critique

Un rêve de Walter Benjamin

Un rêve de Walter Benjamin

Apparemment, la littérature numérique n’est pas morte, dans les coins. Apparemment, les envies de réseau bougent encore, dans les coins. Et puis j’aime les mini-livres, le domaine public, le libre, et Walter Benjamin… alors, visitez, lisez-fabriquez, ou fabriquez-lisez un mini-livre de Walter Benjamin chez abrupt.ch, ici : https://www.abrupt.ch/cyberpoetique/walter-benjamin-reve/ Le joli GIF est abrupt

Istrati! II. L’Écrivain

Istrati! II. L’Écrivain

« Istrati! II. L’Écrivain » est le second et dernier tome de l’immense biographie que Golo consacre à Panaït Istrati, l’un de ces écrivains venus d’ailleurs qui, comme Casanova, Cioran, Malaquais,  Kundera, Becket, Ionesco, etc., ont pris le français comme langue d’écriture… [dropcap]A[/dropcap]vec cet épique premier tome publié chez Actes Sud BD, on ne se posait déjà plus la Continue reading Istrati! II. L’Écrivain

Relire : Le bar à Joe

Relire : Le bar à Joe

J’ai relu « le bar à Joe » de Muñoz et Sampayo (Casterman 1981). « Le bar à Joe » et quelques autres, autour : Évidemment, il ne reste qu’un lointain souvenir aujourd’hui de la claque esthétique qu’a représentée le dessin de Muñoz à l’époque, dans cette charnière de deux décennies incroyablement inventives. De ce bouleversement esthétique, on en trouverait Continue reading Relire : Le bar à Joe

Regard de Frank Reichert

Regard de Frank Reichert

Frank Reichert, dit « Frank », écrivain, scénariste incroyable de polars puissants et poilants pour Golo ou Baudoin, et traducteur tout aussi incroyable des Peanuts, de Calvin et Hobbes ou Krazy Kat (en 1985)…

Article 353 du Code pénal, mon second Tanguy Viel

Article 353 du Code pénal, mon second Tanguy Viel

Est un western, avec la nature, le vent, la tempête, l’alcool, une injustice et une vengeance. Un polar aussi, avec un meurtre, un assassin, un escroc, un juge. Et pourtant un exercice de style, minimal et contraint, malin… (Mais j’ai l’impression que « malin » est l’adjectif générique pour les écrivains actuels des Éditions de minuit.). Déposition, confession Continue reading Article 353 du Code pénal, mon second Tanguy Viel

« Chez » de Franck Guyon

« Chez » de Franck Guyon

« Chez » de Franck Guyon est l’un des cahiers d’écritures contemporaines des éditions Marguerite Waknine. « Chez » n’est pas un roman, mais un texte inspiré. « Chez » est un poème marginal, hors les genres, emberlificoté en longues phrases apnéiques et braves. « Chez » est un chant liturgique, une litanie entraînante aux sonorités franches et justes. « Chez » est une tentative et Continue reading « Chez » de Franck Guyon

il faut bien aussi qu’il y ait dans le monde des gens qui regardent

il faut bien aussi qu’il y ait dans le monde des gens qui regardent

[dropcap]P[/dropcap]endant mon court séjour à l’hôpital, j’ai lu le jour et la nuit avec une certaine obstination, tentant ainsi de négocier les attentes et les insomnies. Le jour, je relisais « Le réel et son double » de Clément Rosset, et la nuit, « Les enfants Tanner » de Robert Walser sur l’écran de mon téléphone réglé sur fond Continue reading il faut bien aussi qu’il y ait dans le monde des gens qui regardent

Les contes découpés d’Andersen

Les contes découpés d’Andersen

La dernière publication des éditions ION est une petite merveille et un fétiche parfait qui me permet de me souvenir comme Hans Christian Andersen m’est un auteur important, sûrement premier véritable grand écrivain que j’ai lu seul, bien meilleur dans le tragique que ces gothiques que j’aimerais à l’adolescence, et dont les histoires terriblement terrifiantes Continue reading Les contes découpés d’Andersen

Kuperman contre les Wonder Women

Kuperman contre les Wonder Women

[dropcap]N[/dropcap]athalie Kuperman me fait rire. Quand Céline m’avait tendu « Les raisons de mon crime » en me disant ça c’est bien, je me souviens d’avoir pensé « Kuperman, c’est comme Superman mais avec un K » et c’est tout. Ensuite, j’ai pris du plaisir dans « les raisons de mon crime », l’ai noté là et me suis dit que cette Kuperman Continue reading Kuperman contre les Wonder Women

Babylone Crevel

Babylone Crevel

Crevel écrit rococo, long poème qui s’emberlificote en volute, hésite à se faire roman. C’est beau et kitch comme un napperon délicatement posé sur une vieille TV, un peu poussiéreux, mais pas trop, moderne et s’éloignant déjà, loin. On peut avoir le goût des choses fanées. Comme moi peut-être, habitué aux écritures anciennes. On peut Continue reading Babylone Crevel

L’étreinte du serpent

L’étreinte du serpent

Vu hier soir un très beau film plus complexe qu’il n’y paraît. Fleuve-movie à la photo précieuse, L’étreinte du serpent est d’un onirisme subtil qui flirte à peine avec le fantastique. Évoquant sans ostentation, d’une larme,  Aguirre, la colère de Dieu pour les parages de la folie ou Apocalypse Now pour la secte déviante, le film se garde Continue reading L’étreinte du serpent

La vieille mère Hubbard et son chien

La vieille mère Hubbard et son chien

Ce matin, je vois passer l’adresse de konkykru.com sur Twitter. C’est une petite base de comics très anciens.  Je visite, et m’arrête sur cette page, qui parle d’une comptine illustrée du tout début du XIXe,  « Old Mother Hubbard », d’un certain Robert Branston… En deux secondes de recherche, je découvre que cette historiette n’est absolument pas de Continue reading La vieille mère Hubbard et son chien

Madame Apollon

Madame Apollon

À l’épuisement du XIXe, si Rachilde avait tenu la distance au long de son Monsieur Vénus et ne s’était pas rapidement perdue dans les convenances — qui s’occupe des convenances d’il y a un siècle et demi ? — elle serait entrée en littérature par une porte aussi haute qu’inédite. Explosant les conventions des genres, Continue reading Madame Apollon

Vertigo premier

Vertigo premier

Bien avant Alfred Hitchcock, un écrivain français associait le chignon et le vertige. C’est amusant, mais je n’en tire aucune conclusion. Il est hautement improbable que René Crevel partageât le bas fétichisme d’Hitchcock en la matière (mais le symbolisme, oui). Êtes-vous fous ?, Gallimard, 1929 : « Elle porte collier de visages en papier mâché, mais son chignon joue Continue reading Vertigo premier