Et Jean-Pierre Raynaud réinventait le pot

Et Jean-Pierre Raynaud réinventait le pot

« Je ne désirerais alors que me réduire en pot, sans terre ni fleurs, en lame de bêche : enfant déjà, je fixe les objets inanimés, non sensibles, et j’envie leur état : pierres, pièces de moteur, mots même, abstraits, de philosophie surtout. »
Pierre Guyotat, COMA, Folio, page 89.

Le pot de fleurs pourrait être le symbole de ce blog. En effet, voilà un objet si trivial qu’il en est invisible, au point même qu’il existe un autre objet qui sert à l’occulter, le cache-pot, preuve tangible du mépris esthétique pour cette pauvre forme standardisée. En effet, le commun lui reproche la simplicité même de sa silhouette, qui fait de ce cône percé une « utilité pure ». Et l’utilité pure, c’est sale.

Et pourtant, je marche

Et pourtant, je marche

Des abîmes s’ouvrent derrière moi, à chacun de mes pas. Ça s’appelle le temps, je crois.

Arriverais-je à

Arriverais-je à

Bien obligé d’accepter ce qui disparaît, comme ce texte, que je commençais enfin… Avant que le logiciel ne disparaisse dans les limbes numériques. Ça arrive jamais. C’est pour ça que c’est traumatisant. On s’y ferait, sinon… Mais voilà, comme une malédiction. Mais tenais-je tant que ça a ce bout de texte ? J’avais enfin commencé à raconter notre Lire la suite

Le début, la fin

Le début, la fin

Je ne pourrais pas écrire maintenant. À chaque effort de concentration, la tristesse vrille les os de mon crâne.

Tête

Tête

Lorsque je reviens, Céline a peint une grosse tête de mort dans les chiottes. Je plaisante, la qualifie de « rock », mais non, elle n’est pas si rock que ça. Non. Une tête de mort.

Lone son cowboy n’est pas celui qu’on croit : No Country for Old Men

Lone son cowboy n’est pas celui qu’on croit : No Country for Old Men

« Le sens ancien du mot « symétrie », tel que les Grecs l’employaient, répond aux idées de mesure, de proportion, d’harmonie, de rapports heureux entre les parties et le tout ». C’est ainsi, citant Vitruve, que Roger Caillois définit la symétrie, dans « Cohérences aventureuses, traité d’esthétique généralisée ». J’ai pensé à ce petit livre, abîmé quelque part dans ma bibliothèque, en sortant du dernier film des Frères Coen.

La pesanteur de Simone, la disgrâce de mon époque

La pesanteur de Simone, la disgrâce de mon époque

J’avais bien vu que Philippe avait posté dans LEPORTILLON un article sur Sartre et Simone de Beauvoir croyais-je…

Et Céline m’avait bien parlé d’une « histoire »…
Mais je n’y avais pas prêté attention avant cette fin d’après-midi, ou désœuvré, je fais mon traditionnel petit tour de l’actu sur Internet. Je fais le tour de différents journaux, jusqu’à ce que je tombe sur le commentaire d’un article qui cite Philippe… c’est assez rare malgré tout que du web très officiel je sois ramené au nôtre, plus insulaire…

Derrière l’auteur

Derrière l’auteur

Derrière l’auteur, il y a un désir premier d’individuation, de distinction, qui sort d’un conflit ancien avec l’autre corps, collectif, qu’il faut affronter.

Lacenaire :

Pourtant il s’était dit : L’avenir me réclame !
Oui… pour mettre à ton nom une auréole infâme ;
Oui, tu vivras, tandis que l’homme qui n’aura
Jetée sur son chemin que des bienfaits, mourra.

Le monde est sale

Le monde est sale

Je suis sale du monde. Un vent, comme une tempête, s’est levé dans ma tête, un vent plus rapide qu’un ouragan, violent, envahissant tout, remplissant tout, et nettoyant ma vie des scories d’un passé trop encombré. Tout en fut vidé, et ne restait que ta présence, nue, enfin lisible, frêle et palpitante, que je pouvais étreindre et attirer à moi, par une fusion des chairs vives.

Dans l’eau chaude

Dans l’eau chaude

Je tentais, sans espoir, de trouver un passage, de quelle nature bon dieu ?, entre un moment de moi lointain et maintenant. C’est une douce souffrance assez fréquente qui aigrit les instants de silence. Je prends ça comme une injustice, que le présent ne puisse racheter le passé. Tout semble toujours arriver trop tard.

La beauté est une salope

La beauté est une salope

Plus grande est la beauté plus profonde est la souillure disait Bataille pour autre chose… pour jouir en fait. Mais, la beauté est une salope, Une sacrée salope, qui vous saute aux yeux du pire des lieux. Dans ce froid glacial et soudain, avec la fièvre qui ne me lâche pas, je détourne le regard du paysage pour tomber sur ce pigeon agonisant, au milieu de la chaussée. Le corps arc-bouté, l’aile pointue, le plumage moiré, la tête épuisée pliée en avant, comme échouée, le bec collé au coup et sur le sol la petite tache circulaire écarlate et très propre, comme neuve. Sur dix mètres peut-être une traînée de plume.

Difficultés

Difficultés

Des journées comme ça. Illustrées par le dessin hésitant, dans le carnet neuf, dessin hésitant, brangeolant, du mec qui n’a pas vraiment dessiné depuis… 10 ans peut-être…

Mais rien devant la difficulté à vivre certains épisodes obligatoires de la vie, certains de ces moments charnières, dans la vie de « parents », qui changent les choses sans qu’on sache s’ils sont négatifs Lire la suite

Hasard, coïncidence et légumineux

Hasard, coïncidence et légumineux

Des semaines que je tente d’avoir un rendez-vous avec Hubertus. Je dois préparer mon inscription à l’école doctorale, et je n’ai pas eu l’occasion une seconde de parler avec lui. Il me semblait que c’était la première et naturelle étape… Mais comment avoir un rendez-vous avec un type qui parcourt le monde plus vite que Superman ?

Un tout petit rêve

Un tout petit rêve

Cette nuit, j’ai rêvé que je traversais le grand couloir du pouvoir d’une humeur si guillerette que je sifflotais. Alors que d’enthousiasme je siffle un peu fort, je me retourne et découvre à l’autre extrémité, par un effet de zoom onirique, une petite pancarte « silence ».

À un autre moment de la nuit, ou peut-être à la suite, je vois le visage de Lire la suite

Texte exhumé

J’ai retrouvé des fragments de texte de 98, ou 99… L’ensemble intitulé « Le refus ou mon sein surnuméraire ». C’est encore une sorte de prototype de ce site même ouvert en 2006. Comme si j’avais passé dix ans d’essais avant de me lancer. J’y retrouve quelques considérations fumeuses, une langue poéteuse qui m’est presque désagréable, et des Lire la suite

Que c’est bizarre

Que c’est bizarre

Quoi ? Mais tout… Tout est bizarre. Je ne comprends même pas qu’on puisse trouver quoi que ce soit de « normal ».

Reprise

Reprise

J’ai une réticence à lire très avant Pessoa. Je ne peux réprimer un sentiment bizarre, comme une petite réserve, devant cette absolue réussite de l’expression du mélange de duplicité et d’honnêteté d’une conscience. Juste derrière ma tête, une voix aussi intime que timide et même un peu honteuse, se demande ce qu’il me restera à écrire, lorsque Lire la suite

ORL

ORL

Rendez-vous chez l’ORL de l’hôpital. Je viens de me taper deux salles d’attente, dans deux étages différents absolument labyrinthiques. C’est un « grand ensemble » hospitalier. il ne risque donc pas d’être fermé par les nouvelles politiques. Cette manie gestionnaire provoque une concentration qui accentue tous les problèmes sociaux, et donc contredit Lire la suite