En bas de chez moi, un homme souffre

Cet article est référencé dans : égotisme, sociologie

Il vient d’inhaler une dose du produit qu’il utilise pour nettoyer l’immeuble. Des fenêtres, on conseille à son collègue affolé d’appeler les secours, et son patron… son patron rechigne, la conversation au téléphone dure, pendant que l’autre, au sol, souffre gémit, se tient le visage avec un pull… Les voisins se scandalisent de l’immobilisme, la conversation dure… Le patron temporise… l’ouvrier ne simulerait-il pas ?

Hier, en montant notre escalier, nous avons failli nous évanouir devant l’agressivité du produit.

L’ouvrier souffre. Sentiment d’impuissance et d’exaspération. « Appelez les secours ! » Les secours sont appelés. Mais c’est long, l’ouvrier qui téléphone est gentil, poli, et un peu timide… Des gémissements plus tard, au loin, la sirène… ils arrivent enfin.

Les pompiers l’interrogent, sèchement, l’un se penche sur le bidon de produits, se redresse « ha, ça sent ! »…

« Vous aviez une protection ? » « Non »… Oups, mauvaise réponse…

Les pompiers sont vaguement antipathiques, mais le soignent.

Un type louche, en costume, arrive, échange deux mots et part très vite. Le patron de l’entreprise ? Un autre type le remplace, en tee-shirt bleu, plus jeune.

Les pompiers s’adoucissent, «on va vous emmener, vous vous sentez capable de vous lever ? » « Oui »… Ils l’aident. Il titube, comme s’il était ivre. Il n’est pas encore en état. Ça dure. L’ambiance se relâche. Moins dramatique.

On entend : « mélange de chlore et ammoniaque ». Une voisine s’inquiète pour sa propre santé. « On en a tous respiré une grosse dose ». Après une tentative, l’ouvrier ne peut pas marcher. Il est emporté sur une civière…

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :