Malentendus, encore.

Cet article est référencé dans : Ma vie normale

« S’il n’y avait dans l’œil quelque chose du soleil,
jamais il ne le verrait. »

Avec Goethe, ce matin, je remplis ma tête de soleil. Espérant que le grand filtre rouge qui tapisse l’intérieur de ma tête m’aide à assumer mes erreurs. Même si je sais bien que les malentendus ne sont pas vraiment des erreurs. Je veux comprendre. Je veux sentir. L’enchaînement des situations, et l’enfermement des mots, leur incapacité à communiquer au-delà d’eux-mêmes. Le mot voyage mal. Dans chaque cerveau, il est constellation, et n’est plus qu’un os sec quand il est reçu. 
Situation qui confirme ce que je pense depuis longtemps : il a fallu la malhonnêteté absolue des philosophes pour accuser la pauvre image des crimes du langage. 
Passons. Chaque être est une langue étrangère. Je ne suis pas très doué. Donc, je laisse le soleil laver ma caboche encombrée, et j’ai enfin, un enfin à répétition, l’impression d’avoir compris quelque chose. Il y a quelque chose que je ne comprends pas, simplement parce que même si j’ai adopté le réseau numérique instantanément, je ne suis pas né dedans, et donc, j’ai de vieux réflexes, réflexes qui sont lus à l’inverse de ce qu’ils emmétraient dans le monde d’avant, monde définitivement mort. Bon, je pense à ça en lisant Warburg, ce qui est étrange… Je pense donc qu’il n’y a pas d’alternative : il faut plonger plus encore, parce que je veux comprendre.

Mais s’il n’y a pas dans mon œil quelque chose du soleil ?

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