égotisme

Sagesse antique

Sagesse antique

J’ai compris, quand j’ai vu mon père s’atteler à des lectures en souffrance, qu’il voulait savoir ce qu’il y avait dedans avant de mourir. Geste esthétique, plus esthétique que philosophique ou spirituel, geste vain, vide, de contenance presque, il emportait un Romain ou un Grec ancien pour patienter pendant la chimio, assis sur ces gros fauteuils Continue reading Sagesse antique

Se contredire

Ceux qui écrivent en secret ne connaîtront jamais les voluptés du blog, de cette manière d’inscrire son temps mental sur une timeline numérique, d’en assumer l’indécence, oui, mais aussi les incohérences, les répétitions cycliques (on découvre ses mécanismes de répétions et d’oublie, ses cycles dépressifs saisonniers par exemple), et on doit y assumer sa capacité Continue reading Se contredire

Le paysage à l’instant

Sur l’île, devant elle, entre elle et moi, un filtre opaque, épais, trouble, d’un climat exotique. Je n’habite pas sous les tropiques, alors pourquoi cette impression qu’on peut toucher l’air, le mettre en bouteille, qu’il entre des interstices, des fenêtres ouvertes, des volets entrebâillés, comme une masse lourde et lente, qui avance, vient, inexorable, pour Continue reading Le paysage à l’instant

Le temps aujourd’hui

Impossible de savoir que nous sommes au cœur de l’été. L’air qui tombe de la fenêtre pour me rafraîchir le menton pourrait être de septembre ou octobre. Seul le niveau d’activité de la ville, anormalement bas, indique qu’il ne se passe pas quelque chose. L’Italie se dessèche et mes amis habitant au sud du pays Continue reading Le temps aujourd’hui

Oublier d’écrire

Ce que ça veut dire. S’en souvenir en lisant Archipel et Nord de Claude Simon. Parce que je repousse depuis des années la lecture des Géorgiques : « pas le temps ». Devoir accepter cette frustration, à la lecture des trois Vernon Subutex de Despentes. Cette cruelle absence. Ce malaise devant quelque chose comme une naïveté coupable. Continue reading Oublier d’écrire

La semaine dernière

La semaine dernière

Je me dressais en équilibre sur les pédales pour saisir les branches les plus basses des mûriers platane alignés sur la piste cyclable de la plage pour manger quelques-uns des fruits les plus noirs.

Devant moi

Devant moi

Devant moi, à trois mètres, un ouvrier démonte l’échafaudage, libre, sans protection, habillé de vêtement de travail en lambeaux, littéralement en lambeau : des filaments de textiles hirsutes pendent des poches retournées, comme le dernier des clochards. Il se penche vers moi, sans me regarder, pendant dans le vide, pour désolidariser l’échafaudage du mur. Ensuite, il Continue reading Devant moi

Zygoptère

Zygoptère

Hier après-midi, j’écris ici, et je suis alerté par un bruit derrière le rideau, à 10 cm de mon épaule droite… Je m’écarte, pensant à une guêpe prisonnière entre le textile et la fenêtre. Mais le bruit ne correspond pas. Je n’entends plus rien, et pense même avoir rêvé, quand ça reprend kzzzzzzz, kzzzzzzz, kzzzzzz, Continue reading Zygoptère

Rerefoule

Cette impression, en ce moment, de retour du refoulé. Ou de rattrapage… Bon, en attendant, c’est franchement n’importe quoi ce blog ! ça parle de quoi en fait ?

Par goût

Par goût, j’aime les extrêmes, les monochromes blanc, les monochromes noir, et tout ce qui les transgresse, perce, transpire, transparaît, apparaît, sali, suinte, expire, exaspère, éclabousse leur immaculée, autoritaire, austère radicale monochromatique unicité. J’aime quand le complexe subtil vient pervertir la pulsion mortifère, infantile et fasciste de pureté. Contre les constipations, j’aime la tension entre Continue reading Par goût

Vulcain

Vulcain

Ce matin, au réveil, je rentre dans le salon, m’approche de la fenêtre, l’ouvre, et vais m’écarter quand se pose un visiteur rare. Je suis surpris. Je croyais déjà habiter un monde sans eux. Un monde stérile. Je n’aurais pas le temps de le prendre correctement en photo. Il y a 40 ans, je les Continue reading Vulcain

Narcisse et Céphalée

Narcisse et Céphalée

[dropcap]L[/dropcap]es dessins de Marine Blandin sont beaux. Beaux et jubilatoires. Je crois que si je les aime tant, c’est aussi parce qu’à travers l’archéologie des références purement BD, j’y trouve aussi des évocations du dessin des expressionnistes allemands. Une dislocation chantante à la George Grosz, ou quelque chose comme ça. Enfin, c’est beau. Et c’est Continue reading Narcisse et Céphalée

En bas de chez moi, un homme souffre

Il vient d’inhaler une dose du produit qu’il utilise pour nettoyer l’immeuble. Des fenêtres, on conseille à son collègue affolé d’appeler les secours, et son patron… son patron rechigne, la conversation au téléphone dure, pendant que l’autre, au sol, souffre gémit, se tient le visage avec un pull… Les voisins se scandalisent de l’immobilisme, la Continue reading En bas de chez moi, un homme souffre

L’envie d’écrire

L’envie d’écrire me prend indépendamment du contexte. Depuis toujours. J’ai souvent cette gentille propension à confirmer la parano superstitieuse qui me susurre que j’ai toujours envie quand je ne peux pas, empêché par le temps, les tâches ou la fatigue… mais c’est faux. Il y a souvent des moments ou j’ai envie dans un joli vide devant, Continue reading L’envie d’écrire

ne pas parler d’hier

Effondrement. Combien de fois devrais-je me relever ? Cet îlot de légèreté, utopie qui n’advient que clandestin, qu’on ne perçoit que passé. Et ces jours noirs (instants noirs, de la chose qui t’échappe et se brise, effaçant des années de travail). Inattendu. La perte, l’humiliation d’avoir cru pouvoir retenir le sable entre ses doigts. Le sourire, Continue reading ne pas parler d’hier