critique

La langue du monstre

La langue du monstre

Le point d’orgue de tout bon film d’horreur américain est la confrontation physique avec le monstre :

« La tête approchait. Immobile, j’entendais battre mon sang, et mes nerfs frémir…

Tout à coup, la joie effrénée de l’espoir m’envahit : la tête était venue buter contre read more

Les amantes de Elfriede Jelinek, roman

Les amantes de Elfriede Jelinek, roman

Je connaissais l’existence de Elfriede Jelinek. Je connaissais son existence comme ça, parce que j’avais noté son nom en comprenant qu’il ne pouvait pas ne pas y avoir un écrivain derrière « la Pianiste », comme dans tous ces films bâtis par un bon texte. J’avais ensuite noté, dans un coin, qu’elle avait « mal » reçu le Nobel. J’avais aussi entendu ou lu quelques remarques sur son caractère, que sa traductrice et amie française l’avait lâchée, lassée de sa noirceur

Je connaissais son existence et m’étais promis de la lire, intrigué, même le nez tendu vers un bon effluve. Mais je n’avais pas encore croisé un de ses livres. Comme il n’y a pas d’actualité littéraire, antinomie, oxymore de propagande, je me foutais bien read more

Poly and her Pals, Thierry Groensteen et le patrimoine

Poly and her Pals, Thierry Groensteen et le patrimoine

Tout véritable amateur de BD connaît Thierry Groensteen, l’homme qui a donné ses lettres de noblesse à la théorie de la Bande dessinée. Universitaire, professeur et même un temps directeur du Musée de la Bande dessinée d’Angoulême, il entame depuis quelques années une nouvelle carrière en se lançant dans l’aventureuse profession d’éditeur, passant ainsi de la théorie à la pratique, mais aussi de l’institutionnel à l’entreprise personnelle. On attendait du grand théoricien une ligne éditoriale à la hauteur de ses exigences intellectuelles. Avec 50 titres en seulement deux ans d’existence, les jeunes « Éditions de l’An 2 » démarrent sur les chapeaux de roues et en effet, la ligne est ardue ! Trois grandes catégories de livres naissent des envies longtemps contenus, de notre professeur tournesol tautologique :

Continuer le voyage

Continuer le voyage

Simon Hureau sort la suite de « Palaces » : « Bureau des prolongations »

Je suis rentré vendredi soir dans un état de fatigue totale. Une drôle de semaine, de ces semaines trop remplies. Ceux qui travaillent en production sur un ordinateur et gèrent d’innombrables dossiers qui surgissent dans le désordre le plus total savent de quoi je parle. On finit laminé physiquement, mais surtout mentalement. Jusqu’au dernier moment, s’est superposé à la fatigue physique et à la confusion mentale le stress de ne pas terminer à temps agrémenté de quelques crises d’affolement qui submerge parfois à voir l’heure tourner trop vite et l’ordinateur si puissant calculer si lentement ! Enfin mon collègue fini par me soulager des affiches à terminer pour qu’in-extrémiste je finisse un site internet déjà annoncé dans le journal distribué le matin…

Enfin Ripple

Enfin Ripple

Ripple, une prédilection pour Tina
de Dave Cooper aux Editions du Seuil

Avant il y avait la crumbette.

la crumbette, cousine des initiatrices de Fellini, met en mouvement perpétuel le broyeur formé par ses deux fesses sur les trottoirs de Greenwich Village. Son short est court, très court, son décolleté géant, ses mollets en béton vibré. Pour l’éternité, elle domine de ses talons et de sa masse le corps fébrile d’un Crumb vacillant.

« PALACES » de Simon Hureau

« PALACES » de Simon Hureau

Un carnet de voyage en bande dessinée

EGO COMME X, éditeur de Bande dessinée, nous a habitué depuis maintenant 10 ans à suivre l’introspection de ses auteurs, à accepter leur égotisme radical, leurs pensées les plus intimes. Voilà pourtant un album atypique et discret qui prend le contre-pied de sa ligne éditoriale : Palace, de Simon hureau, est un carnet de voyage « reconstruit » à la suite d’un drôle de séjour au Cambodge. Scandé par des planches d’études sur les insectes et batraciens locaux, il se présente comme un récit de voyage en bande dessinée entièrement voué aux seules sensations du voyageur.

Dog Ville = chef d’œuvre

Dog Ville = chef d’œuvre

Je n’en reviens toujours pas. Même si Lars Von Trier a sa place depuis longtemps parmi mon petit panthéon des cinéastes vivants, je me suis résolu à accompagner les filles voir son petit dernier avec une certaine appréhension.

Ce que j’avais pu entendre sur le film ne m’avait pas stimulé, en tout cas pas comme les quelques images sublimes de Eléphant de Gus Van Sant entraperçues à la télévision. De plus, le film de Lars n’était même pas programmé dans ma ville. Enfin je l’ai crû. Céline était dépitée. Et là, Eléphant gagne la Palme. Et c’est lui qui ne passe pas ici. Et la semaine qui suit, enfin, DogVille à l’affiche. Donc, un jour férié, soleil de plomb, tout le monde en terrasse et nous au cinéma. Bien sûr, comme il ne reste plus qu’un multiplexe, le Lars passe dans une petite salle d’où l’on entend le son des autres films. La réflexion de Céline « il y a plus d’habitant à Dogville que de spectateurs dans cette salle » ne fait que répondre à mon interrogation : Qui peut bien aller voir du Lars Von Trier en salle dans ce désert culturel ?

Je me demande s’il est encore utile d’écrire

Je me demande s’il est encore utile d’écrire

Parfois je crois que je nage, tranquille, et même je suis pris d’une sorte d’euphorie qui me porte à accomplir, mais très vite je ne sais quoi faire de cet élan et l’impression d’avoir gaspillé quelque chose me remplit d’amertume.

Je me retrouve toujours read more

Little Annie Fanny

Little Annie Fanny

littleannyfanny02_27122001Little Annie Fanny, après-tout, n’est qu’une bimbo de bande dessinée. Ses attributs sont normalement anormalement surdimensionnés, son vocabulaire est normalement limité, parfaitement adapté à son intelligence et son insondable naïveté s’évanouit seulement lorsqu’un homme désargenté tente d’assaillir son lit. Rien à priori de bien excitant… pour l’esprit.

Toute étincelle naît d’une rencontre

J’aime les rencontres spatio-temporelles. J’aime les coïncidences, les hasards qui avec le recul se transforment en fatalité. Sans en tirer aucune leçon abusive sur le destin, je prends plaisir à lire une histoire construite là où il n’y avait qu’amoncellement read more

Anthologie historique des lectures érotiques

Anthologie historique des lectures érotiques

Ceci est la republication du premier article que j’ai publié sur le Web en juin 1999.

Sur « l’Anthologie historique des lectures érotiques, de Gilgamesh à Saint Just de -2000 à 1790 » de Jean-Jacques Pauvert chez Stock/Spengler 1995.

Les connotations read more