Un billet

Un billet

Plus de 6 milliards ! Plus de 6 milliards de petits bouts de lorgnette, de stratégies personnelles. Gloire de mon espèce.

« L’invention de Gallica » de Jorge Luis Casares

« L’invention de Gallica » de Jorge Luis Casares

C’était il y a quelques années, en 2006 je crois…

Nous terminions une longue nuit dans l’ancien appartement de Jean-Pierre Mourey. Et je ne sais plus comment la conversation avait échoué là, sur les œuvres de fiction qui nous ont imprégnées et après lesquelles on peut courir pendant des années. Et parmi mes chimères mémorielles, quelques-unes que je ressorts du placard à ce genre d’occasion, comme ce film de vikings que j’étais persuadé d’avoir vu enfant, et dont j’ai découvert que tant de scènes venaient de plusieurs films… et devant la complexité du collage, j’ai du me résoudre à ne jamais retrouver mes impressions d’enfant. Ou lorsque j’ai tenté d’ajuster mes souvenirs en feuilletant une bonne centaine de numéros du journal PIF, de ceux que mes parents avaient brûlés profitant d’une de mes absences d’adolescent, effaçant ainsi définitivement mon enfance. Car j’ai eu beau m’acharner sur les pages, 35 ans plus tard, jamais je ne m’y suis retrouvé. C’était bien le journal que j’achetais, dans les années où je l’achetais, mais les pages étaient à la fois familières et absolument nouvelles. Douleurs. Les souvenirs sont réinventions. Et c’est toujours plus que troublant de ne jamais se retrouver à l’endroit même qu’on identifiait comme chez soi.

Passant

Passant

J’aime que mon chemin soit perturbé

Dans la tempête

Dans la tempête

Je ne suis rien d’autre qu’un genre mal formé d’Œdipa Mass, guettant les coïncidences pour en faire des canevas. La superstition est surement le mouvement le plus fort, le plus irrépressible de l’esprit. Les petites choses qui carambolent chaque jour construisent le récit autoritaire. Contre vent démolisseur Lire la suite

Satyre médiatique [II]

Satyre médiatique [II]

[ A explorer, le pendant « populaire » de cette première approche par la culture bourgeoise : Le mythe de la corruption du peuple par le noble ou bourgeois dépravé, que l’on retrouve partout « La paysanne pervertie ou les dangers de la ville », de Rétif de la Bretonne]

Deux angles :

• La culture populaire

• Le roman social bourgeois

 

 

Satyre médiatique

Satyre médiatique

faune1Dimanche 15 mai 2011,

Nous nous sommes réveillés dans un monde légèrement différent. C’est le propre des événements historiques, de modifier plus ou moins subtilement la qualité du réel.

Bien sûr, nous ne sommes pas en guerre, et donc notre vie quotidienne va rester ce qu’elle est encore quelque temps…

Malgré tout, il semble que beaucoup de gens ont perçu l’arrestation par la police américaine d’un hypothétique futur président de la République comme un tremblement conséquent du sol sur lequel ils pensaient construire les fondements de leur perception du monde.

HEADACHE

HEADACHE

HEADACHE, dodu graphzine des éditions du livre (124 pages) format A5, non massicoté (coquetterie qui rend le feuilletage peu pratique, mais qui permet à chaque dessin d’avoir la même largeur de page…) présente 120 dessins de 120 artistes contemporains. Et la sélection est plutôt bonne !

Les participants : Ana Albero / Craig Atkinson / Marion Balac / Barbapop / Sarah-Louise Lire la suite

Réminiscences

Réminiscences

Je me souviens de ce moment où j’ai interrompu ma lecture, cette longue et unique lecture entreprise quelque part au moment du début. Cette première interruption, car longtemps après j’avais fini par identifier l’origine de ce tarissement soudain en imaginant que je vivais alors, par les hasards de la vie, dans l’un de ces romans que j’avais tant parcourus.

C’était un roman générationnel, Lire la suite

Animal social

Animal social

C’est vraiment involontaire… Quoi ? Ho ! que Bourdieu sorte deux fois du jeu en deux billets…

Mais bon, quand on est dans le sujet jusqu’au cou, ça doit bien être normal, non ? Voilà ce qui m’est venu en marchant, « La sociologie n’est pas un sport de combat, mais une volupté ». Et bien sûr, comme c’est bancal, Lire la suite

Chasse et course

Ma vie court après plusieurs lièvres à la fois. J’en reste affamé. Et en même temps j’évoque un héritage que j’ai abandonné car je n’ai aucune envie, ou possibilité, de tuer une bestiole, aussi allergène soit-elle… Mais comment choisir, quand on est régi par ses nerfs, et que ces saletés partent toutes d’un bond puissant Lire la suite

Métaphysique

Métaphysique

Je m’interrogeais… sur mon état mental… Je m’interrogeais, me demandant ce que ça pouvait bien indiquer de trouver « une qualité romanesque » à l’odeur de pisse et de merde montant du fond de ses chiottes…

hagard

hagard

L’expression de Laurent Gbagbo, aux arrêts dans une chambre d’hôtel, est un pur mystère. Il semble en fait avoir perdu toute contenance, comme tous les visages de chef de l’État déchu que nous avons vus ces dernières années, et chaque fois, et ici, en parcourant les journaux en ligne hier, je m’interroge… En effet, pourquoi sont-ils jusqu’au-boutistes, alors même qu’ils se Lire la suite

Dans mon ciel

Dans mon ciel

Dans mon ciel se dessine une ligne blanche fine droite et tranchante. Cette ligne n’est pas à mon échelle. Elle passe haute coupant le monde traversant une chaine de montagnes et la méditerranée. Elle est la trace élégante d’une autre géographie. Ici, à mes pieds, mon monde d’ennui, de paix grise et douce, de mort lente. La ligne haute, légèrement Lire la suite

Décision

Décision

Un week-end pour savoir ce que sera ce blog.

Ce que je savais, c’est que je ne voulais pas m’imposer des contraintes artificielles, peut-être en réaction à ma première expérience qui n’était que contrainte et expérimentation systématique. Un week-end de réflexion, donc, pour soupçonner que le blog sera pourtant un minimum structuré, trop structuraliste Lire la suite

Révolutions

Révolutions

Je suis le spectateur des révolutions, sur mon canapé. Personne ne s’imagine être celui-là, le gras trop chauffé trop nourri, qui regarde par sa lucarne, TV ou Internet, qui feuillette chez le dentiste le journal trop illustré, qui écoute d’une oreille distraite le bruit si simple des bombes lointaines glissant de l’option mp3/radio de sa voiturette criarde Lire la suite

Les coulisses de l’exploit

Les coulisses de l’exploit

C’est amusant, je me décide à replonger, je replonge donc, et l’acte me ramène à ma première expérience de blogueur, et au contexte de celui-ci… Comme pour mon inscription sur facebook il y a un peu plus d’un an, j’avais ouvert le blog en 2006 parce que je devais en parler dans le mémoire que je devais écrire pour obtenir un diplôme Lire la suite

Vices

Vices

Je dis un truc, je fais le contraire. Peut-être pour ça que j’accorde si peu d’importance à ce que je dis… Y-a-qu’à voir ce blog… Je l’ouvre, je dis, je fais pas, je tergiverse, j’hésite, j’y arrive pas, je flippe, je m’invente des histoires, que j’ai peur de « replonger » par exemple, puisque le blog est une drogue, et que j’ai gouté aux symptômes, en 2006, à l’addiction, à l’effet d’écho, de vie en écho, d’instrumentalisation des choses que tu vis pour un simple billet, pour deux lignes, un morceau de bravoure, rien. Et les discussions sans fin avec les gens autour, qui n’aiment pas — détestent plutôt — devenir des personnages de fiction en temps réel. Et donc, pour ne pas se retrouver seul, universellement haï, l’autocensure, les coupes, les repentirs… Alors un jour je dis, le lendemain je fais pas… Mais ça me travaille, ça me mine, ça me ronge, etc. de l’acide, une angoisse sourde que rien n’étouffe. T’as envie d’écrire, mais t’y vas pas, comme l’eau trop froide qui te provoque des frissons rien qu’à l’idée de plonger, et pourtant, tu sais que si tu plonges, tu remontras pas… Tu vas y prendre goût, retrouver tes réflexes, jouir.
 Des histoires. Mille fois, tente de m’approcher. Me pose devant le portable. Me dit, bon, je m’y remets. A quoi ? Je sais plus trop, à quoi ? À tenir un blog, m’y couler plutôt, ou à la recherche en eau libre ? À la chronique ? À ma thèse en stand-by… Mauvais signe. Cette année ratée, ais-je vraiment cherché à lutter contre ces sabotages administratifs qui m’ont fait rater une année ? Voulais-je savoir quelque chose ? Ai-je un problème avec l’actualité du sujet ? Umberto l’a dit, pas de sujet trop actuel, sinon, il fuit devant toi, il te fuit plus surement qu’un lapin dans tes phares. Alors, quand je me pose derrière le portable, je ne sais même plus ce que je dois y faire… facebook me sauve, deux conneries par là, une belle chose qui passe par ici, mes « amis » sont si riches ! et l’angoisse, le nœud qui ne se défait pas, et la conscience de la fatigue physique, comme un prétexte (sic !), l’ennemie de l’écriture, des yeux lourds, qui piquent, et l’autre histoire, t’es salarié, t’es crevé, tu peux pas consacrer ta vie à écrire, ton cerveau est saturé d’infos qui n’ont de sens que dans le cadre étroit de la tâche du jour, tu as une excuse quand même ! Merde ! T’es un prolétaire ! Pas tout à fait, plus tout à fais, menteur. La nuance n’enlève pas la servitude. J’ai dit, plus d’égotisme… raté. Plus de jérémiades, raté, le plat dans toute sa largeur. Comme j’ai dit quoi d’autre, il y a peut-être 3 mois, Céline me le rappelle aujourd’hui, alors que je la bassine avec Pynchon, que je ne lisais plus de roman parce qu’ils m’emmerdent, que je m’y ennuie instantanément, et paf, je m’ingurgite une dose quasi mortelle d’énormes romans américains, comme pour rattraper le temps, ce temps immense consacré aux essais, aux articles, aux revues scientifiques…
 Que cette boulimie m’en rappelle une autre, au milieu de la trentaine, et ce serait peut-être l’indice que je ne vais pas bien aujourd’hui, puisque c’est au fond d’un autre gouffre que je me suis précipité sur Kafka, en masse aussi, boulimique, pour tout lire, avide et content, en me disant, à chaque fois que je refermais un livre, que j’aurais jamais dû essayer de lire ça si jeune, que j’avais rien compris, et que ça m’en avait laissé éloigné trop longtemps ! Mais en même temps, il fallait peut-être que je devienne le personnage, pour gouter vraiment, puisqu’à trente ans, on avait fait de moi un fonctionnaire, sans que je demande rien à personne, que moi qui croyais être bon à rien, d’autres avaient découvert que j’étais trop bon à tout, et qu’ils avaient décidé de me garder confit, comme on garde une viande rare, et que j’allais travailler dix ans dans un horrible château néo-gothique, improbable, ou j’y souffrirais d’une subtile agonie de l’âme… 
Je dis, et je fais le contraire, contrariant jusqu’au bout, jusqu’à jeter ce poste de fonctionnaire, qui m’obligeait à vivre dans Kafka. Le lire, oui, y vivre n’était pas raisonnable.
 Une faiblesse, le vice qui gagne. Je dis encore et encore, parole facile, j’avais dit que j’en avais terminé avec l’écriture fermée, repliée sur elle-même, sur moi comme une carapace, que la maturité… La maturité mon cul ! Infantile encore ! oui !

 Alors, je suis plus sur de rien, et accepte de reprendre sur ce ton, pourquoi pas, et me dis que ça se fera comme ça se fera… même si ça doit ressembler à rien !
Le son de la catastrophe

Le son de la catastrophe

Je ne sais pas d’où je tiens ce sentiment de la fragilité du monde.

Évidemment, les moments de dislocation du monde, comme en ce moment même, réveillent ce sens émoussé par le temps cyclique des jours communs.

Et je suis alors contemporain des ravages, des énergies sans échelle qui se jouent de nos masses comme de la poussière.

Mais je ne sais toujours pas d’où je tiens cet organe, qui Lire la suite

Grande scène de mort

Grande scène de mort

[Cet article était préalablement publié sur www.leportillon.com en date du 5 avril 2008. Mais il datait de l’automne 2006, si mes souvenirs sont bons… sa date de publication ici est le 6 mars 2013. Mais il est antidaté pour ne pas parasiter le flux]

Vous connaissez Max Beckmann ?

À la sortie de l’adolescence, je me suis pris d’une passion pour les expressionnistes allemands. Leur peinture représentait pour moi une sorte de quintessence de la peinture. Une toile ne pouvait être expressionniste qu’en étant la trace d’une énergie picturale pure, paradoxalement moins maniérée que dans l’abstraction, car la représentation brutale obligeait la forme sans échappatoire vers un quelconque esthétisme. Les toiles les plus crûment picturales ont été produites par ces gens-là, à cette époque-là, dans la broyeuse des deux grandes tueries mondiales.

Cyprine #2.2

Cyprine #2.2

Cyprine 2.2 est un petit zine beige A5, simple, BD et dessins, édtité par les éditons Coyote noir

40 pages. Noir & blanc. 5 €.

Avec Lilas Ohla-la, Sarah Fist’hOle, Thierry Bouüaert, Céline Guichard, Zeami BD, Yann Black, Ptoma Martial, Terreur Graphique, Jürg, Ptoma…