Mon intersection avec Alain François

Mon intersection avec Alain François

Texte de Philippe De Jonkheere :

« Je viens d’essayer de raconter l’histoire de ma rencontre avec Alain François mais je n’y suis pas parvenu, pourtant c’est typiquement un genre d’hitoires, les rencontres, que j’aime bien raconter, décrire cette situation de juste avant la recontre, Lire la suite

Le désordre des discours

Le désordre des discours

Les deux premiers jours intenses, style stage d’entreprise, étaient hors timing, presque hors propos mais violents. C’était pas si mal. J’avais vraiment l’impression d’être dans un stage d’entreprise. Alors, j’ai gardé mon costume de salarié et j’ai parsemé le temps de blague de stage d’entreprise, ça détend, je sais faire, ça fait rire, ça Lire la suite

Le site

Le site

C’est une ville en forme d’éperon, comme un grand vaisseau immobile coincé entre deux vallées, celle du fleuve au nord et celle d’anciennes rivières asséchées au sud.

Des vallées parallèles, traces d’anciens glaciers.

Une grande pyramide de roche peuplée sur le flan nord par les pauvres et sur le flan sud par les riches, avec au sommet le château qui sert de mairie depuis plus de Lire la suite

Avida, les idées et la manière noire de Gustave et Benoît

Avida, les idées et la manière noire de Gustave et Benoît

Contexte personnel

Il y a quelques mois, je suis sollicité pour être jury d’un festival du film amateur. Premier réflexe, je grogne… Vachement sociable. Et puis je vois que le président de ce jury est Benoît Delépine, LE Mickeal Keal de Groland. Coincé. Je dégouline de sympathie pour tout ce que ces gens ont fait depuis des années. J’avais bien entendu qu’il y avait des « divergences esthétiques » dans cette équipe miraculeuse (je garde un bon souvenir d’une trace de cette divergence : un petit feuilleton à mobilette hors ton de l’émission et qui semble aujourd’hui l’esquisse de l’univers des films de G et B).

Nouvelle cuisine

Nouvelle cuisine

Un film de Fruit Chan adapté d’une nouvelle de Lilian Lee

 

Une nouvelle cuisine sur fond de politique de l’enfant unique, de re-sinisation de Hong-Kong. En ces temps de « débat éthique », le cinéma hongkongais met le fœtus dans le plat avec un gentil conte chinois.

[Contexte psychopolitique : Une Chinoise très diplômée passe du système communiste, solidarité, don (total) de soi… au système hypercapitaliste de Hong-Kong, à la libre entreprise, à l’individualisme et à la perte de tout repère moral]

Éternel recommencement ?

Éternel recommencement ?

Le jour de mon anniversaire, pour passer de la grande page « ça recommence comme ça » de ce site expérimental [disparu] à une forme aujourd’hui traditionnelle de blog. Accepter le formatage en vigueur pour voir ce qu’il se passe avec un découpage en billet qui oblige toujours à remonter le temps. Une forme si actuelle qui enterre le passé au fur et à mesure, Lire la suite

Jean Teulé documentariste

Jean Teulé documentariste

Gens de France et d’ailleurs, chez EGO COMME X

Bien sur, vous pouvez faire ce que vous voulez. Vous pouvez trouver qu’il est trop gros, ce livre, et chez un éditeur peu connu… Et puis c’est un livre plein d’images, de la BD bizarre… mais avec des photos… et même que tout ça parle des années 80… Donc, vous pourriez ne pas acheter la compilation des bd-reportage de Jean Teulé. Fou !

Un jour indéfini, un vernissage m’ennuie, quelque part en France

Un jour indéfini, un vernissage m’ennuie, quelque part en France

Quoi de plus ennuyeux qu’un livre qu’on ne peut même pas feuilleter ?
Un jour donc. Un soir plutôt, je reviens d’un vernissage. Le troisième en quatre ans. Vais plus à ces trucs-là. J’aurais peut-être pas dû y aller. Je suis maladivement timide. Je n’étais pas comme ça. Mais maintenant je le suis. Et voir ces bandes de « piliers de vernissage » vieillir lentement…
La langue du monstre

La langue du monstre

Le point d’orgue de tout bon film d’horreur américain est la confrontation physique avec le monstre :

« La tête approchait. Immobile, j’entendais battre mon sang, et mes nerfs frémir…

Tout à coup, la joie effrénée de l’espoir m’envahit : la tête était venue buter contre la porte trop petite pour la laisser passer. L’animal tenta de l’introduire en travers. Vains Lire la suite

Les amantes de Elfriede Jelinek, roman

Les amantes de Elfriede Jelinek, roman

Je connaissais l’existence de Elfriede Jelinek. Je connaissais son existence comme ça, parce que j’avais noté son nom en comprenant qu’il ne pouvait pas ne pas y avoir un écrivain derrière « la Pianiste », comme dans tous ces films bâtis par un bon texte. J’avais ensuite noté, dans un coin, qu’elle avait « mal » reçu le Nobel. J’avais aussi entendu ou lu quelques remarques sur son caractère, que sa traductrice et amie française l’avait lâchée, lassée de sa noirceur

Je connaissais son existence et m’étais promis de la lire, intrigué, même le nez tendu vers un bon effluve. Mais je n’avais pas encore croisé un de ses livres. Comme il n’y a pas d’actualité littéraire, antinomie, oxymore de propagande, je me foutais bien de la croiser maintenant ou dans dix ans.

Ce sont « les amantes » qui me sont tombées entre les Lire la suite

Poly and her Pals, Thierry Groensteen et le patrimoine

Poly and her Pals, Thierry Groensteen et le patrimoine

Tout véritable amateur de BD connaît Thierry Groensteen, l’homme qui a donné ses lettres de noblesse à la théorie de la Bande dessinée. Universitaire, professeur et même un temps directeur du Musée de la Bande dessinée d’Angoulême, il entame depuis quelques années une nouvelle carrière en se lançant dans l’aventureuse profession d’éditeur, passant ainsi de la théorie à la pratique, mais aussi de l’institutionnel à l’entreprise personnelle. On attendait du grand théoricien une ligne éditoriale à la hauteur de ses exigences intellectuelles. Avec 50 titres en seulement deux ans d’existence, les jeunes « Éditions de l’An 2 » démarrent sur les chapeaux de roues et en effet, la ligne est ardue ! Trois grandes catégories de livres naissent des envies longtemps contenus, de notre professeur tournesol tautologique :

Continuer le voyage

Continuer le voyage

Simon Hureau sort la suite de « Palaces » : « Bureau des prolongations »

Je suis rentré vendredi soir dans un état de fatigue totale. Une drôle de semaine, de ces semaines trop remplies. Ceux qui travaillent en production sur un ordinateur et gèrent d’innombrables dossiers qui surgissent dans le désordre le plus total savent de quoi je parle. On finit laminé physiquement, mais surtout mentalement. Jusqu’au dernier moment, s’est superposé à la fatigue physique et à la confusion mentale le stress de ne pas terminer à temps agrémenté de quelques crises d’affolement qui submerge parfois à voir l’heure tourner trop vite et l’ordinateur si puissant calculer si lentement ! Enfin mon collègue fini par me soulager des affiches à terminer pour qu’in-extrémiste je finisse un site internet déjà annoncé dans le journal distribué le matin…

Pub

Je suis souvent bien joué, je suis parfois bien écrite mais pourtant

je suis de la merde pour de la merde.

Je suis… une bonne pub.

Enfin Ripple

Enfin Ripple

Ripple, une prédilection pour Tina
de Dave Cooper aux Editions du Seuil

Avant il y avait la crumbette.

la crumbette, cousine des initiatrices de Fellini, met en mouvement perpétuel le broyeur formé par ses deux fesses sur les trottoirs de Greenwich Village. Son short est court, très court, son décolleté géant, ses mollets en béton vibré. Pour l’éternité, elle domine de ses talons et de sa masse le corps fébrile d’un Crumb vacillant.

les expos de bande dessinées, c’est toujours aussi chiant !

les expos de bande dessinées, c’est toujours aussi chiant !

Quel ennui !
Alors qu’il ne faut rien moins que vous confronter à un chef-d’oeuvre pour réveiller votre âme flétrie de moderne flétri — de vous coltiner ces murs tapissés de gribouillis qui sont fait pour être lu dans un gros fauteuil au milieu de votre salon, voir dans votre lit, et bien sûr parasités par des processions de touristes apathiques…
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Merde, Choron.

Merde, Choron.

Le plus grand créateur de périodique français de la fin du vingtième siècle est mort.

Oui. Les autres sont des nains, des pisses-petit, des propres du fond. Un ramassis de bien élevé incapable de désobéir à leur mère, incapable d’inventer, juste bon à formuler joli, à ressasser à longueur de pages inutiles, instantanément désuètes, leurs certitudes héritées. Pour savoir ce qu’on doit penser de l’ensemble de cette prétentieuse production de journaux, revues et magazines des quarantes dernières années, il suffit de se pencher deux secondes sur leurs équivalents du dix-neuvième siècle et d’y fleurer les seuls fumés qui s’en dégagent encore : la bêtise et l’ennui. Les sérieux suffisants nous assassinent le temps et persistent à longueur de faillite et de renflouement suspect à se croire pertinent.

Un soir sans fraicheur

Un soir sans fraicheur

Un carré de lumière grise se reflète dans la fenêtre entre-ouverte. On sent le bleu de l’extérieur qui vient jouer avec l’orangé de la lumière de la cuisine.

« PALACES » de Simon Hureau

« PALACES » de Simon Hureau

Un carnet de voyage en bande dessinée

EGO COMME X, éditeur de Bande dessinée, nous a habitué depuis maintenant 10 ans à suivre l’introspection de ses auteurs, à accepter leur égotisme radical, leurs pensées les plus intimes. Voilà pourtant un album atypique et discret qui prend le contre-pied de sa ligne éditoriale : Palace, de Simon hureau, est un carnet de voyage « reconstruit » à la suite d’un drôle de séjour au Cambodge. Scandé par des planches d’études sur les insectes et batraciens locaux, il se présente comme un récit de voyage en bande dessinée entièrement voué aux seules sensations du voyageur.

La vie du sens

Les artistes produisent

Les marchands récoltent

L’université range

La société digère

La communication défèque