Nuit encore

Où en est donc cette idée de tenter de définir un « contexte historique » à mon existence singulière ? Mes gentils tourments métaphysiques m’ont de nouveau submergé, et j’ai très vite oublié mes résolutions. Et pourtant, la période est propice, avec ses convulsions si violentes qu’on pourrait envisager que l’ordre du monde ne s’en remette pas. Il y a bien une dislocation des choses de ce monde qu’il faudrait peut-être observer au plus près, au plus serré, pour désespérer…

Les choses s’accélèrent. Ce qui se produit, immense ou minuscule fait, est inédit, et l’inédit devrait exciter la curiosité de nos fouines de contemporains, non ? Et pourtant rien, ou presque. Lorsqu’il se passe une horreur commune, accident, tempête ou carnage de masse, toute chose habituelle pour notre condition, tous se lamentent en psalmodiant des « pourquoi » idiots, comme s’il y avait des mystères dans ce qui arrive toujours depuis toujours, dans ces horreurs qu’on perpétue ou qu’on subi sans que ça gène jamais les survivants. Non, rien sur ces petits indices d’un changement d’époque, rien. Pas même un cil qui se lève pour l’inédit du jour.

L’ensemble des petites dislocations de ce monde dessine un plan singulier, un possible avenir inéluctablement pénible.

Alors ce « moi » au milieu de ça ? Comme dans les pires navets, je me chamaille avec moi-même au cœur de la tempête. Suis-je aussi futile, aussi idiot que tous ? Il semble, et il est certain maintenant que je suis bien incapable de sortir de moi, de m’extraire de mes dérisoires saletés pour enfin porter au monde l’attention qu’il mériterait.

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