flux

Lili morte,

Vivante, était la preuve qu’on peut être la plus riche du monde et la dernière des pauvres femmes qui ne se désennuie qu’à la vue de la micro-nouille flasque et malodorante d’un abruti pissant dans sa théière de porcelaine fine.

Cinéma mutique

Ces réalisateurs français, bien actuels, qui font des films quasi muets, avec des bruits de respirations, de mastications, de vaisselle qu’on pose sur la table ou dans l’évier… ils fréquentent pas la même humanité que moi.

Brouillons

Par un effort soutenu, j’avais réussi à réduire le nombre de brouillons, dans ce site, de 135 à 82… Mais voilà, c’est endiguer un fleuve, et me revoilà avec 93 brouillons… Malédiction !

Il fait beau

Je ne suis pas sûr d’écrire beaucoup. La confusion collective est à son comble. Difficile de trouver un îlot mental calme, tranquille, et un sujet autre que le danger extrême qui semble ne pas affoler.

Impression de voir l’une de ces scènes de films catastrophes, si agaçantes, où des personnages s’engueulent et perdent du temps alors qu’ils sont en danger de mort.

Souvent, je travaille tard.

Je travaille tard alors que l’âge m’use. Ce n’est pas une vertu, mais une angoisse, l’angoisse de ne pas avoir épuisé la journée. Comme si je n’avais pas fait quelque chose que j’aurais dû faire. Il semblerait facile de lâcher, de laisser le sommeil venir et de passer de l’autre côté, dans le jour suivant. Mais quelque chose me tient. Quelque chose de maladif, de douloureux, quelque chose qui s’accroche toute griffe dehors à quelque chose d’interne.

Et cette peur de la dernière tristesse, que j’espère noyer dans la dernière fatigue.

Et cette peur d’avoir gaspillé le jour, de ne rien y avoir fait de beau.

Ici

Sédimentation. Sur les réseaux, le flux. Ici s’arrêtent les choses, se déposent les scories d’une vie petite, comme toutes.

Toujours Hugo

“Si par hasard on découvrait un jour cette chose étrange que la vérité n’est pas imbécile, que l’esprit de compassion et de délivrance a du bon, que l’homme fort c’est l’homme droit, et que c’est la raison qui a raison !”

Essentiel du matin

Aujourd’hui j’ai dit…

« J’ai remarqué que si tu as les oreilles humides, tu crois que tes cheveux sont mouillés »

Reboot

Oser la métaphore geek : la grippe, c’est une forme de reboot. Au milieu du délire de la fièvre, cette envie saugrenue de noter cette maladie commune comme « expérience sensorielle ». Sauf que quand on pourrait décrire, on n’en a pas la force, et quand on retrouve doucement la force, le souvenir s’édulcore déjà. Je me souviens juste que c’était intéressant. Que j’ai écrit des phrases, je crois, comme quand on pense tenir une idée dans la nuit ou l’alcool, ou les deux.

Mes lectures de malade ?

(Devrais pas me plaindre. Je commence une année sans excès de bouche, et même par un régime drastique. L’inconvénient : je vais avoir envie de faire la fête alors qu’ils sont tous sur les rotules.)

Donc, mes lectures de chevet…

Hésitation

Je tente ce matin, car la tête a de l’avance sur le corps. Mais à la première lettre, la tête dodeline comme savent le faire les hindous. Mais je doute que ça leur file la nausée.

Saleté de “grippe de Noël”.

Tentative foireuse. Retour au mode zombie.

Nos stratégies fatales

Je vois passer une photographie d’une performance de très mauvais goût… Ce n’était pas une performance, mais le cadavre de l’ambassadeur russe en Turquie.

Il y a quelque chose de funeste qui flotte partout, sur la surface contaminée de cette planète, à l’altitude même de nos cerveaux.

Hier demain

Hier était une fin du monde. Est-ce l’âge qui fait qu’au lieu de sombrer, je me relance vers autre chose où la même chose renouvelée ? Je ne sais pas. Je sens que je pourrais me laisser aller au désespoir, mais bah, plutôt foncer et construire (re-construire) avec entêtement et acharnement. Que pouvons-nous faire d’autre contre l’érosion de tout ?

plumeau

Donc, il y eu bien une très longue ère où la poule géante dominait le monde…

Pas de quoi être fier de notre éphémère domination. Des poules géantes ont tenu 165 millions d’années…

gris

Je n’aime pas quand il fait nuit même en plein jour.

Plus exact : cette impression que le jour peine à se lever, laborieux, qu’il n’y arrivera pas, qu’il va retourner à la nuit sans s’ouvrir.

Qu’on devra attendre un autre jour pour voir le jour.

Vélo

Temps superbe, juste ce qu’il faut de fraîcheur, lumière thérapeutique, vélo, ressortir le vélo, et confirmer le retour au dynamisme, corps élastique, débit de parole sec et rapide, avec un léger énervement d’avoir été si éteint depuis juillet.

Réunion de travail, résoudre une petite expo, trouver des choses, de belles choses, rire, respirer.

S’insurger aussi. Toujours bon signe, le retour des paroles hautes.

L’horizon

Je ne sais pas vivre sans horizon. Je crois que ce qui s’est produit, en juillet, c’est exactement ça, la perte de l’horizon, et donc, l’arrêt programmé de tous les processus mentaux non alloués à la survie du corps. Le laissé aller, simplement, et tu le sais rapidement, quand ton bide s’arrondit des saletés chocolatées que t’ingurgites… Je parle parfois de moteur esthétique, cette tension libidinale qui te fait apprécier la forme et brise l’indifférence. Cette chose est fragile. La fatigue l’use, mais aussi l’humeur. Tu peux perdre ça, et même toute envie de faire quoi que ce soit de bien.

Mais depuis hier, timide, prudent, le début de quelque chose…

simplicité

C’est fascinant comme de si nombreux malentendus tiennent à la confusion entre être et avoir.

Tu parles être, l’autre entend avoir…

Fatras

Je pensais quoi, tout à l’heure, avant de me perdre dans cette journée ?

Ha, je lisais Tulipe avec délectation…

Oui, mais avant ? Avant, je pensais encore à cette histoire d’image… Et quoi ? Je ne sais plus… Sur la nature dialectique de tout, sur la manière dont les essentialistes nient cette nature-là, et donc ne comprennent jamais rien à rien, et surtout pas aux conséquences de leurs actes…

Non, ce n’était pas ça…

Les médias sont à la fois essentialistes, s’imaginant libres de tout crime, et pourtant persuadés, par superstition, qu’ils ont le pouvoir d’influencer la pensée « des gens » (les autres qu’eux). Tout est faux. Ils sont responsables, comme nous tous, mais un peu plus par le fait qu’ils parlent plus fort et plus haut. Et ils influencent les gens, oui, mais pas comme ils le voudraient, et même souvent à l’inverse de leur désir, car dès qu’on émet un message, on obtient plus souvent répulsion qu’adhésion (valable pour la communication, toujours clivante. Les publicitaires omettent soigneusement d’évoquer tous les clients qu’ils font perdre aux annonceurs).

Penser

Penser, c’est tenter de savoir. Tu ne penses pas sans passer par la connaissance, par une tentative de connaissance. Voilà pourquoi. Pourquoi quoi ? Pourquoi personne ne pense ça, le moment présent. Pas documenté.

Notre monde ? Parcouru de fantasmes, mais pour quelle connaissance ?

Alors quoi ? Abdiquer devant la déferlante ?

Esquisse. Tenter. Début :

Il y a quelque temps, je consultais une carte, quelque part. je la recherche et la retrouve.

Principaux-flux-petroliers-dans-le-monde-en-2005_large_carte

Elle date un peu, mais je ne pense pas que les choses aient évolué beaucoup. Aujourd’hui, je la regarde en lui demandant de m’expliquer quelque chose. Je voudrais qu’elle me parle, qu’elle m’explique ce que nous vivons.

Je pense qu’il y a des dealers et des drogués, que croire que les drogués ont plus de pouvoir que les dealers est d’une immense connerie. Donc, le pouvoir est à l’origine de ces flux. Qu’il suffit au dealer de fermer un robinet pour qu’à l’autre bout, tout s’arrête ! Et que l’ordre du monde est là, sous mes yeux,  très au-delà des lectures partisanes, des opinions, des éructations des uns et des autres.

Et là, aujourd’hui, en la regardant, je vois, je vois un lieu du monde, un gros drogué, qui pour ne pas être dépendant, à une stratégie, et elle se voit là, cette stratégie : tant qu’à être dépendants, les USA décident de l’être d’un maximum de dealers, en limitant la dépendance à chacun d’entre eux.

Et je vois ? Je vois que l’Europe n’a aucune stratégie. L’Europe est une conne dépendante, qui ne pourra jamais dire non ni au Moyen-Orient, ni à Poutine.

Je vis dans une zone conne, sans stratégie, une zone droguée sous influence. Une zone victime de sa propre addiction au pétrole.

Monde

Ceux qui ont tout gaspillent tout.

Point de vue

Petit tour de vélo pour constater que le temps orageux excite à mort l’infernale armada de poids lourds et de bagnoles. Pour le français motorisé, c’est « après moi la pénurie ! ». Et pour moi, vous êtes tous des fous dangereux.

D

L’écriture est une forme de Goliath.

triste

Nos dirigeants sont incompétents, vaniteux et largement manipulés. Pas franchement de raison d’être fier… Ni nous, ni eux.

out

J’arrive plus à écrire.