L’humanité érige des statuts à ses monstres

Les empathies collectives pour les connards qui décèdent ont de quoi vous rendre mille fois misanthrope. Aujourd’hui, un vieux chanteur infantile suspect du pire mais protégé toute sa vie par sa notoriété, et hier un mauvais écrivain qui a caché son immonde vanité derrière une carapace de politesse. 

Mais je devrais toujours me fier à mon intuition. Et accepter ce que je pensais deviner à mes quelques lectures, qu’il se cachait une nature moins avouable derrière le masque de l’élégant personnage que les médias nous ont survendu, « tellement qu’il était gentil » qu’on fini par s’attendrir devant l’héritier qui n’a jamais rien foutu de sa vie, pas usé lui, pas pollué, pas en jachère comme le premier prolo venu…

Le monstre de contrôle qui s’égare un instant à s’exposer nu à propos du Rwanda, (c’est-à-dire, à propos, je le rappelle, de massacre de familles entières à la machette) :

«Partout, dans les villes, dans les villages, dans les collines, dans la forêt et dans les vallées, le long des rives ravissantes du lac Kivu, le sang a coulé à flots – et coule sans doute encore. Ce sont des massacres grandioses dans des paysages sublimes.»

http://kagatama.blogspot.fr/2008/10/jean-dormesson-au-rwanda-un-touriste.html?m=1

Mais il avait déjà sévi sur l’Indochine, jusqu’à obtenir la censure d’une chanson de Fera…

Ou sur « les femmes » (cette masse indifférenciée du racisme primaire):

« Les femmes m’ennuient vite. Cela m’enchante. Je méprise assez ceux qui leur parlent pendant des heures. Même celles que j’aime parviennent aisément à me lasser. Elles ne m’intéressent guère que pour coucher avec elles et pour savoir – en gros – ce qu’elles pensent de leur mari, de leur père, de l’existence de Dieu et des plaisirs interdits. Mais rien ne m’ennuie comme de leur faire la cour. Littéralement, je ne sais pas ce que c’est. Je n’ai jamais pu dire à une femme qu’elle avait de jolis yeux. Il y en a peu que je me sois senti capable d’écouter plus de dix minutes » (Du côté de chez Jean).

On est très au delà du simple con, ou même du simple salaud. Mais qu’est-ce qui est plus méprisable ? Le salaud hypocrite, ou l’admiration béate des badauds ?

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