi Yokoyama

Partir en « voyage » avec Yuichi Yokoyama

Voilà, un coup d’Amazon ( l’entreprise qui en sait bien plus sur moi que facebook, l’administration française et toute ma famille réunis) et j’ai reçu « Voyage » de Yuichi Yokohama, aux éditions « Matière ». Mon premier Yokoyama, pas le dernier…

Disloqué

Bien. Dont acte. Je suis disloqué. Éparse, ce qui m’appartient, comme autant de membres fantômes, gît loin de moi, ce moi incertain du manque de substance, ne laissant à moi qu’une gêne sourde. Dire qu’on entend qu’internet est confusion ! Que dire alors du salariat, de cet esclavage moderne qui disloque et broie, qui arrache, qui avale, qui déchire tout Lire la suite

Genèse en bande dessinée : Robert Crumb à la mise en scène

Genèse en bande dessinée : Robert Crumb à la mise en scène

2009 – Chez Denoël Graphic

J’ai lu quelque part que l’exercice était sans intérêt, voir ennuyeux, parce qu’au premier degré. Mais qu’aurait-il fallu ? Qu’il exécute son premier projet ? Une parodie de plus ? Un commentaire supplémentaire à la cohorte des commentaires qui remplissent les bibliothèques ?

Nerval

Nerval

« Qu’ils sont heureux les Anglais de pouvoir écrire et lire des chapitres d’observation dénués de tout alliage d’invention romanesque ! A paris, on demanderait que cela fût semé d’anecdotes et d’histoires sentimentales, — se terminant soit par une mort, soit par un mariage. L’intelligence réaliste de nos voisins se contente du vrai absolu. »

Les nuits d’octobre, Gérard De Lire la suite

Antichrist, dessine-moi un arbre, un pont, une maison !

Antichrist, dessine-moi un arbre, un pont, une maison !

Antichrist, un film de Lars Von Trier, 2009

En 2009, Lars Von Trier présente son nouveau film à Cannes, Festival qu’il affectionne particulièrement, puisqu’il considère qu’il lui est redevable de sa carrière internationale. Son exercice de sublimation du cinéma de genre américain fait scandale, et Lars Von Trier est humilié publiquement par un journaliste hystérique.

Alors que l’enfer guète, Nabokov

Alors que l’enfer guète, Nabokov

« Il me faut maintenant épier la beauté comme jusqu’alors
personne ne l’a épiée. »

Chant quatre, Feu pâle, de Nabokov

L’essai à l’état gazeux

L’essai à l’état gazeux

Sur « l’Art à l’état gazeux » d’Yves Michaud, Hachette Littérature.

À la manière de l’auteur, je me suis tenu à une discipline de fer : ne citer personne, rester dans le plus grand vague, celui de l’opinion gazeuse.

Souvent, les commentateurs de l’Art contemporain sont durs avec lui, et ne se trompent guère sur la description qu’ils en font. Leur erreur à peu près générale concerne plutôt l’art du passé, qu’ils fantasment et imaginent d’après un ensemble de poncifs dont on n’arrive pas à les décrotter. Ainsi, le livre d’Yves Michaud « l’Art à l’état gazeux » est exactement le genre de livre que j’attendais depuis longtemps sur l’Art de la fin du XXe siècle : la tentative d’une histoire sous l’angle ethnographique, qui dessine un paysage historique pour ce temps proche, mais traité « comme un autre temps parmi les autres temps », contrairement à ce que je lisais si souvent, dans d’autres textes qui semblaient imaginer ce temps trop proche pour faire histoire.

Le Tendon Revolver

Le Tendon Revolver

Le Tendon Revolver est une très jolie revue des éditions United Dead Artists, un collectif « généraliste » (dessin, texte, photo) format comics de haute tenue, autant dans l’impression que dans le contenu. Un objet de luxe, bel écrin de l’initiateur Stéphane Blanquet accompagné de Blexbolex Lire la suite

Le livre est gratuit

Cette affirmation péremptoire semble sûrement insensée, et pourtant ! Le nombre de livres que j’ai lu dans ma vie est infiniment supérieur au nombre de livre que j’ai acheté, et ceci, même si je n’ai pourtant pas lu tous les livres que j’ai achetés. Et ce simple fait semble également vrai pour nombre de personnes autour de moi. On peut Lire la suite

Teeth, les dents du vagin

Teeth, les dents du vagin

Teeth est un petit film de genre parfaitement jubilatoire. Un petit film en apparence très commun, appartenant à ce genre du teen movie standardisé à laquelle l’Amérique nous a trop habituée, si habituée qu’on y est comme chez nous et qu’on s’y ennuie beaucoup. Une fois noté pour l’anecdote que le réalisateur porte un nom célèbre, Lire la suite

Darien / Vidocq Gentlemen

Darien / Vidocq Gentlemen

Lorsque j’ai lu “Le voleur” de Darien, ce texte si intrigant qu’il fait encore jaser sur la véritable vie de son auteur, je me suis dit que je lisais là le lieu d’avènement d’Arsène Lupin, le “Gentleman cambrioleur” de Maurice Leblanc. Les dates de parutions des livres des deux auteurs, si proches, pouvant entériner cette thèse. Je me suis dit Lire la suite

Nostalgie Zabime

Nostalgie Zabime

Je me suis rendu compte, en écrivant mes maigres souvenir d’Aimé Césaire, que j’empruntais la nostalgie à une œuvre autre, une bande dessinée, d’un auteur virtuose, poète éphémère mort trop vite. Les émanation de cette autre œuvre s’infiltraient, venant parasiter mes souvenirs, et pire, se substituer à l’enfance inconnue d’Aimé Lire la suite

Condition

Condition

Quelle question
Tenir ou ne pas
Âme morte
L’être en question
Du temps sûrement
L’essence déshabillée
Que nous reste-t-il ?

Effiloche
Exaspère
Vide aigre
Détruire
Enfin

Quelle joie
Délivre
Chiale
Joie dure