Détresse visuelle

Le carnet de recherche d’Alain François

BD dans la ville (8)

Avant d’entamer cet ultime dimanche, le bilan de mon samedi marchand : Ais-je acheté quelque chose ? Oui, un parapluie…

Hier soir, nous ne sommes pas sortis. J’en parlerais peut-être en conclusion, mais c’est une étrange mélancolie qui accompagne mes pas sur les allées de ce Festival que j’aimais tant enfant, et que j’ai tant détesté plus tard. Et l’exercice double de cette année (un reportage, deux casquettes), est peut-être aussi une manière de me réconcilier avec mon enfance… Read More →

BD dans la ville (7)

Ce billet est celui du « vrai » festival. Aujourd’hui, on ne rigole plus ! Je vais me faire violence pour éviter de vous laisser cet arrière-goût trop « alternatif ». Et pour ça, remède radical, je vais plonger dans le pire : le samedi !
Car le samedi, c’est familial. Enfin, c’était, parce qu’il y a parfois des surprises.

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BD dans la ville (6)

Mon miroir est un traitre… et ce n’est pas une blague sur le nom du Président du festival… Le matin, quand mon reflet ressemble à « Claude Berri vieux », c’est un signe de bonne santé ! Il y a quelques jours, je me disais que j’allais aborder cet événement avec un certain détachement. Le prisme « labo » transformait toutes choses en sujet d’étude… C’était rassérénant d’une certaine manière… Mais je n’avais pas envisagé que « dans le cadre d’un labo », on pouvait très rapidement se retrouver rongeur ! Et maintenant, je me sens plus cobaye qu’autre chose… Après tout, je fais parti de l’événement, je le connais, je le parcours, et même si je m’en suis détaché il y a bien des années, je me plie encore à quelques-uns de ses étranges rituels. Read More →

BD dans la ville (5)

J’avais raison, je crois, de préférer ce jour d’avant… Le public n’est pas encore là, mais la journée a pourtant déjà été épique. Et je commence à comprendre que tenir une chronique de ces journées de festival ne sera pas de tout repos…
Aujourd’hui, le matin apporte une illustration de ce que j’énonçais dans le billet d’avant, sur le cloisonnement très sociologique du Festival. Première heure, petit déjeuné protocolaire avec la délégation coréenne.

Ensuite, les choses s’affolent. Je vais vous épargner une bonne part de mes tribulations. Si j’avais une 2e journée par journée, peut-être… J’ai croisé Sardon (le Tampographe) dans la rue. Je me demandais hier si j’allais le croiser. Je me demandais hier si on se reconnaitrait. On s’est reconnu, même si mentalement je n’arrive pas à renouer ce présent avec mes vieux souvenirs. Une bonne quinzaine d’années représente un fossé difficile à combler. Il a juste eu le temps de me signaler qu’il avait lu ce que j’avais écrit… Et ça m’a juste provoqué un petit frisson glacé, d’abord parce que je n’aurais pas imaginé qu’il lise ça, et si vite, et aussi parce que j’ai pris conscience que j’étais lu, et que si je suis toujours inattentif, je le suis particulièrement dans ces petits textes de fin de soirée qui sont écrits dans un évident état de fatigue… La honte quoi ! Read More →

BD dans la ville (4)

Voilà, ça y est, c’est là ! Comment ça, c’est là ? Mais le Festival ne commence que jeudi matin ? Oui oui, bien sur, mais aujourd’hui, les journalistes… ha ! les journalistes ! Et les exposants aussi, il faut bien qu’ils préparent l’ouverture, et donc les grands chapiteaux qui étaient encore si déserts hier encore sont maintenant habités par une population industrieuse…

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BD dans la ville (3)

Alors, c’est exactement ça, une chronique…

Aujourd’hui, je m’étais dit que ce serait un jour sans, que c’était inutile, puisqu’il n’y aurait pas plus à montrer aujourd’hui qu’hier ou avant-hier,  puisque tout commence officiellement jeudi matin… Et voilà, par obligation professionnelle, je viens d’arpenter quelques kilomètres de festival… et si la ville frémit à peine, à l’abri des regards, sous les chapiteaux et dans les salles d’expositions, ça commence à bouger ! Read More →

BD dans la ville (2)

Hum… Je me suis demandé si je devais partir si vite, sur un billet quotidien qui sera peut-être difficile à tenir les jours même du Festival. Mais après tout la chronique est une forme idéale pour faire sentir les choses, en particulier ici le contraste entre la vie tranquille, quasi monacale, d’une ville de province dans ces jours communs, et l’étrange effervescence d’un Festival inscrit dans l’espace urbain (j’allais dire « naturel » et non cantonné dans un « vulgaire hangar » comme l’Apple Expo, le Salon du Livre ou n’importe quel concert aujourd’hui. C’est un pari, d’une certaine manière, puisque cette année, je n’ai aucune raison de participer à ce Festival, et donc, je vais flâner et tenter de le regarder d’un œil, sinon neuf, au moins suffisamment détaché (extérieur ?) pour souligner ses « exotismes » potentiels. Read More →

BD dans la ville (1)

Le Festival international de la Bande dessinée d’Angoulême a lieu du 26 au 29 janvier 2012.

Lorsqu’un festival de la taille de celui-ci s’installe dans une petite ville de province perchée sur un éperon rocheux qui interdit toute expansion du centre historique, il doit se glisser dans les interstices d’un dense tissu urbain. Et il finira par remplir le moindre espace vacant… Une ville de 43 000 habitants va brusquement accueillir 200 000 visiteurs du monde entier pendant 4 jours…
Les structures pérennes, Centre Castro (anciennement Musée de la BD), le nouveau Musée de la BD, le Centre Saint-Martial, le Théâtre ou le Conservatoire, etc., ne suffisent pas à accueillir les espaces d’expositions, d’animations et les stands des éditeurs. De la même manière, il n’y a pas assez de chambres d’hôtel dans toute la région pour absorber cet afflux soudain. Il faut donc organiser l’hébergement payant chez l’habitant de ceux qui n’ont pas trouvé de chambre. Et ainsi, un véritable marché de loueur de chambres occasionnel s’est développé.
Puisque les bâtiments sont trop peu nombreux et trop petits (ou trop excentré), il faut fabriquer de toutes pièces des lieux à l’échelle de l’événement. Chaque année, les fêtes passées, les places de la ville sont accaparées par le montage des chapiteaux… Read More →

Bibliographie BD à l’usage des études visuelles

ausecourTentative de bibliographie BD évolutive orientée « études visuelles »… Cet article ne s’adresse pas aux gros lecteurs de BD, mais propose une sélection très arbitraire, puisque toute publication BD peut parfaitement prétendre à être sujet de recherche…

Version 10 / 8 février 2012 Read More →

Les pérégrinations d’un singe [complètement] à l’Ouest !

1378766344Pour l’étude des récits contemporains, il y a des références incontournables dans toutes les régions du monde. L’usage d’une « référence universelle » assure le scénariste ou le journaliste d’un effet de « connivence maximum » avec le public. Mais cet art de la version n’est jamais totalement universel et a des effets plus ou moins locaux puisqu’il dépend de la culture partagée d’une population donnée. Et puis il a les textes dits « universels », qui bizarrement le sont assez peu, c’est toujours un peu l’universel de chez nous, même si j’imagine que peu de gens dans le monde n’identifieraient pas la dernière version d’Alice, aussi célèbre à peu près partout grâce à Disney peut-être…

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Cette étouffante promiscuité stylistique

Ou le déni du dessinateur…
chas-addams-221x300Ce billet n’aurait pas existé si je n’avais pas observé pour la deuxième fois une toute petite chose discrète… En effet, rien n’est plus discret que l’omission… par définition. Et rien n’est plus difficile à prouver… par définition… Read More →

Naissance du divin robot

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astroC’est sans doute la période… mais j’avais envie de faire un petit cadeau à mes camarades cinéphiles, qui avec un sens du sacrifice admirable ne ratent aucun épisode des méca-machins moitiés rouillés qui se transforment à volonté… Non, pas ces Barbapapas remis il y a quelque temps au goût des bébés du jour, mais ces drôles de jouet-robots qui se transformaient en avion et camion au milieu des années 80 et qui vivent maintenant des aventures très bruyantes sur très grands écrans : les Transformers ! Read More →

Le Manga dans les marges de l’Histoire

Je suis partagé… J’ai acheté les deux gros volumes d’Une vie dans les Marges de Yoshihiro Tatsumi, édité chez Cornelius, parce que ça me semblait un témoignage incontournable sur une période charnière de l’histoire du Manga… Et maintenant que je l’ai lu…, je suis partagé… Read More →

L’affiche d’Art

6 décembre 2011, Beaubourg :

L’affiche du festival de la bande dessinée d’Angoulême 2012 est dévoilée à l’occasion de la conférence de presse traditionnelle qui « lance » cet événement. Autre tradition, cette affiche doit être réalisée par le président. Cette année, c’est le célèbre Art Spiegelman qui s’y colle.

La réalisation de l’affiche du vénérable Festival est en général une épreuve pour ce président d’une année. Se sentant investi d’une lourde responsabilité, les dessinateurs s’en trouvent souvent paralysé, et ont la plupart du temps la même stratégie : botter en touche en dessinant une affiche chorale évoquant le maximum de héros célèbres. Ils naviguent entre le désir naturel de tout auteur, se singulariser en inscrivant son style et ses personnages, et la mission de représenter (à tous les sens du terme) un genre et une profession entière… Read More →

Ma maison piège

Je ne sais plus exactement quand ce souvenir d’un vieux rêve d’enfance récurrent s’est progressivement mélangé avec l’un des plus beaux épisodes de « The Avengers » ( Chapeau melon et bottes de cuir S04 E23 — L’héritage diabolique ). Ce n’était pas un vrai mélange, pas une confusion, mais plutôt une association d’idées comme l’on range des choses cousines dans une boite en carton. Read More →

« L’invention de Gallica » de Jorge Luis Casares

C’était il y a quelques années, en 2006 je crois…

Nous terminions une longue nuit dans l’ancien appartement de Jean-Pierre Mourey. Et je ne sais plus comment la conversation avait échoué là, sur les œuvres de fiction qui nous ont imprégnées et après lesquelles on peut courir pendant des années. Et parmi mes chimères mémorielles, quelques-unes que je ressorts du placard à ce genre d’occasion, comme ce film de vikings que j’étais persuadé d’avoir vu enfant, et dont j’ai découvert que tant de scènes venaient de plusieurs films… et devant la complexité du collage, j’ai du me résoudre à ne jamais retrouver mes impressions d’enfant. Ou lorsque j’ai tenté d’ajuster mes souvenirs en feuilletant une bonne centaine de numéros du journal PIF, de ceux que mes parents avaient brûlés profitant d’une de mes absences d’adolescent, effaçant ainsi définitivement mon enfance. Car j’ai eu beau m’acharner sur les pages, 35 ans plus tard, jamais je ne m’y suis retrouvé. C’était bien le journal que j’achetais, dans les années où je l’achetais, mais les pages étaient à la fois familières et absolument nouvelles. Douleurs. Les souvenirs sont réinventions. Et c’est toujours plus que troublant de ne jamais se retrouver à l’endroit même qu’on identifiait comme chez soi. Read More →

Satyre médiatique [II]

[ A explorer, le pendant « populaire » de cette première approche par la culture bourgeoise : Le mythe de la corruption du peuple par le noble ou bourgeois dépravé, que l’on retrouve partout « La paysanne pervertie ou les dangers de la ville », de Rétif de la Bretonne]

Deux angles :

• La culture populaire

• Le roman social bourgeois

 

 

Satyre médiatique

faune1Dimanche 15 mai 2011,

Nous nous sommes réveillés dans un monde légèrement différent. C’est le propre des événements historiques, de modifier plus ou moins subtilement la qualité du réel.

Bien sûr, nous ne sommes pas en guerre, et donc notre vie quotidienne va rester ce qu’elle est encore quelque temps…

Malgré tout, il semble que beaucoup de gens ont perçu l’arrestation par la police américaine d’un hypothétique futur président de la République comme un tremblement conséquent du sol sur lequel ils pensaient construire les fondements de leur perception du monde. Read More →

Bondage français

Jeandel était un petit bourgeois d’une calme province française, né au milieu du XIXe siècle, discret comme il se doit, suffisamment cultivé, aspirant-artiste, passionné d’archéologie régionale, catholique de convenance, raisonnablement progressiste, plutôt gentil, et toute sa vie fidèle (selon les critères bourgeois de l’époque) à une femme bien plus jeune que lui… En résumé un homme du XIXe siècle sans histoire. Mais même les vies sans histoire ont parfois de l’ironie.

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Une étrange invitation à jouer

tonpaysJe ne suis pas sûr d’être la personne la plus qualifiée du monde pour parler de jeu en ligne… Je suis même une sorte de parfaite figure d’anti-joueur. Toute idée de jeu de société me fait fuir comme la peste !

Mais comme je ne veux pas vraiment parler de jeu, allons-y…

Non, pas sur les jeux en eux-mêmes, que je ne testerais pas, et donc ne pourrais commenter, mais je voudrais juste noter l’impression bizarre que j’ai eue lorsque certains d’entre eux m’ont été proposés dans la colonne de droite (sic!) de facebook… Non que je ne les avais pas déjà croisés à ce même emplacement, mais leur brusque apparition « en masse » m’a légèrement, mais très légèrement interloqué… Read More →

Le détail dans la publicité

Depuis environ deux ans, une campagne de publicité TV signée « Publicis Dialog » tente lentement d’éroder le capital prestige d’un grand acteur français : Jean Rochefort. La publicité se présente sous la forme de petits sketchs, qui mettent en scène un personnage récurent, Jean Rochefort donc, qui est allergique aux contraintes de toute sorte, et fini toujours par justifier ses caprices par le slogan de la marque « amaguiz.com » : « à ma guise ». Cet assureur avait déjà troublé la quiétude du petit monde du graphisme publicitaire en arborant un logo qui évoquait celui d’Amazon.com, et faisait même plus qu’évoquer celui d’un vendeur de matériel de golf en ligne, qui, pot de terre contre pot de fer et malgré son antériorité, dû changer de logo.  Il semble ensuite qu’un épisode de cette série publicitaire TV dans lequel Jean Rochefort y abandonne son animal domestique (un pogona, d’après une blogueuse) sur un coup de tête a provoqué quelques réactions indignées… D’ailleurs, en parlant d’animal abandonné, on pourrait imaginer que chaque épisode évoque vaguement la cinématographie de J. Rochefort… L’épisode de l’iguane faisant directement référence, par exemple, à son rôle de vétérinaire dans « Le bal des casse-pieds » d’Yves Robert. On imagine d’ailleurs que toute la série n’est que l’étrange revers de ce rôle, puisqu’il y campe un parfait « casse-pied »… Mais il faut bien payer sa retraite !

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Pourquoi Kubrick n’a pas inventé l’Ipad

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Voilà le truc, dans 2001 odyssée de l’espace, les astronautes utilisent des tablettes-écrans. En fait, des TV plates et portables. Et donc, bien sûr, ça cause, depuis que l’Ipad est sorti : Kubrick aurait encore une fois « bien anticipé ». Read More →

Divagation sur un balcon et ces pauvres gens qui ne se croisent plus…

[ Cet article était initialement sur le portail Culture Visuelle, et feu OWNI, éphémère et superbe expérience journalistique.]

Attention : page très légèrement, mais vraiment très légèrement  misanthrope…

Croyez-moi, le problème de tous ces gens numériquement connecté entre eux, c’est qu’ils ne se croisent plus, il n’y a plus de convivialité, plus de contact « humain », une véritable disparition du corps de l’autre !

Ben tient ! Donc, moi, connecté depuis 1998, je suis un monstre froid, un ours asocial, coincé dans une sorte d’hibernation perpétuelle… fasciné par un écran lumineux animé par une altérité cybernétique… Bien sûr ! Read More →