critique

Sa fête à l’Aragon

Sa fête à l’Aragon

Il y a quelque temps, je disais à Golo combien j’estimais l’écriture de Louis Aragon, et brusquement, en réaction, il me balance quelque chose comme « Ha non ! Pas le traître ! » qui m’amuse fortement. Et je me dis trop rapidement « Hum, on déteste plus ses traîtres que ses ennemis… » Je n’y pensais plus, quand quelques semaines Continue reading Sa fête à l’Aragon

il faut bien aussi qu’il y ait dans le monde des gens qui regardent

il faut bien aussi qu’il y ait dans le monde des gens qui regardent

[dropcap]P[/dropcap]endant mon court séjour à l’hôpital, j’ai lu le jour et la nuit avec une certaine obstination, tentant ainsi de négocier les attentes et les insomnies. Le jour, je relisais « Le réel et son double » de Clément Rosset, et la nuit, « Les enfants Tanner » de Robert Walser sur l’écran de mon téléphone réglé sur fond Continue reading il faut bien aussi qu’il y ait dans le monde des gens qui regardent

Les contes découpés d’Andersen

Les contes découpés d’Andersen

La dernière publication des éditions ION est une petite merveille et un fétiche parfait qui me permet de me souvenir comme Hans Christian Andersen m’est un auteur important, sûrement premier véritable grand écrivain que j’ai lu seul, bien meilleur dans le tragique que ces gothiques que j’aimerais à l’adolescence, et dont les histoires terriblement terrifiantes Continue reading Les contes découpés d’Andersen

Le Joyce d’Alfonso Zapico

Le Joyce d’Alfonso Zapico

Alfonso Zapico m’a prêté sa biographie de Joyce en bande dessinée intitulée « James Joyce, l’homme de Dublin ». le livre n’est pas nouveau, parût en 2013 chez Futuropolis, mais je n’avais pas encore eu l’occasion de le lire. Son homme de Dublin est vivant, drôle et intrigant, comme le personnage, et me donne envie de retourner Continue reading Le Joyce d’Alfonso Zapico

Kuperman contre les Wonder Women

Kuperman contre les Wonder Women

[dropcap]N[/dropcap]athalie Kuperman me fait rire. Quand Céline m’avait tendu « Les raisons de mon crime » en me disant ça c’est bien, je me souviens d’avoir pensé « Kuperman, c’est comme Superman mais avec un K » et c’est tout. Ensuite, j’ai pris du plaisir dans « les raisons de mon crime », l’ai noté là et me suis dit que cette Kuperman Continue reading Kuperman contre les Wonder Women

La langue de feu de Malaquais

La langue de feu de Malaquais

Ça n’arrive jamais. Ou presque. Ou il y a si longtemps. Je commence à lire et je m’arrête. Je m’arrête et je relève la tête et me dis « putain, c’est bon ». Et plus loin, encore, m’arrête au milieu d’une phrase, avant même sa fin, et « merde, mais c’est terrible ! C’est bon, qu’est-ce que c’est bon ! »… Continue reading La langue de feu de Malaquais

Babylone Crevel

Babylone Crevel

Crevel écrit rococo, long poème qui s’emberlificote en volute, hésite à se faire roman. C’est beau et kitch comme un napperon délicatement posé sur une vieille TV, un peu poussiéreux, mais pas trop, moderne et s’éloignant déjà, loin. On peut avoir le goût des choses fanées. Comme moi peut-être, habitué aux écritures anciennes. On peut Continue reading Babylone Crevel

L’étreinte du serpent

L’étreinte du serpent

Vu hier soir un très beau film plus complexe qu’il n’y paraît. Fleuve-movie à la photo précieuse, L’étreinte du serpent est d’un onirisme subtil qui flirte à peine avec le fantastique. Évoquant sans ostentation, d’une larme,  Aguirre, la colère de Dieu pour les parages de la folie ou Apocalypse Now pour la secte déviante, le film se garde Continue reading L’étreinte du serpent

La vieille mère Hubbard et son chien

La vieille mère Hubbard et son chien

Ce matin, je vois passer l’adresse de konkykru.com sur Twitter. C’est une petite base de comics très anciens.  Je visite, et m’arrête sur cette page, qui parle d’une comptine illustrée du tout début du XIXe,  « Old Mother Hubbard », d’un certain Robert Branston… En deux secondes de recherche, je découvre que cette historiette n’est absolument pas de Continue reading La vieille mère Hubbard et son chien

Madame Apollon

Madame Apollon

À l’épuisement du XIXe, si Rachilde avait tenu la distance au long de son Monsieur Vénus et ne s’était pas rapidement perdue dans les convenances — qui s’occupe des convenances d’il y a un siècle et demi ? — elle serait entrée en littérature par une porte aussi haute qu’inédite. Explosant les conventions des genres, Continue reading Madame Apollon

Vertigo premier

Vertigo premier

Bien avant Alfred Hitchcock, un écrivain français associait le chignon et le vertige. C’est amusant, mais je n’en tire aucune conclusion. Il est hautement improbable que René Crevel partageât le bas fétichisme d’Hitchcock en la matière (mais le symbolisme, oui). Êtes-vous fous ?, Gallimard, 1929 : « Elle porte collier de visages en papier mâché, mais son chignon joue Continue reading Vertigo premier

Un rendez-vous raté

Un rendez-vous raté

J’ai gentiment raté deux choses, dernièrement : je n’ai pas trouvé le moyen de passer voir Eldo Yoshimizu dans son atelier avant qu’il ne reparte au Japon. Je n’ai donc pas de photographie at work de ce mangaka au trait nerveux et élégant édité chez nous par le Lézard noir. Il y dessine Ryûko, motarde pop et Continue reading Un rendez-vous raté

Une mauvaise herbe est une plante qui n’est pas à sa place

Une mauvaise herbe est une plante qui n’est pas à sa place

Si l’on en croit Northrop Frye, le roman policier participerait d’une littérature naïve, et pire encore, sa « brutalité croissante » (dans le XXe siècle) s’approcherait « aussi près que l’art puisse le faire de la pure autosatisfaction morale d’une foule de lyncheurs ». Si l’on excepte la dose de basse morale qui préside à ce jugement, simple réaction d’une Continue reading Une mauvaise herbe est une plante qui n’est pas à sa place

Le retour de Gombrowicz

Le retour de Gombrowicz

Je lis pas mal de chose en ce moment, dans un désordre assumé, et au milieu de ce chaos de plutôt belles choses, sans trop savoir comment, les nouvelles premières de Gombrowikz. Gombrowikz… (Je me souviens au passage des longues conversations que nous avait provoquées la lecture de « la pornographie » avec Fabrice Neaud, pendant l’été 1992). Ses Continue reading Le retour de Gombrowicz

La main gauche de la droitière

La main gauche de la droitière

Cette nuit, j’ai rêvé, entre autres n’importe quoi, d’un couple allongé dans un lit d’hôpital, un lit double (faut pas rêver), et d’une infirmière qui se précipite, se penche, s’arrête, très perturbée, car c’est l’homme qui vient d’accoucher. OK, je crois qu’il est temps de noter ici ma lecture dernière de « La main gauche de Continue reading La main gauche de la droitière