Marie Madeleine

J’ai croisé Marie Madeleine dans mes premières années. Elle était une petite vieille fripée et gentille, apparemment. Elle avait traversé le siècle et deux guerres.

Hier, ma mère qui l’a un peu plus connue que moi : «Elle était d’une grande (au sens large) famille… Merchel… Merfeld ! Ils avaient des métiers itinérants…» «Des gitans ?» «Oui comme ça…»

Je n’en saurais pas plus. Marie Madeleine Merfeld, mère de ma grand-mère, qui perdra deux fils et une fille prématurément, sans qu’il n’en paraisse rien. Je n’ai jamais vu non plus ma grand-mère exprimer quelque chose qui ressemblerait à du vague à l’âme pour cette fratrie décimée par la guerre et la maladie.

Je ne savais pas. Je découvre des morts et des décombres, des vies déplacées, des destins brassés, et des caractères à toute épreuve, inflexiblement droits, gentils et résolument optimistes.

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