La bien triste histoire de Goya, la chienne croate, qui passa une année heureuse à Angoulême.

Publié le 12 avril 2020

Avant le grand confinement général, je préparais deux expositions de mon travail photographique de ces dernières années pour la fin du printemps. Ces expositions, l’une à l’Alpha, Médiathèque du GrandAngoulême, et l’autre au Musée des Beaux-Arts d’Angoulême en aimable partenariat avec Les Courts Tirages (une 3e plus tard à La CIBDI), devaient clore ma résidence photographique. La pandémie a évidemment arrêté ou retardé ces projets qui semblent bien futiles face à l’urgence sanitaire. Puisque le confinement s’installe et à l’initiative de Claire Valgrès de l’Alpha, nous avons décidé la publication hebdomadaire d’un cliché évoquant la vie des autrices & auteurs de bande dessinée à Angoulême sur les réseaux numériques de l’Alpha et du musée.  

Pour ouvrir cette série, j’ai choisit cette simple photographie de smartphone : « le 16 juillet 2016, Miroslav Sekulic-Struja, sa chienne Goya et Elric Dufau se croisent place du Palet, à Angoulême ». 

Pourquoi cette image plutôt qu’une photographie plus clinquante ? Pour plusieurs raisons : déjà, elle résume toutes ces rencontres cosmopolites d’artistes que j’ai pu observer et photographier depuis 2013. Mais j’aime aussi son atmosphère, ce projecteur du couchant qui déboule paradoxalement de la « rue du point du jour » pour inscrire mon ombre dans la scène, et donc m’inscrire dans la rencontre. Elle me va aussi, bien sûr, par le clin d’oeil à Courbet, mais surtout, peut-être, parce qu’il y a la petite chienne de Miroslav, Goya, qui a aimé cette ville plus qu’aucun autre visiteur, peut-être…

La bien triste histoire de Goya la chienne croate qui passa une année heureuse à Angoulême.

Goya est arrivée à Angoulême en novembre 2015 avec Miroslav Sekulic-Struja, artiste et auteur croate. Ce dernier venait finaliser en résidence le merveilleux « Pelote dans la fumée » édité en deux tomes chez Actes Sud. Pendant cette année de résidence, la chienne Goya, très sociable, semble avoir apprécié le calme de la ville, le rythme studieux de Miroslav et les promenades au bord du fleuve. Mais voilà, résidence terminée, Miroslav et sa compagne Ana partent s’installer à Paris. Bruit, pollution, espaces verts et promenades plus rares, Goya n’a pas aimé, et même déprimé. Quelque temps plus tard, au gré d’une visite rapide de Miroslav, nous avions été impressionnés par la fête que faisait Goya à tous ceux qu’elle croisait. Elle semblait littéralement folle de joie d’être de retour et considérait tous ceux qu’elle croisait comme ses amis. En avril 2017, Goya malade est morte parisienne. Le 26 avril, Miroslav et Ana sont revenus nous voir pour organiser une petite cérémonie et une promenade au bord du fleuve à la mémoire de Goya, parce que, murmura-t-il, « Angoulême est l’endroit où elle a été la plus heureuse ». 

Cette exposition virtuelle est donc dédiée à Goya, la petite chienne croate qui a tant aimé Angoulême.

Les protagonistes :

Miroslav Sekulic-Struja, Goya, Elric Dufau

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