Le Joyce d’Alfonso Zapico

Alfonso Zapico m’a prêté sa biographie de Joyce en bande dessinée intitulée « James Joyce, l’homme de Dublin ». le livre n’est pas nouveau, parût en 2013 chez Futuropolis, mais je n’avais pas encore eu l’occasion de le lire.

Son homme de Dublin est vivant, drôle et intrigant, comme le personnage, et me donne envie de retourner à mes lectures toujours en souffrance de plusieurs livres de Joyce. Ce Joyce-là qui reste encore largement une énigme littéraire. Après tout, entre posture et imposture, nous devrions peut-être le croire sur parole, mais voilà qui se mord la queue, quand il dit lui-même qu’il raconte n’importe quoi, et qu’en gros, il se moque de nous. Joyce est à ce compte le Marcel Duchamp de la littérature, un ironique à la postérité traîtreusement poseuse.

Alfonso Zapico mêle très habilement le drame et l’humour sans déférence inutile, sans occulter les ambiguïtés du personnage, et campe un Joyce brillant, chiant, agaçant, prétentieux, fainéant, amusant, infantile, profond, enfin attachant et surtout, par l’Histoire qu’il traverse et malgré la maladie qui l’aveugle, relativement chanceux, le plus lourd de cet étrange destin, la mélancolie des deuils, incarnés par sa fille-miroir de sa propre folie.

Le livre d’Alfonso a réussi à me redonner envie de retrouver les quelques volumes perdus dans ma bibliothèque, à en jeter les marques-pages honteux, indices des échecs passés, et à en reprendre la lecture à neuf.

 

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