Confort moderne

J’étais de retour chez mes parents, et ça se passait mal. Je m’engueulais avec ma mère tous les jours, et cherchais d’autant plus activement un appartement. Je devais chercher du travail. Et ça me renvoyait à ces grosses engueulades de l’adolescence, comme je faisais le « désespoir » de ma mère, et comment un jour pire, je lui avais hurlé « je ne chercherais jamais du travail, JAMAIS ! ». Et je suppose qu’elle n’imaginait pas que ça puisse être vrai. Je ne chercherais jamais du travail.
Par contre, c’est à cette époque tardive de retour dans ma chambre d’enfant, que j’avais croisé le Maire de la ville et échangé quelques mots. Et c’est tout. Et quelques jours plus tard, je déambule dans cette galerie marchande, et je croise un type qui était dans le même collège que moi. Un grand gaillard blond et frisé, toujours content, qui était aimé de tout le monde. On se salut, et il me lance, “alors, tu vas bosser au “centre” ? ». Je le regarde, et lui demande « quel centre ? » « Mais au centre socio-culturel ! » Je n’avais pas revu ce type depuis plus de dix ans, et il me dit ça. « Mais… en quel honneur ? » « Ho, écoute, je sais pas, c’est juste ce qu’on m’a dit, c’est tout ! » Et c’était vrai, j’allais donc bosser dans ce « centre » pour, « organiser les expositions » et accessoirement, pour compléter les heures, garder les gosses le soir. Bon, comme à mon habitude, j’ai pris ce qui se présentait. Je ne savais pas l’importance que prendrait cette rencontre avec ce gars tout droit sorti de mon passé scolaire. C’est lui qui avait été chercher cette fille pour la ramener si près de moi.

Que s’était-il passé ? En fait, je comprendrais bien plus tard, lorsque je découvrirais que mon patron avait foiré sa 2e année de psycho… En fait, en croisant le maire, j’avais dévoilé que j’avais le plus haut diplôme de cette merveilleuse “ville”. Et donc, on me recrutait d’office. Et avec des projets pour moi. Des projets… pour moi… Moi, brusquement “le roi des pauvres”.

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