Photos de Randa Shaath

Publié le 26 octobre 2019

On considère parfois, je l’ai lu ici ou là, que la photographie humaniste avait disparu quelque part au début des années 60′, par l’effet du pop et de la brusque flambée de la photo de mode branchée. C’est évidement faux, resserré sur une histoire hyper locale, largement ethnocentriste, et parfaitement artificiel. De la même manière que la figuration a continué pendant les périodes iconoclastes de la peinture, la photographie humaniste, l’un des coeurs majeurs du médium, n’a jamais cessé de battre. Le genre est pourtant devenu, étrangement, presque mineur face au cliquant de l’imagerie optimisée de la communication, alors même qu’il est le plus difficile du point de vue de la pratique, le plus estimable du point de vu éthique, et la plus subtile esthétique qui participe de cette part fétichiste et donc mélancolique des images. Rien n’est plus dur que de prendre des gens en photo, sans pose ni préparation, et parmi les gens, rien n’est plus dur que le quidam sans qualités (c’est à dire aussi sans extravagance, sans pauvreté extrême ou monstruosité particulière). 

Enfin trêve de généralité, Randa Shaath superbe photographe cairote né en 1963 à Philadelphie est de ces photographes anhistoriques prenant en charge l’une des pratiques naturelles de la photographie. Elle  sait prendre Le Caire et ses habitants en photo, quidams comme célébrités. Elle aime la lumière, naturelle, ses jeux subtils, sa manière toujours renouvelée de créer des atmosphères,  et ça se voit, puisque c’est un spectacle somptueux à chaque cliché. Moi qui me suis toujours gardé d’en avoir le goût, je dois bien admettre que la photographie de Randa Shaath est une photographie qui me va, par son évidence et sa simplicité, et par son comportement aussi.

Livre bilingue, Catalan / Espagnol « Sous le même ciel. Le Caire »

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