poésie

Brusquement

Je me suis souvenu. J’avais oublié, dans la scansion des jours égaux. J’avais oublié comment j’avais été seul, et comment j’avais aimé, un jour, me découvrir moins seul. Alors, puisque je me souviens, avant d’oublier encore, je devrais inscrire. Je pensais au roman, et même, même à la troisième personne. Et pourtant, comment espérer échapper Continue reading Brusquement

Dimanche 12 avril /1

Trouble, comme la boue dont on fait les golems. J’attends avec impatience que quelque chose me lave la tête, que l’horizon se dégage, que les larmes, comme la pluie, lavent l’atmosphère des scories empoisonnées. J’aime voir net les collines de l’horizon. Je me souviens d’en avoir peint, à l’adolescence, des idéales, pour une cousine de Continue reading Dimanche 12 avril /1

Condition

Condition

Quelle question Tenir ou ne pas Âme morte L’être en question Du temps sûrement L’essence déshabillée Que nous reste-t-il ? Effiloche Exaspère Vide aigre Détruire Enfin Quelle joie Délivre Chiale Joie dure

Et pourtant, je marche

Et pourtant, je marche

Des abîmes s’ouvrent derrière moi, à chacun de mes pas. Ça s’appelle le temps, je crois.

Le début, la fin

Le début, la fin

Je ne pourrais pas écrire maintenant. À chaque effort de concentration, la tristesse vrille les os de mon crâne.

Tête

Tête

Lorsque je reviens, Céline a peint une grosse tête de mort dans les chiottes. Je plaisante, la qualifie de « rock », mais non, elle n’est pas si rock que ça. Non. Une tête de mort.

Le monde est sale

Le monde est sale

Je suis sale du monde. Un vent, comme une tempête, s’est levé dans ma tête, un vent plus rapide qu’un ouragan, violent, envahissant tout, remplissant tout, et nettoyant ma vie des scories d’un passé trop encombré. Tout en fut vidé, et ne restait que ta présence, nue, enfin lisible, frêle et palpitante, que je pouvais Continue reading Le monde est sale

Reprise

Reprise

J’ai une réticence à lire très avant Pessoa. Je ne peux réprimer un sentiment bizarre, comme une petite réserve, devant cette absolue réussite de l’expression du mélange de duplicité et d’honnêteté d’une conscience. Juste derrière ma tête, une voix aussi intime que timide et même un peu honteuse, se demande ce qu’il me restera à Continue reading Reprise

Un jour indéfini, un vernissage m’ennuie, quelque part en France

Un jour indéfini, un vernissage m’ennuie, quelque part en France

Quoi de plus ennuyeux qu’un livre qu’on ne peut même pas feuilleter ? Un jour donc. Un soir plutôt, je reviens d’un vernissage. Le troisième en quatre ans. Vais plus à ces trucs-là. J’aurais peut-être pas dû y aller. Je suis maladivement timide. Je n’étais pas comme ça. Mais maintenant je le suis. Et voir ces Continue reading Un jour indéfini, un vernissage m’ennuie, quelque part en France