essai

Lucrèce contre le roi d’Hollywood

Lucrèce contre le roi d’Hollywood

Quand le scandale éclate, je suis en train de lire une traduction de Tite-Live. Et Denys d’Halicarnasse aussi. Il y avait une raison pour que je me perde là, aussi loin. Je partais d’une pièce de Shakespeare, de son sujet et de son pendant dans la peinture classique, commençant selon une vieille habitude à collecter les versions, par divers peintres, du suicide de Lucrèce…

Autour de la robe de mariée de Marguerite Sirvins

Autour de la robe de mariée de Marguerite Sirvins

Autour et sur « La robe de Mariée », texte de Katherine L. Battaiellie, aux éditions Marguerite Waknine

J‘ai encore lu un cahier des éditions Waknine. Pourtant, ma liste de lecture est toujours aussi longue, et dernièrement, je retrouve ma vieille manie des « livres en chantier ». Mais voilà, ces petits cahiers m’attirent. En particulier les textes rares qu’ils exhument (ma lecture d’In Abstracto d’Urmuz).

Instinctivement, je cherchais dans leur catalogue à renouveler ma bonne expérience de lecture, et m’arrêtais très vite sur deux de la collection « livrets d’art » : « La vie des Basiles » de René Daumal, pataphysicien, et « La robe de Mariée » de Katherine L. Battaiellie. Je savais aussi, à je ne sais quoi, que je lirais le second en premier. Intuition confirmée par la lecture des premiers mots. Zou !

Alfred Kubin, victime de la dictature de la réception

Alfred Kubin, victime de la dictature de la réception

Juste avant la tornade de paranoïa collective qui s’est abattue sur les campagnes [électorales] de mon petit pays, je pensais à quoi, déjà ? Ha oui, je venais d’extraire de ma bibliothèque et reparcourir trois petits fascicules d’Alfred Kubin, le dessinateur autrichien, édités par Allia en 2007 : « Le cabinet de curiosité », « le travail du dessinateur » et « ma vie ». Je me suis rendu compte que je n’avais pas vraiment lu « ma vie », donc « sa » vie.

Je ne peux pas dire que j’ai une passion particulière pour Alfred Kubin, dessinateur que je classais instinctivement comme « symboliste tardif », ou pour être plus indulgent, coincé entre « symboliste tardif » et « précurseur du surréalisme »… Un artiste de transition en quelque sorte, coincé entre deux époques, coincé entre deux siècles… La lecture de sa vie, texte rapide mais informatif, m’a permis de préciser mon jugement et m’a, du même coup, provoqué quelques réflexions d’ordre plus générales.

Alors ?

Pense : une certaine pensée politique soi-disant « décolonisée » cache une conception ultralibérale de l’émancipation.

On ne peut pas non plus considérer que « toute personne est à sauver », sans distinction… (Extrême gauche). N’oublions jamais que certains jouissent de leurs entraves. Et qu’il n’y a pas de vie sans entrave.

La famille est une prison, la classe Lire la suite

Mille Butor !

Mille Butor !

Je remarque sur les réseaux que le Michel Butor était si graphomane que chacun a le sien, sans liens avec celui des autres. On peut donc juste dire qu’on a lu quelques livres… Je dois avoir un vieux poche de « la modification » quelque part, et d’autres…

Mais voilà, le mien Butor, je l’avais cité comme ça. C’était avant l’arrivée de l’iPad et Lire la suite

Derrière Disney, ou la revanche des auteurs

Derrière Disney, ou la revanche des auteurs

J’exhume ici un brouillon d’article qui date d’au moins 2 ans (je ne sais plus exactement quand je l’ai commencé, l’ayant déplacé de Dropbox à Drive et enfin dans les brouillons de ce blog), mais qu’il me semble intéressant de publier aujourd’hui car il évoque un rôle culturel des fans (déjà abordé dans « Le nerd comme agent culturel » et Pourquoi Roland est-il furieux ?). C’est ma modeste contribution à quelques questions importantes développées ailleurs.

 Alain François, 3 Janvier 2016

Une lecture de Gotham, la série

Une lecture de Gotham, la série

En passant, rapidement, une lecture de Gotham, la petite série qui met en scène l’enfance de la faune hétéroclite qui peuple les aventures de Batman. Conformément à l’ambiance très noire des derniers films, et conformément à l’évolution des comics depuis les années 70, cette série est un pulp, un polar crasseux presque classique. Les histoires tournent autour du commissariat d’une ville (Gotham) corrompue par une mafia folklorique ayant des ramifications partout, de l’industrie à la finance en passant par la politique et la police… Puisque Batman est encore un enfant, le héros central est « le seul policier intègre » de la ville, qui doit devenir, dans l’avenir de la série et le présent des comics depuis 1939, le célèbre « commissaire Gordon » qui peut convoquer Batman grâce à un projecteur qui tatoue les nuages d’une chauve-souris géante.

La saison du Gunthert nouveau

La saison du Gunthert nouveau

Tant que j’y suis, sur les liens, noter ici le très beau nouveau site d’André Gunthert, « L’image sociale » qui vient remplacer l’ancien « Atelier des Icônes ». Thème pur et titre simple et explicite. Une synthèse à suivre à la trace (Ginzburgienne) :

http://imagesociale.fr

Pourtant… Il était parfois pas mal, l’ancien « Atelier des Icônes », non ?

L’être et sa vérité

L’être et sa vérité

Les gens croient qu’il y a une vérité de l’être, mais il n’y a pas de vérité de l’être, juste une énonciation conjoncturelle. Poser une question, c’est provoquer l’invention d’une réponse possible. Cette vérité absolue détruit toute possibilité d’enquête policière, scientifique, sociale ou autre, toute étude Lire la suite

La beauté de soi

La beauté de soi

Je pensais, je pensais ce matin que trouver sa voix (et sa voie donc), en matière d’art comme de communication, et de communication au sens large… par exemple trouver le ton d’une chronique ou la manière d’exister sur un réseau, c’est trouver son premier degré.

Hier, je disais à Elric qu’être un auteur, c’était être chez Lire la suite

Autonomie

Autonomie

Autonomie. Le mot qui me manquait dans le billet d’avant. Le niveau d’autonomie sémantico-historique d’une œuvre mesure ses espoirs de pérennités.

En fait, ma jolie histoire achoppe sur : le « succès » est souvent inversement proportionnel à la lisibilité d’une œuvre. Personne ne comprend 2001 de Stanley Kubrick, et parce que personne Lire la suite

Une étincelle, le feu

Une étincelle, le feu

Dans la série, « les mystères de ma psyché », ce soir, je me lave, tranquille, pénard, et PAF ! Une question que me posaient les premiers strips de Mickey, bloquée quelque part dans les limbes depuis aout 2012, se résout, d’un bout à l’autre… Et en prime, des considérations plus larges et un poil de vocabulaire. Ressors vite de la salle Lire la suite

La lutte pour la reconnaissance

La lutte pour la reconnaissance

Il faut que je note ça quand même… Deux choses exceptionnelles ce matin : J’ai acheté un livre, et j’ai trouvé un livre intéressant à Chapitre. Deux petits miracles ! Trouvé un livre de poche d’Axel Honneth, dont j’avais bien aimé l’essai sur la réification, le concept de Georg Lukacs. Et là, paf, le sujet tombe à pic ! Exactement ce dont j’avais Lire la suite

La contradiction volontaire

La contradiction volontaire

Je savais que je devrais aborder ça depuis très très longtemps. Depuis que j’avais observé le phénomène, quelque part pendant mes études d’Arts. Je voulais comprendre pourquoi, ou comment, dans le cerveau d’un cultureux de base, se réconcilie à peu près toujours la réalité aristocratique d’une caste toujours exilée, toujours marginale, et des bonnes Lire la suite

La présence nue et la présence informée

La présence nue et la présence informée

J’avais écrit ce texte pour la Journée d’étude « Exposer les arts extra-européens Trans et multimédia, de nouveaux outils muséographiques? » organisée par le Groupe d’études et de recherches des musées d’Angoulême et le Musée d’Angoulême à L’Espace Franquin à Angoulême le samedi 6 avril 2013.

Ma copine Émilie Salaberry m’avait un peu forcé la main en me demandant d’introduire cette journée. J’ai donc écrit ça la veille, sans trop savoir si j’étais hors sujet ou pas… Il semble que, à part ma diction chaotique, ça faisait l’affaire :

Le vieux projet

Le vieux projet

Le vieux projet, je m’en souviens maintenant, ce n’était pas de refaire l’Histoire, c’était juste de revenir au sentiment. C’était de se souvenir pourquoi les idées progressistes étaient nées. De quel mélange d’indignation et de culpabilité. Pourquoi y avait-il eu ce désir collectif d’organiser autrement, plutôt que laisser les choses en l’état ? Lire la suite