graphisme

Les deux vies de Mikhaïl Mikhaïlovitch Tsekhanovski

En cherchant des renseignements sur les auteurs de la « librairie des écrivains« , je découvre par hasard les travaux graphiques de Mikhaïl Mikhaïlovitch Tsekhanovski ( Михаи́л Миха́йлович Цехано́вский ), un artiste russe né en 1889 et mort quelques jours avant ma naissance.

Réalisateur et animateur ayant participé au modernisme soviétique dans les années 20, il a aussi produit des affiches, des illustrations et des graphismes d’une grande clarté formelle, moins austères que nombre de ses amis plus radicaux des avant-gardes, et d’une simplicité qui les rend étonnamment actuels.

1926 :

Dans les années 40, son esthétique première, entre avant-garde (structure géométrique) et art populaire russe (imitation des silhouettes en papier découpé), se perd dans un calque des productions Disney, qui semble maintenant plus daté que les productions antérieures. Paradoxe de l’Histoire.

Je vois dans cette évolution stylistique de Mikhaïl Mikhaïlovitch Tsekhanovski, peut-être est-ce un abus de ma part, l’illustration du virage réactionnaire qui suivit l’instrumentalisation des avant-gardes par le régime soviétique.

Mais sa « première époque » est vraiment à la fois d’une synthèse épatante et d’une grande fraîcheur visuelle !

 

Un film de 1929

 

 

Feuilleter Minchō #13

Céline Guichard a reçu Minchō N°13 par la poste. Elle avait été sollicitée par ce magazine espagnol qui voulait publier un article de Mara Gonzales sur trois artistes, dont elle : « The abject and its power in the work of Aleksandra Waliszewska, Céline Guichard and Maria Melero ».

Les pages sur Céline Guichard :

 

Minchō | Illustration and Graphic Arts Magazine

Mincho 13 couverture de Javier Sáez Castán

L’envoi me permet de découvrir une revue de graphisme et illustration espagnol très soignée, entièrement en anglais, je suppose pour des raisons de diffusion, avec ce dossier, donc, sur Aleksandra Waliszewska, Céline Guichard et Maria Melero.

Mais aussi, une couverture de Javier Sáez Castán, et des articles sur Daniel Johnston, Joan Sfar, Charles fréger, Javier Olivares, etc.

La revue est remarquablement bien imprimée sur un papier mat très blanc, très neutre, qui dessert à peine les photos, mais magnifie les dessins, et en particulier les à-plats noirs. Une belle revue de dessin, donc !

 

ARISTIDE N°2

Aristide est un graphzine helvète qui a de la tenue. Imprimé en bichromie (bleu et rouge pour le Nº 1, et… gris bleuté sombre et kaki pour ce Nº 2… Chaque Nº est thématique. Le premier était sur « la distance », ce second, les artistes devaient illustrer « la peur », ce qui donne des résultats surprenants, puisque la peur est hautement subjective. 

D’un format haut, assez élégant de 16X24 cm, la revue présente 4 pages de texte avant 34 pages de dessins contemporains.

Céline Guichard participe à ce numéro

http://aristide.tictail.com/product/fanzine-aristide-n2

Tarot de Céline Guichard

Somptueux tarot de Marseille

Ce matin est arrivé le colis des exemplaires d’auteur du tarot de Marseille que Céline Guichard a réalisé pour l’éditeur tout aussi marseillais « Le dernier cri ».

Pour ce tarot portfolio, Céline Guichard aurait pu choisir de s’approprier totalement l’exercice, de le moderniser à outrance, de le dévoyer et l’embarquer loin… Mais elle a préféré respecter la tradition pour dessiner les véritables arcanes majeurs, celles qu’on utilise pour la divination, tout en distillant discrètement ses codes habituels. Le résultat est superbe, déjà, et étonnant, évoquant à la fois les lames traditionnelles, l’imagerie d’Épinal, et rénovant la symbolique implicite et souvent très incertaine des figures ancestrales.

Entre interprétation classique et réinterprétation, le dépoussiérage guichardien est à l’image de ses travaux habituels : humoristique et explicite. Ainsi, l’érection du pendu dépasse de son slip, l’étoile tire la langue, l’amoureux présente un trio homosexuel, on devine ce que fait la papesse sous son livre… etc. De quoi observer, découvrir, et provoquer une nouvelle vague d’exégèses !

Tiré à 500 exemplaires en offset 6 passages couleurs directes, il est en vente chez l’éditeur, ici : http://www.lederniercri.org/prod/celine-guichard-tarot-de-mars-1246,new.html

Diabolique Roman Muradov

Hier j’ai accompagné Kathrine Avraam qui voulait rencontrer Roman Muradov, un jeune auteur qu’elle avait cité dans un mémoire de M1 sur l’abstraction narrative, l’année passée.

Comme je ne suis pas l’actualité BD, je ne savais rien de ce jeune illustrateur russe qui a déjà une solide notoriété. J’ai fait quelques photos et il m’a offert son fanzine. Un exemplaire de « Yellow Zine N°6 » :

Qu’un type édité et largement distribué s’astreigne encore à l’autoédition est plutôt le signe d’une bonne mentalité. Je ne le connaissais pas et donc je n’ai toujours pas lu son livre « Aujourd’hui Demain Hier » qui a eu très bonne presse, mais j’ai jeté un oeil sur les travaux en cours, et il est évident que Roman est d’une habileté diabolique, habileté qu’il nourrit d’une très solide culture visuelle et un sens aigu du décoratif. Il joue avec une dextérité presque insolente avec les codes esthétiques des avant-gardes, de la culture populaire russe et du graphisme de presse des années 50 et 60. Il semble avoir tous les talents : sens de la composition, du détail, subtilités chromatiques, maîtrise des accidents… Incroyable ! Et on dit qu’il a, en plus, des qualités d’écriture ! Hum… On peut donc vendre son âme au diable ?

Son tumblr : http://bluebed.tumblr.com

 

Making Space avec Andy Leuenberger

J’aime le dessin mais aussi le graphisme, et je marque ainsi que souvent le dessin et le graphisme ont des tentions visuelles opposées. Voilà « Making Space » un petit livret A5 à l’italienne rouge noir et blanc, qui explose dès la couverture.

Andy Leuenberger est un graphiste, illustrateur et cartooniste allemand. « Making Space » est un petit catalogue d’explosion graphique, à la limite du clip-art, où plutôt s’amusant de ce cousinage, et donc, créant littéralement de l’espace à coup de formes géométriques hyperdynamiques évoquant explosion, lumière, gaz. C’est efficace, drôle, beau.

Seul bémol, le papier un peu léger et pas assez opaque. Pourtant, l’objet en est déjà à son second tirage.

Petite remarque

Note que, quand on feuillette des décennies d’exemplaires d’un magazine, on finit par avoir l’impression de toujours voir la même illustration de couverture, avec juste par moment des ruptures, comme quand le périodique passe à la photo.

Encore un exemple de cohérence esthétique d’un espace et d’un temps.

Anonymes

Noter au passage qu’il est très difficile de retrouver les auteurs des couvertures de ces  « le livre de poche »… Les collectionneurs, sur les forums arrivent péniblement à identifier quelques peintres et illustrateurs, comme Fontanarosa, Jacques Thevenet, J.C.Forest, Beuville, Franette Guérin, mais butent sur des signatures « Roederer » (Claude ?) où « F.M.». Incroyable qu’on ne sache toujours pas le nom de ces artistes dont les images ont été diffusées par millions !

Il y a quand même un nom qui sort du lot, mais ce n’est ni un peintre ni un illustrateur, mais un graphiste prolifique : Pierre Faucheux, dont les collages hantent nos bibliothèques :

Pierre Faucheux

 

Löpçük #03

Löpçük est un fanzine turc de format A4 et j’adore ce zine alors que je ne sais foutre pas de quoi il parle ! Puisque je ne lis pas le Turc… Pourtant, je crois que c’est peut-être la dernière revue  honnêtement punk du monde, avec son papier jaune qui gratte, limite verdâtre, qui tourne à l’orange-marron au soleil, et sa trame assez grosse pour être bien visible à l’oeil nu. Mais l’impression est bonne et les noirs profonds…

Et la ligne, si j’en crois le choix des images, est superbement cash et trash. La couverture du Nº 3 arbore une tête-gland de Céline Guichard éjaculant une unique goûte et les photos sont d’un parfait mauvais goût. J’adore !

Bon, je ne suis pas objectif : dans ce N°, il y a une photo de moi, un portait de Céline Guichard dessinant, reproduite avec la grosse trame, comme les autres photos.

Le tumblr de la revue : https://lopcuk.tumblr.com/

Chambre pâle 2

« pour les vacances : mer ou montagne ? », c’est le thème. Ce artzine collectif A5 est imprimé sur papier léger, style « recyclé » couverture comprise, ce qui lui donne un genre pas mal. L’objet est pourtant assez épais, 60 pages de dessins et quelques photos. Particularité : une cart postale sérigraphiée dedans, et un hologramme collé : « Visualisation graphique des recherches sur Google mois par mois des termes « vacances à la mer » et « vacances à la montagne » d’octobre 2012 à septembre 2014″

https://micr0lab.org/mu0l_0078/

 

Philippe Ghielmetti dit Dugenou - Photo Alain François

Portrait : Philippe Ghielmetti

J’ai rencontré Philippe Ghielmetti, dit « Dugenou », vieux pote de Golo, historique de l’équipe de Futuropolis, graphiste disciple du grand Étienne Robial et éditeur ( » sketch » éditions, de bd et de Jazz)… C’est aussi le Français qui a gagné un Eisner Award et un Harvey Award pour la maquette de “little nemo” chez Sunday Press en 2009.

http://www.visionfugitive.fr/direction-artistique.html

HOPITAL BRUT 10

Encore un incroyable livre d’images du Dernier Cri, cet Hopital Brut 10, cahiers cousus sans couverture, est un pavé assez grand de 312 pages, format A4, solide et massif comme tout ce que fait le Dernier Cri, avec toujours des papiers différents dedans, de cette manière qui font de ces livraisons qui mêlent sérigraphie et offset de véritables oeuvres d’art. Le Dernier Cri, c’est un mythe de demain en gestation sous nos yeux hyper-stimulés.

Ha ! Y-a un thème : « Morts au feu! »