mélancolie

Sur notre pire

Je me suis rendu compte aujourd’hui, en lisant les réactions collectives, que ma relation à la Seconde Guerre mondiale et à la Shoah n’était pas passée par Claude Lanzmann, mais directement par les contes familiaux, par des photos anciennes, par, dans un corpus gris-vert indifférencié, le cinéma cathartique de l’après-guerre qui me provoqua parfois des Lire la suite

6 heures

Ce matin, le soleil n’a pas encore passé la cime de l’immeuble d’en face. Une brume légère adoucit la vallée. Fraîcheur presque froide sur la nuque. Quelques pigeons entre deux airs. Pas de martinets ? Ha si, en plissant des yeux, ces minuscules éclats sombres plus haut, loin, reconnaissables à leurs trajectoires triangulaires, vives et sèches. Lire la suite

Babylone Crevel

Babylone Crevel

Crevel écrit rococo, long poème qui s’emberlificote en volute, hésite à se faire roman. C’est beau et kitch comme un napperon délicatement posé sur une vieille TV, un peu poussiéreux, mais pas trop, moderne et s’éloignant déjà, loin. On peut avoir le goût des choses fanées. Comme moi peut-être, habitué aux écritures anciennes. On peut Lire la suite

La mort de F’murr

La mort de F’murr

À l’annonce de la mort de F’Murr, nous avons organisé une petite soirée chez Golo. Il était très ému, et m’a dit « C’est étrange… Il y a deux jours, j’ai ressorti ses livres et j’ai commencé à les relire… et là j’apprends sa mort… Je… » « Tu le connaissais bien ? Je ne savais pas que vous Lire la suite

Mon premier livre de science fiction

Mon premier livre de science fiction

Je me souviens de quoi, exactement ? Pas grand chose. Une impression de supermarché, pendant des vacances à la mer. Supérette, plutôt, en fait, car sensation plus que souvenir d’un tout petit rayon livre à droite en entrant. Avoir le « droit » de choisir un livre dans un maigre choix. Ne rien reconnaître. Prendre un petit livre coloré séduisant. Quel âge ? Je Lire la suite

Hier aujourd’hui

Hier aujourd’hui

Hier, claire conscience que les jours précédents avaient été comme ouatés, comme anesthésiés moralement quand m’est tombé derrière la nuque, en masse d’acier, ce soudain accès de mélancolie.

Et ensuite une fatigue tout aussi brutale, profonde, qui m’a fait fuir la petite fête, vite, sans même sortir le reflex.

Et le matin suivant, ce matin, après une nuit très longue, Lire la suite

Requiem Pour Le Temps Present

Requiem Pour Le Temps Present

Cette musique… je ne peux pas dire que j’ai de grandes relations avec la musique en général, mais celle-ci me provoque un mélange inextricable de réminiscences, autour de mon enfance, de sons, d’images, d’ambiances et de fictions…

Les photos de Paul #2 : une romance

Les photos de Paul #2 : une romance

L’été dernier, j’ai consulté et scannérisé les archives photographiques que mon grand-père paternel à la suite de la mort consécutive de quelques membres de ma microscopique famille. Ce grand-père fut toute sa vie un photographe amateur parmi tant d’autres. J’ai entrepris d’écrire de petits articles sur ce fond de photographie Lire la suite

Côte ouest (de la France), vélo, smartphone & réminiscences

Côte ouest (de la France), vélo, smartphone & réminiscences

De temps en temps, par souci de légèreté, j’utilise encore le smartphone comme appareil photo. Pour faire des photographies « volées », sans s’arrêter de rouler à vélo par exemple, le smartphone est idéal. J’ai appris à anticiper, à le tenir [presque toujours] droit, et à déclencher d’un frôlement de doigt ou grâce au bouton sur le côté.

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Vulcain

Vulcain

Ce matin, au réveil, je rentre dans le salon, m’approche de la fenêtre, l’ouvre, et vais m’écarter quand se pose un visiteur rare. Je suis surpris. Je croyais déjà habiter un monde sans eux. Un monde stérile. Je n’aurais pas le temps de le prendre correctement en photo.

Il y a 40 ans, je les épinglais, inconscient, ils formaient des nuées qui s’échappaient devant Lire la suite

Serré

Mélancolie du milieu de la nuit.
Sentiments désagréables d’être encore perdu.
De rester troublé, comme les eaux sales.
Dans des douleurs impures, inconfortables.
Inconsolable, irrécupérable, minable.
Gaspillé, jeté, prisonnier.
D’une vie dissonante.

 

 

Jusqu’où

Je sais ce que je cherche. Je cherche où est passée ma légèreté.

Pourquoi je ne me débarrasse pas de ce chagrin ?

Pourquoi revient-il toujours, neuf, à n’importe quelle heure, et la nuit parfois, jusqu’au malaise.

Pourquoi ?

Le barbare post-moderne domine le monde

Le barbare post-moderne s’avère un fin stratège. Doucement, avec comme bras de levier la bassesse des élites locales, il est en train de faire basculer le monde sur son axe.

Les deux candidats à la domination du XXIe siècle sont en passe de gagner, avec deux stratégies différentes :

– La Chine en adoptant le système de l’ennemi et en envahissant le monde par les sous-sols du Lire la suite

Dans ce rêve

J’étais dans la maison familiale. Deux scènes se succèdent, comme la répétition d’une seule : mon père entre, il est dans la force de l’âge et porte un pull à grosse maille beige avec le col un peu haut. Je ne sais pas s’il a eu ce genre de pull. Mais il est ainsi, respirant de santé, bien coiffé… et donc ne ressemblant pas à un vieux chien abandonné, ce Lire la suite

La réalité

La réalité, c’était le crâne de mon père, froid et dur comme le marbre.

Les arbres

En glissant le long du paysage, les arbres se perdant dans l’atmosphère fermée de l’automne, je me suis souvenu que j’avais beaucoup aimé Corot.

Et je me rendais compte, enfin, que je l’aimais encore.

Dans ma salle de bain

Je pensais ce matin, jusqu’à la dernière seconde de l’apocalypse, les radios humaines diffuseront de la musique de merde.

C’est l’écho que nous laisserons.