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Côte ouest (de la France), vélo, smartphone & réminiscences

De temps en temps, par souci de légèreté, j’utilise encore le smartphone comme appareil photo. Pour faire des photographies « volées », sans s’arrêter de rouler à vélo par exemple, le smartphone est idéal. J’ai appris à anticiper, à le tenir [presque toujours] droit, et à déclencher d’un frôlement de doigt ou grâce au bouton sur le côté.

Même s’il y a maintenant une saleté dans son optique gadget qui produit une petite tâche sombre, son usage me permet de jouer avec les filtres et avec les réminiscences qu’ils provoquent. Comme, par exemple, évoquer cette petite photographie de ma grand-mère (à gauche) pendant une promenade à vélo prise par mon grand-père paternel à l’époque de leur rencontre. Je construis ainsi un étrange pont temporel entre deux époques lointaines, entre persistance des formes, pratique de la photo souvenir/romantisme intact de la promenade à vélo, et gouffres générationnel et technologique…

Avec un filtre numérique noir et blanc crachouilleux (modifié et amélioré selon mon goût : un peu plus dur que les photos de mon grand-père)), imitant les aléas techniques du matériel bas de gamme des années 40 et des tirages papier minuscules, je ramène un petit reportage troublant d’une promenade sur une piste cyclable parfaitement contemporaine glissant au bord de l’océan Atlantique (environs de La Rochelle).

Petit surplus de trouble temporel parfaitement inattendu :  la découverte au bord de la piste d’une collection de jolies petites villas modernistes toutes neuves jouant leurs propres jeux de réminiscences, entre les années 20 de Mallet-Stevens, le modernisme californien, où même la parodie de « Mon oncle » de Jacques Tati…

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Calligraphique, chorégraphique, ésotérique Rojer Féghali

Une nouvelle série de portraits photographiques de Rojer Féghali, jeune artiste Libanais, peintre, collagiste et graveur, qui aime tout mélanger et est toujours prêt pour la fête !

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Son blog :

http://rojerfeghali.blogspot.fr

 

Les archives des apparitions précédentes de Rojer Féghali sur mes photos :

http://romanticiphone.tumblr.com/tagged/Rojer-Féghali

http://littleasia169.tumblr.com/tagged/Rojer-Féghali

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Somptueux tarot de Marseille

Ce matin est arrivé le colis des exemplaires d’auteur du tarot de Marseille que Céline Guichard a réalisé pour l’éditeur tout aussi marseillais « Le dernier cri ».

Pour ce tarot portfolio, Céline Guichard aurait pu choisir de s’approprier totalement l’exercice, de le moderniser à outrance, de le dévoyer et l’embarquer loin… Mais elle a préféré respecter la tradition pour dessiner les véritables arcanes majeurs, celles qu’on utilise pour la divination, tout en distillant discrètement ses codes habituels. Le résultat est superbe, déjà, et étonnant, évoquant à la fois les lames traditionnelles, l’imagerie d’Épinal, et rénovant la symbolique implicite et souvent très incertaine des figures ancestrales.

Entre interprétation classique et réinterprétation, le dépoussiérage guichardien est à l’image de ses travaux habituels : humoristique et explicite. Ainsi, l’érection du pendu dépasse de son slip, l’étoile tire la langue, l’amoureux présente un trio homosexuel, on devine ce que fait la papesse sous son livre… etc. De quoi observer, découvrir, et provoquer une nouvelle vague d’exégèses !

Tiré à 500 exemplaires en offset 6 passages couleurs directes, il est en vente chez l’éditeur, ici : http://www.lederniercri.org/prod/celine-guichard-tarot-de-mars-1246,new.html

Diabolique Roman Muradov

Hier j’ai accompagné Kathrine Avraam qui voulait rencontrer Roman Muradov, un jeune auteur qu’elle avait cité dans un mémoire de M1 sur l’abstraction narrative, l’année passée.

Comme je ne suis pas l’actualité BD, je ne savais rien de ce jeune illustrateur russe qui a déjà une solide notoriété. J’ai fait quelques photos et il m’a offert son fanzine. Un exemplaire de “Yellow Zine N°6” :

Qu’un type édité et largement distribué s’astreigne encore à l’autoédition est plutôt le signe d’une bonne mentalité. Je ne le connaissais pas et donc je n’ai toujours pas lu son livre « Aujourd’hui Demain Hier » qui a eu très bonne presse, mais j’ai jeté un oeil sur les travaux en cours, et il est évident que Roman est d’une habileté diabolique, habileté qu’il nourrit d’une très solide culture visuelle et un sens aigu du décoratif. Il joue avec une dextérité presque insolente avec les codes esthétiques des avant-gardes, de la culture populaire russe et du graphisme de presse des années 50 et 60. Il semble avoir tous les talents : sens de la composition, du détail, subtilités chromatiques, maîtrise des accidents… Incroyable ! Et on dit qu’il a, en plus, des qualités d’écriture ! Hum… On peut donc vendre son âme au diable ?

Son tumblr : http://bluebed.tumblr.com

 

Pink Pieles

Vu ce soir, “Pieles”, le conte rose-bonbon d’Eduardo Casanova, jeune réalisateur espagnol. Ce n’est pas un grand film, mais encore une « première œuvre curieuse » et déjà un amusement. En espérant qu’il confirme, car oui, les réalisateurs finissent mal, en général…

À suivre. Et d’ailleurs, facile à suivre sur Instagram :

 

Alfred Kubin, victime de la dictature de la réception

Juste avant la tornade de paranoïa collective qui s’est abattue sur les campagnes [électorales] de mon petit pays, je pensais à quoi, déjà ? Ha oui, je venais d’extraire de ma bibliothèque et reparcourir trois petits fascicules d’Alfred Kubin, le dessinateur autrichien, édités par Allia en 2007 : « Le cabinet de curiosité », « le travail du dessinateur » et « ma vie ». Je me suis rendu compte que je n’avais pas vraiment lu « ma vie », donc « sa » vie.

Je ne peux pas dire que j’ai une passion particulière pour Alfred Kubin, dessinateur que je classais instinctivement comme « symboliste tardif », ou pour être plus indulgent, coincé entre “symboliste tardif” et “précurseur du surréalisme”… Un artiste de transition en quelque sorte, coincé entre deux époques, coincé entre deux siècles… La lecture de sa vie, texte rapide mais informatif, m’a permis de préciser mon jugement et m’a, du même coup, provoqué quelques réflexions d’ordre plus générales. Read More →

Érotisation du regard

Je tente de faire une photographie modeste, simple, en empathie avec le sujet, dont la dialectique complexe joue fluide, non conflictuelle, avec ce qu’il faut d’hasardeux pour garder le jeu ouvert.

Pas de politique

Je ne discute pas de politique sur les réseaux sociaux. J’y publie des photographies qui sont des messages muets, abscons, indéchiffrables, signifiants seulement pour moi, mais qui gardent toujours en eux l’espoir d’être lu.

Je voudrais que certains de mes posts disent quelque chose de précis, ou plutôt se présente comme un indice discret d’une vérité universelle. Je voudrais, c’est idiot, que naisse une étincelle dans le cerveau d’un autre, que cet autre regarde et comprenne que je parle de la distance relative entre les choses et nous. Que si je poste quelque chose de ma vie, à contretemps du temps collectif, c’est pour dire quelque chose de précis.

 

Zofia Rydet chez ma mère

Repas de famille chez ma mère.

Depuis la mort de mon père, ma mère vit seule dans le pavillon construit en 1970. Originellement, la partie habitable de la maison était au premier étage, au-dessus d’un « sous-sol » comme ça se faisait à l’époque. Depuis très longtemps, le sous-sol a été aménagé, progressivement, et devient le lieu d’accueil de la vie sociale et familiale, et une pièce assez sombre, au fond, percé par une unique petite fenêtre, est devenu la salle à manger.

Hier, pendant un repas familial, les « petits », Anna, l’une de mes nièces et son mec, Maxime, me disent qu’ils ont vu et apprécié une exposition de photographie, à Tours… Une exposition de Zofia Rydet. Nous regardons ensemble sur mon smartphone les photographies de Zofia Rydet qui cumulent les qualités autant esthétiques qu’ethnographiques… Je les regarde et dis « vous voulez que je fasse une photo de Zofia Rydet ? » et tendant le smartphone, je prends le bout de la tablée en photo. Maxime, regardant autour de lui, dit « Hum… c’est vrai que ça peut le faire ici… » et Anna confirme. En effet, on ne fait plus attention au décor, mais il est exotique.

 

Un portrait non crédité

L’un de mes portraits de Jorj Abou Mhaya illustre un article d’un magazine culturel, mais malheureusement sans les crédits. Chose qui devient très courante dans la presse. Et je ne suis pas non plus très convaincu par le maquettiste qui a laissé le sous-titre se perdre dans la moustache de Jorj…

Sur Photos de famille d’Anne-Marie Garat

J’ai tenté de lire « Photos de famille » d’Anne-Marie Garat. J’ai tenté de le lire par acquit de conscience, parce que ça semblait normal, dans ce sujet qui m’était donné… Et je suppose que ce n’est pas un mauvais livre, mais je n’ai pas réussi à aller bien loin, et je ne suis pas sûr de savoir exactement pourquoi. Pour un ensemble de choses, je suppose. Peut-être à cause même de la pertinence de son approche, qui fait qu’elle semble re-dire « ce que nous savons tous » ?

Je pourrais bien critiquer son écriture, mais pour être sérieux justement, je crois surtout qu’il y a une réticence à la sublimation. Lorsqu’une chose est simple, substantiellement simple, il est dangereux de la sublimer, et l’écart entre sublimation et manière est infime. D’où, peut-être, cette impression désagréable de dilution dans une manière littéraire d’un sujet à la fois simple, infiniment simple, anthropologiquement simple (audace comique), et d’une infinie profondeur.

Bien sûr, les humains ont toujours décoré la mort, mais le décor de l’un est le ridicule de l’autre. L’accumulation d’ekphrasis à laquelle condamne le sujet, litanie assommante, discours décoré, provoque un ennui certain et contredit le sombre silence des clichés choisis en illustration. Malgré l’effort littéraire certain, les mots restent très en deçà de la force négative des photographies. L’impression d’un pépiement superficiel d’étincelle autour d’un trou noir qui finira par tout absorber. La solennité des portraits anciens finit toujours par absorber toute lumière et enfin, gagner le silence.

Voilà qui n’est pas de bon augure pour la suite de mon enquête…

(Se souvenir : observer les rituels et ne pas les noyer de mots)

Petite remarque

Note que, quand on feuillette des décennies d’exemplaires d’un magazine, on finit par avoir l’impression de toujours voir la même illustration de couverture, avec juste par moment des ruptures, comme quand le périodique passe à la photo.

Encore un exemple de cohérence esthétique d’un espace et d’un temps.

Le garçon dans l’arbre

Cet été, j’ai brassé une bonne part des photos anciennes de Paul François, mon grand-père paternel, et ceci sans croiser une seule « femme dans un arbre », mais juste cet adolescent que je ne suis pas sûr d’identifier. Est-ce l’un de mes oncles sur cet audacieux contre-jour des années 50 ?

dans-les-arbres

Une fille dans un arbre

On ne voit que ce que l’on connaît déjà. C’est ainsi que nous sommes tous aveugles. Et c’est comme ça que lorsque nous découvrons quelque chose (un objet, un auteur, un type d’image, un concept..) que nous ne connaissions pas, nous le voyons brusquement partout. On pourrait réécrire l’histoire du monde sous cet angle, mais je vais me contenter de ce que j’avais prévu : un court billet sur ce petit livre allemand de photographies de femmes perchées dans des arbres que m’a prêté Mai Li Bernard la semaine dernière.

Et en découvrant cette étrange collection, mon premier réflexe a été de penser que je n’en avais jamais vu… Où plutôt, que je n’en avais pas « détecté le genre », lors de ma folle tentative pour écrire une taxonomie des images voguant sur le réseau Tumblr.

Ici :

Tumblr, la sédimentation d’un imaginaire commun. 1 / Introduction
Tumblr, la sédimentation d’un imaginaire commun. 2 / construction de la machine
Tumblr, la sédimentation d’un imaginaire commun. 3 / lectures
Tumblr, la sédimentation d’un imaginaire commun. 4 / subjectivité
Tumblr, média social. 1 / approche expérimentale / introduction Read More →

Mémo

Les photographies disent : « ce n’est pas l’objet qui est beau, mais mon regard sur lui ».

Une passion familiale : Les photos de Paul (1)

Pour débuter mon exploration de la photographie familiale, une première sélection de photos de la fin des années 40 au début des années 70 (presque jamais datées ni annotées) de mon grand-père paternel, Paul François, orphelin, garçon de ferme, bûcheron,  zouave, mineur raté, livreur de lait, croque-mort, plombier, graveur de plaques mortuaires, mélangeur de peinture, vendeur de clefs à molette, réparateur de truc, etc., etc., et amateur de photos (approximativement) carrés bien avant Instagram.

Les photographies de Paul François sont et restent des photographies familiales. Je reviendrais plus tard sur le sujet. Mais on peut déjà noter qu’il est difficile parfois de savoir qui a fait la photo, car c’est une photographie [paradoxalement] “sans auteur”. Ce qui compte ici est de saisir un moment, peu importe que l’appareil soit tenu par le possesseur de l’appareil, par sa femme, un enfant, un ami, ou une branche judicieusement placée… C’est une pratique modeste et privée qui n’a de lien avec un contexte culturel plus large que par une évidente tension esthétique plus ou moins maîtrisée. Read More →

bienveillant

Fabrice me lance « on voit que tu es bienveillant avec les gens que tu prends en photo »

Je réponds « c’est eux qui sont bienveillants ! Et c’est très agréable ! »

 

La guerre de Käthi

Toute photographie est un sphinx. Devant une photographie non informée, nous sommes désemparé, ne sachant quelle relation établir avec ce morceau de papier inerte.

Cet été malheureux, Je fouille, brasse et trie une masse de photographies anciennes. La seule chose que je sais, c’est qu’elles appartenaient à mes grand-parents paternels, et que si ces clichés anciens ont été conservés, c’est que pour eux, chaque photographie signifiait quelque chose. D’ailleurs, une bonne part des photographies étaient disposées dans deux petits meubes à tiroir de chaque côté du fauteuil de mon grand-père. Ce qui indiquerait qu’il les consultait encore peu de temps avant sa mort, il y a maintenant 4 ans. Il relisait sa vie, égrainant pour lui seul le chapelet des évocations. Pour lui seul, car personne de mes générations n’avaient vu la plupart de ces photographies. Ce qui, je dois l’avouer, me chagrine. Je ne connaissais pas l’apparence du père de ma grand-mère, par exemple. Read More →

La guerre de Ludwig

Donc, Ludwig habitait le Reichsland Elsaß-Lothringen. Pendant la Première Guerre mondiale, il était allemand. On me racontait qu’il avait été blessé (au centre sur la photo de groupe d’un hôpital militaire de Sarrebruck), qu’il avait « failli perdre une jambe », ce qui ne se voit pas, qu’il serait « rentré à pied sans prévenir », s’appuyant sur un bâton, et qu’il jetait des cailloux aux fenêtres de mon arrière grand-mère pour signaler son retour. Il y avait aussi des histoires de camp de prisonniers, mais mes souvenirs sont trop flous. Pas simple de retrouver une chronologie cohérente entre photographie et mythologie familiale.

Ce qui est étrange, pour moi, c’est de découvrir maintenant ces images, d’y trouver confirmation des histoires contées pendant les repas familiaux, mais de devoir réajuster le personnage que je m’étais construit. Pour moi, ce grand grand-père était une figure de bon vivant, un énergumène qui faisait tout le temps des blagues, voire de très grosses blagues. On me racontait des histoires de charrette de fumier démontée et remontée au faîte d’un toit alsacien, de vendange et vin clandestin, et je découvre un gars facilement reconnaissable, car quel que soit son âge, il a toujours la même expression fermée sur toutes les photos. Un gars sec, au visage austère, qu’on n’imagine pas vraiment drôle.

Argentine 2

Encore l’un de mes portraits d’Ariel López V sur un site argentin :
ariel

http://blogs.pagina12.com.ar/revistafierro/2016/08/03/entrevista-a-ariel-lopez-v/

Anonymes

Noter au passage qu’il est très difficile de retrouver les auteurs des couvertures de ces  “le livre de poche”… Les collectionneurs, sur les forums arrivent péniblement à identifier quelques peintres et illustrateurs, comme Fontanarosa, Jacques Thevenet, J.C.Forest, Beuville, Franette Guérin, mais butent sur des signatures « Roederer » (Claude ?) où « F.M.». Incroyable qu’on ne sache toujours pas le nom de ces artistes dont les images ont été diffusées par millions !

Il y a quand même un nom qui sort du lot, mais ce n’est ni un peintre ni un illustrateur, mais un graphiste prolifique : Pierre Faucheux, dont les collages hantent nos bibliothèques :

Pierre Faucheux

 

Argentine

Même si je ne suis pas trop d’humeur, je note rapidement ici le signalement d’Ariel Lopez V. qui a transmis l’une de mes photos pour illustrer un article sur lui :

 

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Ce que dit Albert-Kahn en Open data

J’ai toujours éprouvé une certaine fascination pour l’exemplaire Albert Kahn. Son projet, au-delà de la philanthropie et de l’humanisme affiché, semble démontrer qu’il ressentait très puissamment le pouvoir de la photographie, sa capacité à provoquer une mélancolie dont l’objet n’a pourtant aucun lien biographique avec nous.

Aujourd’hui (14 juin 2016), un ami facebook partage un lien sur le site de la fondation :

Je vais voir, et découvre avec satisfaction la géolocalisation des clichés : Read More →