critique

L’étreinte du serpent

L’étreinte du serpent

Vu hier soir un très beau film plus complexe qu’il n’y paraît. Fleuve-movie à la photo précieuse, L’étreinte du serpent est d’un onirisme subtil qui flirte à peine avec le fantastique. Évoquant sans ostentation, d’une larme,  Aguirre, la colère de Dieu pour les parages de la folie ou Apocalypse Now pour la secte déviante, le film se garde Continue reading L’étreinte du serpent

La vieille mère Hubbard et son chien

La vieille mère Hubbard et son chien

Ce matin, je vois passer l’adresse de konkykru.com sur Twitter. C’est une petite base de comics très anciens.  Je visite, et m’arrête sur cette page, qui parle d’une comptine illustrée du tout début du XIXe,  « Old Mother Hubbard », d’un certain Robert Branston… En deux secondes de recherche, je découvre que cette historiette n’est absolument pas de Continue reading La vieille mère Hubbard et son chien

Madame Apollon

Madame Apollon

À l’épuisement du XIXe, si Rachilde avait tenu la distance au long de son Monsieur Vénus et ne s’était pas rapidement perdue dans les convenances — qui s’occupe des convenances d’il y a un siècle et demi ? — elle serait entrée en littérature par une porte aussi haute qu’inédite. Explosant les conventions des genres, Continue reading Madame Apollon

Vertigo premier

Vertigo premier

Bien avant Alfred Hitchcock, un écrivain français associait le chignon et le vertige. C’est amusant, mais je n’en tire aucune conclusion. Il est hautement improbable que René Crevel partageât le bas fétichisme d’Hitchcock en la matière (mais le symbolisme, oui). Êtes-vous fous ?, Gallimard, 1929 : « Elle porte collier de visages en papier mâché, mais son chignon joue Continue reading Vertigo premier

Un rendez-vous raté

Un rendez-vous raté

J’ai gentiment raté deux choses, dernièrement : je n’ai pas trouvé le moyen de passer voir Eldo Yoshimizu dans son atelier avant qu’il ne reparte au Japon. Je n’ai donc pas de photographie at work de ce mangaka au trait nerveux et élégant édité chez nous par le Lézard noir. Il y dessine Ryûko, motarde pop et Continue reading Un rendez-vous raté

Une mauvaise herbe est une plante qui n’est pas à sa place

Une mauvaise herbe est une plante qui n’est pas à sa place

Si l’on en croit Northrop Frye, le roman policier participerait d’une littérature naïve, et pire encore, sa « brutalité croissante » (dans le XXe siècle) s’approcherait « aussi près que l’art puisse le faire de la pure autosatisfaction morale d’une foule de lyncheurs ». Si l’on excepte la dose de basse morale qui préside à ce jugement, simple réaction d’une Continue reading Une mauvaise herbe est une plante qui n’est pas à sa place

Le retour de Gombrowicz

Le retour de Gombrowicz

Je lis pas mal de chose en ce moment, dans un désordre assumé, et au milieu de ce chaos de plutôt belles choses, sans trop savoir comment, les nouvelles premières de Gombrowikz. Gombrowikz… (Je me souviens au passage des longues conversations que nous avait provoquées la lecture de « la pornographie » avec Fabrice Neaud, pendant l’été 1992). Ses Continue reading Le retour de Gombrowicz

La main gauche de la droitière

La main gauche de la droitière

Cette nuit, j’ai rêvé, entre autres n’importe quoi, d’un couple allongé dans un lit d’hôpital, un lit double (faut pas rêver), et d’une infirmière qui se précipite, se penche, s’arrête, très perturbée, car c’est l’homme qui vient d’accoucher. OK, je crois qu’il est temps de noter ici ma lecture dernière de « La main gauche de Continue reading La main gauche de la droitière

Le fantôme de Lindsay Anderson dans mon jardin

Le fantôme de Lindsay Anderson dans mon jardin

J’ai découvert, sérendipité, qu’un remarquable réalisateur britannique était mort dans mon village en 1994. Je suppose, puisqu’il y a une forte communauté britannique dans les campagnes environnantes, que Lindsay Anderson passait ici une vieillesse au vert. Il fût essentiellement documentariste, mais pas seulement, car il est en particulier le réalisateur de l’extraordinaire trilogie voltairienne (référence Continue reading Le fantôme de Lindsay Anderson dans mon jardin

l’Été des charognes

l’Été des charognes

Après le Goncourt qui s’est dispensé des euphémismes du roman bourgeois, je traverse l’Été des charognes, parce que solstice d’hivers, un premier livre de Simon Johannin chez Allia. Ça commence entre le pays de la merde de  Jourde et la guerre des boutons, ça finit après Bukosvki en  post-punk lyrique, avec ce tour de force d’adapter l’écriture Continue reading l’Été des charognes

Chambre pâle #4

Chambre pâle #4

« Plis, croûtes, et zones humides », thème et sous-titre de l’Opus 4 de Chambre pâle, l’élégant artzine collectif A5 entièrement sur papier léger avec dessins légers, textes maniérés ou photos intenses. Une revue courageusement généraliste, donc, au contenu inégal, comme tous les collectifs. Couverture de Jérémy Boulard le Fur. 63 auteurs, 92 pages… Prix libre chez l’éditeur, MicrOlab Continue reading Chambre pâle #4

Le jardin des délices de Silvano Agosti

Le jardin des délices de Silvano Agosti

J’ai vu avec intérêt « Le jardin des délices », curiosité cinéphilique de 1967. D’un même élan j’ai écouté le réalisateur Silvano Agosti (bonus DVD), qui se situe entre Éric Rohmer pour la pauvreté assumée des moyens techniques, Jean-Pierre Mocky pour l’aspiration (ou obligation) à l’autonomie et Joël Séria pour les promesses sabotées par des contingences extérieures. Il partage avec les Continue reading Le jardin des délices de Silvano Agosti

L’ordre du jour, le notre

L’ordre du jour, le notre

Le monde à l’envers ! Me retrouve obligé de me dépoussiérer de la lecture poussive d’un pseudo marginal sulfureux en lisant le dernier prix Goncourt ! Mais ! Mais voilà. L’ordre du jour d’Éric Vuillard, chez Actes Sud, m’a réveillé et surpris par sa simplicité et son premier degré. Je ne m’attendais pas à « ça » d’un Goncourt, et Continue reading L’ordre du jour, le notre

Maryline en toc

Maryline en toc

Vu le « Maryline », De G. Gallienne… quelle erreur ! Début affligeant, perplexité, et au bout d’un quart d’heure seulement, rire nerveux devant le comique involontaire, devant l’insistance à nous bien faire comprendre qu’il est en train de « filmer » une « gonzesse » (au passage au charisme d’huître et à l’insupportable perruque, même si je suppose qu’un réalisateur juste Continue reading Maryline en toc

Witchazel et la menace d’Anankor

Witchazel et la menace d’Anankor

[dropcap]E[/dropcap]lric m’a offert son dernier album, le tome 3 de Witchazel, série animalière qui voulait initialement retrouver le charme des bandes de Macherot (auteur avec lequel je n’ai aucune imprégnation enfantine et dont l’aura reste pour moi un mystère), mais qui aujourd’hui, après 3 albums d’aventures, lorgne avec bonheur bien plus vers, entre autres, les Continue reading Witchazel et la menace d’Anankor

Jérôme m’emmerde

Jérôme m’emmerde

[dropcap]J[/dropcap]’ai essayé de lire « Jérôme » de Jean-Pierre Martinet, écrivain maudit réédité ces dernières années chez Finitude. C’est un gros livre plutôt attrayant, épais, souple, rempli de grosses pages bien grasses, bien pleines, trop… Dans ce désert de la balise <p> (pour les geeks), j’ai tenu environ 150 pages (sur 449), et comprends maintenant pourquoi Jean-Jacques Continue reading Jérôme m’emmerde