Le baroque post-punk du Dernier Cri

Publié le 13 décembre 2020

Céline Guichard a reçu son exemplaire d’auteur du catalogue de l’exposition monstre Mondo, Dernier Cri, une internationale sérigraphike qui envahissait le MIAM à Sète du 8 février au 20 septembre 2020… Donc l’un de ces événements qui ont percuté de plein fouet la tourmente du covid19. Les événements culturels perturbés, annulés, fermés, il reste les livres, souvent. Et pour le coup, là, gros gros reste !

Et comme ce genre de publications sérigraphiées a un statut hybride, bâtard et flou — est-ce entre le livre et le livre objet ? entre le multiple et l’objet d’art ? — il n’est pas distribué en librairie généraliste, et donc il suffit, je suppose, de le commander chez l’éditeur : http://www.lederniercri.org/catalog.html

Ce livre incroyable est donc le gros gros gros reste d’une grogrosse expo qui venait confirmer ce que je pense depuis longtemps : entre la fin du XXe siècle et maintenant, le Dernier Cri et quelques autres ont fait l’Histoire. L’Histoire avec gros H et parfaitement mondiale. Je sais bien que dans les années 80 du siècle dernier, des commissaires institutionnels ont juré qu’on ne leur ferait plus le coup des maudits, mais englués dans leur trop hygiénique habitus et malgré les leçons de l’histoire, ils ne pouvaient échapper aux bais de classe, et pas plus qu’avant, ou après, n’ont vu et compris qu’il se passait quelque chose, là, à côté, dehors, en dessous, sur les côtés. Puisqu’encore une fois, il suffit de feuilleter ce catalogue incroyable pour constater qu’il se passait (passe) quelque chose là, à côté, dehors, en dessous, sur les côtés (jamais là où « on » voudrait ? Non.) Et ça continue,  oui, ça insiste, ça persiste, bien plus que les stériles réseaux officiels, bien plus même que le grand (gros)  marché, et contre l’euphémisme bourgeois qui ne supporte que l’édulcoré inoffensif. Il y a une véritable jubilation, et stupeur aussi, à parcourir cette explosion de vie sale et grouillante qui déborde de ces grosses pages noires ! Et franchement, il faut en tenir une sacrée couche, d’aveuglement, pour croire qu’on puisse compter sans cette imagerie sauvage qui persiste encore à ne rien respecter. 

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