Elfriede

Cet article est référencé dans : écritures, littérature

Il n’y a qu’un grand écrivain vivant. Il n’y en a qu’un qui soit un monstre à la mesure des monstres qui servent encore d’étalon : les français du XIXe siècle. Il n’y en a qu’un, c’est ainsi. Mais aujourd’hui, il n’est pas français, et pour tout dire, ce n’est pas un homme.

Bien sûr, l’histoire littéraire est verrouillée et même écrite pour éliminer les femmes, qui, paradoxalement, ont écrit la plupart des innovations esthétiques.

Mais las, des historiens (« hommes ») et critiques (« hommes ») ont dérogé a la règle qui fait d’une innovation esthétique une étape historique pour considérer que l’Histoire littéraire s’écrirait comme une ligne de crête de sommets arbitraires en sommets arbitraires, sans autre justification que l’attribution d’un label « chef-d’œuvre ».

Que ces chefs-d’oeuvre soient tous d’hommes, qu’ils soient tous « tardifs » esthétiquement, souvent même « suiveurs » et qu’ils parlent par empathie surtout aux hommes ne vient que confirmer le « bon sens populaire » qui nie toute puissance créative aux femmes.

Étrange chose, car si l’Histoire littéraire s’écrivait comme celle de l’art, par les moments et les oeuvres de rupture, et non par les « dernières grandes oeuvres » d’un temps, alors on découvrirait que cette Histoire esthétique de la littérature se peuplerait de femmes, et peut-être infiniment moins d’hommes.

Et on découvrirait qu’en matière de littérature, les hommes sont surtout réactionnaires, pantouflards et ringards, et que leurs chefs-d’œuvre sentent surtout la poussière. Mais voila, une œuvre de rupture, une innovation esthétique, une invention formelle n’ont de valeur que hors la littérature. Partouts ailleurs en fait : en peinture, en architecture, en gastronomie même, dans toutes les disciplines esthétiques, a l’exception notable de la littérature.

De là à imaginer qu’une misogynie pas si inconsciente soit a l’origine de cet étrange état de fait…

Comment ( 1 )

  1. / Bib | BONOBO
    […] féminine. Il y a beaucoup de romancière et d’essayiste. Et je considère depuis longtemps qu’il faudrait réécrire l’histoire littéraire. Mais dans les poètes, des mâles… Comme souvent dans les collections d’anthologies, qui […]

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