La persistance des formes culturelles du duel dans le manga

Après avoir refermé le Nième Manga dit « de combats » qui répétait jusqu’à l’usure la même scène de duel ultra codée sortie intacte d’un Japon aussi fantasmé que féodal, il devenait évident que j’étais en présence d’un ressort topique particulièrement persistant, voir poisseux, puisqu’on le retrouve systématiquement dans le manga d’action contemporain.

On considère pourtant que le Japon est entré dans la modernité en 1876, date de l’interdiction du port du fameux sabre japonais, et donc le modèle du duel japonais « au sabre », qui a la particularité de fendre son ennemie, a disparu de la vie publique depuis belle lurette. Pourtant, dans l’imaginaire japonais contemporain les héros s’entêtent à manier le sabre et les duels restent aussi tranchants que sanglants !

Cette répétition du duel jusqu’à l’obsession, et en fait, jusqu’à la destruction de la narration par la scansion d’un même motif jusqu’à l’écœurement évoque fortement le questionnement d’Umberto Eco sur le goût pour la répétition dans le roman populaire. Umberto Eco n’avait pas de réponse. Il en déduisait la validité de l’écriture du feuilleton, sans savoir pourquoi ni comment le monstre narratif obtenu trouvait sa cohérence et son pouvoir de fascination.

Dans le manga, le meilleur exemple de la perte de toute linéarité de la natation dans la scansion du duel est le célébrissime « Dragon Ball » d’Akira Toriyama, qui, après la mise en place d’un univers de fantaisie particulièrement charmant et la présentation de personnage d’une grande drôlerie, va s’abîmer dans la répétition de duel de plus en plus violent, la narration abandonnant toute ambition pour être entièrement motivée par l’augmentation exponentielle de la force des ennemies, à l’exact modèle des jeux vidéo.

 "Dragon Ball 1" versus "Dragon Ball 42"
« Dragon Ball 1 » versus « Dragon Ball 42 »

Et le phénomène fascinant n’est pas tant cette perte totale d’ambition narrative au détriment de la psalmodie, que le fait que cette narration radoteuse va assurer le succès mondial de la bande. D’une histoire drolatique et fraîche, au public modeste, on passe après seulement trois tomes à une succession de combat insipide (à mon sens, évidemment !) et au best-seller mondial (ce qui prouve bien que le plus grand nombre préfère ces combats-là à l’humour du début). Nous retombons en plein dans la perplexité d’Umberto Eco (consultez l’article http://culturevisuelle.org/icones/997), qui ne comprend toujours pas « Comment ça marche ». Ou plutôt qui y trouve deux types de motivation à consommer des œuvres : l’une culturelle, qui cherche le nouveau, et l’autre, populaire, qui exige la répétition (bizarrement, le mécanisme s’inverse en matière de musique).

Pour clore l’étrange cas « Dragon Ball », il y a une piste simple d’explication : la série a « trouvé son public » : les adolescents males, et s’est donc spécialisé très vite dans ce qu’attend ce public spécifique. Ceci expliquant que dans mon entourage, culturel et vieillissant, tout le monde (moi compris donc…) préfère les trois premiers volumes de Dragon Ball aux 40 suivants, qui restent eux comme un des plus grands succès pour adolescent.

Le duel : toujours le même protocole :

Le duel du manga est équitable. C’est la confrontation de deux personnages. L’étrangeté de la situation apparait lorsque plusieurs personnages positifs sont confrontés à une seule menace démesurée. On pourrait s’attendre à une alliance comme dans le comics ou dans ces cas-là, les superhéros n’ont aucun scrupule à cogner ensemble, mais non, pas dans le manga, dans lequel la forme du duel, codé par l’honneur martial, ne doit pas déroger de ses règles morales. Alors, les amis d’un des « gentils » s’arrêtent et regardent le duel entre le méchant surdimensionné et l’un d’entre eux… ça passe très bien lorsque le scénario s’y prête, mais quand la menace est indifférenciée et brutale, on a parfois du mal à accepter cette situation ubuesque imposée par une narration si codée.

 "Great Mazinger" (1974) de Gō Nagai et "Bleach" (à partir de 2001) de Tite Kubo dont l'action se déroule aujourd'hui, malgré les apparences...
« Great Mazinger » (1974) de Gō Nagai et « Bleach » (à partir de 2001) de Tite Kubo dont l’action se déroule aujourd’hui, malgré les apparences…

 

Pourquoi ?

Le traumatisant pour un lecteur occidental, c’est qu’il est vain de chercher dans le manga le dualisme absolu de la littérature populaire occidentale. Le duel est la confrontation d’un contre un autre, toujours, et cette confrontation n’est pas celle du bien contre le mal, mais celle de deux individus potentiellement équivalents qui ont le devoir de mesurer leur force. Et le ressort narratif est entièrement contenu dans cette mesure de la force, au-delà de toute considération morale. Le duel réel, avant le milieu du XIXe siècle, servait à départager les mêmes, membres de l’aristocratie, qui a été dissoute et largement ruinée à la disparition de la féodalité. Les duellistes du manga contemporain se perçoivent comme une « aristocratie » qui se reconnait entre elle grâce à sa compétence dans les arts martiaux, et lorsqu’ils se sont reconnus, ils « se respectent » et se battent pour savoir qui est le plus fort, simplement…  En général, même si l’un d’entre eux est le pire des assassins, le respect mutuel va s’exacerber proportionnellement à leur habileté au combat et à leur résistance morale. Il peut même arriver qu’après avoir mesuré leur force, ils deviennent amis ou alliés. On est assez loin du « choc des principes » du Comics US, dans lequel le bien et le mal se livrent un combat perpétuel troublé seulement par de rares ambiguïtés. Ces « rares ambiguïtés » des duels des Comics viennent souvent qu’un « bon » prend un autre « bon » pour un « méchant ». Quand le malentendu est levé, tout le monde se tape dans le dos et va boire une bière…

Cette mesure de la force entre équivalents, disparus à la fin de la féodalité en Europe (le duel bourgeois n’avait plus le même sens), et donc seulement au XIXe siècle au Japon, connait un véritable engouement depuis l’arrivée des jeux vidéo. En effet, la structure des jeux de combats, cycle sans fin de confrontation sans autre enjeu que la mesure de l’adresse, quête débarrassée du « road movie » ennuyeux, trouve une matrice toute naturelle dans le duel féodal. On pourrait donc envisager que l’attrait très particulier que semblent trouver au manga les jeunes générations vient de cette coïncidence entre un type narratif « féodal » et cette culture relativement récente des jeux vidéo. Ce qui pourrait  expliquer la résistance de l’édition européenne, trouvant ces mangas « idiots », moches et ne racontant rien (sic !), et qui attendra tranquillement que le goût du public occidental pour ce type de narration soit forgé par un autre médium.

Et ailleurs ?

Enfin, fier d’avoir été aussi perspicace en remarquant ce que tout le monde sait déjà : les mangas sont plein de duels au sabre ou équivalents, je me demandais s’il était possible d’observer une persistance équivalente dans les deux autres « grandes bandes dessinées », c’est-à-dire la dite « Franco-belge » et le Comics US :

— Dans la Franco-belge traditionnelle, la confrontation physique est rare et moins violente, plus euphémisée. Elle advient en général en dernière extrémité, et à l’issu de ce qui représente la matière majeure de la narration : l’enquête. En gros, s’il y a guerre, dans un album franco-belge, c’est plutôt une guerre froide… avec espionnage et très souvent rapt et évasion… Le cantonnement de la Franco-belge dans l’édition pour enfant et son carcan légal explique une bonne part de la spécialisation de celle-ci. La violence y était interdite. Le coup de poing, OK, mais le sang, non ! Même les coups de feu ne donnent pas de sang. Et l’on trouve plus souvent cet étrange épisode du rapt du héros par les malveillants et son évasion très souvent astucieuse que des confrontations face à face entre deux personnages antagonistes.

 

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Album 8 de Lucky Luke, de Morris et Goscinny

À cheval sur la Belgique et les États-Unis, le fameux duel des westerns n’est pas si courant que ça. J’avais pourtant l’impression d’un running gag chez Lucky Luke, par exemple, mais en re-feuilletant les albums, ce n’est pas le cas. La fusillade est plus souvent désordonnée que policée par un code d’honneur…

— Dans le comics d’action, par contre, il est difficile de trouver une page sans « confrontation physique ». En fait, les héros US bastonnent… C’est presque à ça qu’on les reconnait ! Le duel est central, mais le rapt et l’évasion existent aussi pour le suspens. Un très grand nombre de couvertures de comics montre les « gentils » attachés qui vont être libérés par le héros. La grande différence entre le monde franco-belge et l’américain, c’est que la libération arrive par la force brute, alors que le héros franco-belge use plutôt de l’astuce, voir de la chance, quand ce n’est pas l’occasion de démontrer la grande bêtise des « méchants ».

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Green Lantern par Gil Kane

Pour résumer, dans la bande dessinée européenne, le duel proprement dit est rare et souvent final. Il a été comme effacé par la modernité (et peut-être la dite « guerre moderne »). La BD franco-belge s’est spécialisée dans l’enquête, voire l’espionnage… Dans les années 80, Yves Chaland mettait le doigt sur cette particularité en parodiant ces étranges héros « enfants » qui passent leur temps à espionner des adultes et à les dénoncer sur de simples présomptions, voire sur leur mine patibulaire… et dans cette BD-là, la confrontation physique n’est pas décisive. À contrario, dans le Comics et dans le Manga,  la confrontation physique est la matière même du récit, elle en est même la matière graphique, le moment même de l’invention graphique du récit. Le « style » du dessinateur ne s’exprime à plein qu’au moment de la confrontation des corps (on parle ainsi des légendaires « coups de poing » supersoniques de Gil Kane).

Dans la bande dessinée d’aventure, la persistance des codes d’honneur martiaux régionaux à travers les récits d’aventures, par l’entremise, j’en suis à peu près sûr, du cinéma (c’est clair pour le western, mais aussi pour les histoires de samouraï), pourrait expliquer l’intérêt qu’un public donné porte, ou non, à certain type de récit. On a vu comment les héros US impliqués dans la 2e guerre mondiale ont désintéressé le public à la fin de celle-ci, même si la guerre redevient à la mode plus tard. Et donc, pour tenter d’expliquer l’engouement actuel pour un modèle de duel d’honneur sans référant réel (c’est heureux !), mais qui sert pourtant de ressort principal à de très nombreux récits contemporains, on pourrait envisager le jeu vidéo comme un pis-aller de guerre, qui servirait alors de référent et de lieu d’apprentissage pour un goût somme toute plutôt féodal…

Sur la bande dessinée et la guerre, lire : culturevisuelle.org/dejavu/1151

0 comments

  1. Bonjour Alain,
    Merci pour ton article, mais j’aurais un bémol à émettre cependant : tu cites souvent « les jeux video » pour appuyer ta démonstration, mais tu ne donnes aucun exemple. Il me semble difficile d’associer « le jeu vidéo comme un pis-aller de la guerre » étant donné la diversité des œuvres proposés dans ce domaine vidéo-ludique. Les jeux guerriers sont certes médiatiquement sur-représentés, et sont parmi les seuls dont les recettes sont si grandes que les éditeurs peuvent se permettent de faire des publicité géantes dans le métro par exemple. Cela n’efface pas cependant tout le reste de la production. Leur histoire n’est pas si récente, elle a déjà plus de vingt ans, c’est plutôt l’explosion de ses représentations dans un espace médiatique plus large qui l’est ; Peut-être que tu tends une bonne piste vers les jeux-video justement, mais je ne la trouve pas assez développée ou précise : la phrase « la répétition de duel de plus en plus violent, la narration abandonnant toute ambition pour être entièrement motivée par l’augmentation exponentielle de la force des ennemies, à l’exact modèle des jeux vidéo. » semble présenter un cliché trop souvent entendu… En attendant ta réponse, je le redis toutefois, bel article, et vivement la suite! 😉

  2. Comme je suis sur les war comics en ce moment (hors superhéros), je t’ai confectionné une petite galerie ici rien que pour toi 😉 Et il y en a d’autres bien sûr…

  3. @Pier-Alexis. Oui, j’y vais timidement avec les jeux vidéo, parce que ce n’est vraiment pas ma tasse de thé.

    Disons que c’est évident que je pense à un type de jeux précis :
    ceux dont la structure narrative est celle de la quête réduite à sa plus simple expression (ou le tournoi) : les duels (ou les épreuves), avec changement de niveau. Et je me rends compte en lisant ton commentaire que j’aurais du parler de l’antériorité du cinéma, en particulier le cinéma asiatique (de kung-fu hongkongais ou de samouraï japonais), et tient, les films de Bruce Lee qui ont marqué les imaginaires avant les jeux vidéos… la scène finale du « Jeu de la mort », semble la matrice parfaite, avec un ennemi de plus en plus fort par étage de la tour, des niveaux des jeux d’épreuve et de duel, non ?

    Pour les exemples… je te laisse la parole, de peur de faire très « ancien combattant », avec mes maigres références !

    @Patrick : Vous vous êtes mis d’accord pour me faire comprendre que ce billet n’est pas assez illustré ? C’est ça, hein ? Bon, c’est super sympa, surtout que j’ai encore pensé à toi en le publiant, justement !

  4. En fait il y a un bien meilleur parallèle à faire entre le manga shonen (car n’oublions pas, il n’est question ici que d’une des nombreuses niche du manga et certainement pas de leur totalité) : ces mangas ne ressemblent pas tant à des jeux vidéos qu’à des sports.

    Aussi importante que la phase « duel », on y retrouve une phase « entrainement » typique chez nous des films sportifs (dans des montages à la Rocky). Si dans la BD franco-belge d’aventure les plus malins gagnent, que dans les comics super héroïques ce sont plutôt les plus vertueux (et pas les plus forts), dans les mangas ce sont les plus motivés, les plus acharnés, les plus entraînés qui l’emportent. C’est très certainement plus à rapprocher de la culture japonaise de l’effort et de l’abnégation (du peuple) que de celle du duel aristocratique, finalement.

    L’entraînement, le respect de règles de fair play qui peuvent sembler absurdes, l’enchaînement des combats de plus en plus difficiles comme dans un tournoi (explicitement ou non), le respect mutuel des adversaires… Tout ça relève clairement d’une logique sportive. Là où l’auteur de l’article se trompe, c’est en croyant que ces shonen sont exclusivement violent, et que seul la force physique compte : il existe des shonen qui suivent exactement la même trame, mais dans lesquels les adversaires s’affrontent sur un terrain de foot, sur un circuit de course, dans des cuisines, des boulangeries… et tout un tas d’autres domaines plus ou moins incongrus.

    Dans le shonen manga, donc, le héros est bien souvent plus faible d’apparence et plus modeste d’origine que son arrogant adversaire, mais il l’emporte par la force de sa détermination. Pour prendre en exemple un autre classique, dans les chevalier du zodiaque les modestes chevaliers de « bronze » commencent tous leurs combats en se faisant réduire en bouillie. Leur moment de gloire arrive quand ils se relèvent malgré leurs blessures et font face à leur adversaire beaucoup plus fort physiquement mais doté d’une plus faible volonté. Au final les chevaliers de « bronze » l’emportent sur les chevaliers « d’or »… Tout comme dans l’imaginaire local le petit archipel nippon l’emporte sur le reste du monde. Ce qui peut-être une illusion dangereuse au niveau géopolitique peut aussi être une leçon de vie utile au niveau personnel, tout comme le pragmatisme des BD franco belges d’aventure ou le moralisme des comics de super héros.

  5. Plutôt bien vu, 2goldfish ! J’aime bien le chapitre « entrainement » !

    Bon, sinon, pour pinailler : C’est évident que ça concerne le manga shonen. Mais traiter celui-ci de niche… alors qu’il est très très très majoritaire et le seul vendu et rentable… Hum…

    Et ce qui m’intéressait ici était le lien à la guerre. En effet, la violence est toujours considérée comme un sport, mais il ne faut pas inverser les choses : le sport est une guerre dégradée, et c’est parfaitement visible, comme vous le dites, dans le fait qu’on peut calquer les fictions de guerre sur les fictions de sports. Mais encore une fois, le modèle est martial, l’origine est martiale. Remettons l’histoire à l’endroit !

    Sans compter qu’on meurt beaucoup, dans le manga de n’importe quoi, de combat, de sport, de je ne sais quoi… (Même Bakuman, on meurt de dessiner)… (normalement) pas dans le sport. Est-ce vraiment du sport ?

    Et je ne crois pas que le « duel des égaux » soit le même épisode que celui que vous pointez avec pertinence : le rite de passage. Et d’ailleurs, cet épisode initiatique, la branlée et la résurrection, qui sert en général le suspens, est aussi chez SpiderMan et Rocky. Pas grand-chose de particulièrement Japonais. Ça n’a pas tant à voir avec l’effort individuel, ou avec quoi que ce soit de moral, qu’avec la rédemption par le sacrifice. Il faut mourir pour renaitre. On est vraiment dans la sortie de l’adolescence et la rentrée dans l’âge adulte. C’est tout.

    Je parle seulement dans ce minuscule billet du moment du duel, qui peut suivre ou précéder l’épisode dont vous parlez, qui, que ce soit avec des sabres, des crayons ou des instruments de cuisine, en effet, s’illustre de la même manière, une ligne avec deux personnages face à face, et dont le modèle est dans Kurozawa : les duels entre samouraïs : et ça, je ne dis pas que c’est typiquement japonais, mais aristocratique.

    Quant à la « la culture japonaise de l’effort et de l’abnégation » qui serait populaire… lire Jean-Marie Bouissou, et le Gekiga en général, manga plutôt progressiste (ou d’extrême droite, chez Kazuichi Hanawa), pour comprendre que le Shonen est orienté idéologiquement : Bakuman, qui est une métaphore guerrière (ou sportive comme vous voulez) avec des pinceaux et des plumes, est aussi un parfait exemple de bonne vieille propagande réactionnaire…

    Cette phrase : « la culture japonaise de l’effort et de l’abnégation » renvoie au début de l’ère Showa, caractérisé par un repli nationaliste violent après une période progressiste, et les mangakas ayant grandi à cette période en sont sorti très marqué, violemment «anti-abnégation » et ne se retrouverait surement pas dans cette phrase ! ils ont lutté toutes leur vie contre la propagande qui imposait aux classes populaires de se sacrifier pour la prospérité du pays (comprendre : pour les classes dominantes). Lire Kamui Den…

    Il est remarquable à ce propos de remarquer qu’après plusieurs décennies de manga progressiste après la guerre, les auteurs contemporains sont particulièrement réactionnaires (ou les journaux, peut-être…). Et en effet, ce que lisent les ados du monde entier aujourd’hui est clairement marqué politiquement à droite et colporte donc cette idée que j’ai entendu aujourd’hui exprimé par un français à la radio pour parler de foot : « la culture de l’effort et de l’abnégation ».

  6. Le shonen est probablement « majoritaire » en France, mais même ici il n’est pas le seul rentable, puisqu’on trouve des tas de shojo dans les rayons des librairies françaises et quelques autres genres effectivement « minoritaires ». Cependant quand je parlais de niche, je pensais au Japon où le shonen n’est effectivement qu’un des très nombreux genres de manga populaires.

  7. ha OK, je pensais plutôt au marché français, ou on ne peut aucunement comparer les tirages de One Piece ou Naruto au pauvre 3000 exemplaire d’un Tezuka…

    bon, on va pas discuter 1000 ans sur ce billet, mais en un clic, je viens de trouver ça, les tirages pour 2010 à titre d’exemple :

    http://forums.mangas-fr.com/index.php?topic=30485.0

    à part « Twilight », qui est originellement un roman pour fille… « Les Années douces » un seinen… « Pluto » plus loin… etc. Enfin, c’est incontestable, le shonen recouvre à peu près le phénomène Manga en france. D’ailleurs, s’il n’y avait pas ces tirages massifs, il n’y aurait pas de « phénomène manga » : c’est bien l’adolescent mâle qui fait le marché…

  8. Ce n’est peut-être qu’une illusion car sans être capable de le formuler aussi clairement que vous ou simplement de l’expliquer, il me semble que je partage votre ressentit sur l’état de la société pour être générique bien comme il faut. Étrangement, depuis mon balcon, votre blog et vos articles, au même titre que le fascicule de Stéphane Hessel ou même de mon ressentiment sur la société, me paraissent s’intégrer parfaitement dans le paysage qui s’étend devant moi. Pourtant, vos articles, l’initiative de Mr Hessel m’émeuvent, et je dirait que c’est peut être à cause de leur potentiel signifiant qui arrive à se distinguer de leur vide factuel. Je suis pauvre de mots pour m’exprimer, c’est pourquoi j’essaye d’emprunter maladroitement les vôtres dans l’espoir de me faire comprendre, j’espère que cela aura fonctionné.

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