Pokot (où Spoor)

Je dis parfois que le cinéma contemporain est très largement dominé par les réalisatrices. Ce qui explique d’ailleurs que les idiots « ne trouvent plus de bons réalisateurs ». Évidemment, quand on regarde le monde avec des œillères… Bref, encore une preuve de la domination artistique du cinéma des femmes, le sublime polar écolo d’Agnieszka Holland, aussi maîtrisé qu’impertinent, mais surtout extrêmement drôle ! Et rien n’est plus rare et précieux que le rire légèrement honteux qui dévoile le ridicule de notre condition. C’est un genre en soi, le drame burlesque, dont je croyais le cadavre enfoui profond sous les ruines de Cinecittà, mais qui ressurgi ici vif, au plus profond d’une campagne polonaise mythifiée peuplée d’hommes monstres baignant dans un mélange goûteux de sordide, de poésie et de grotesque. Ce Pokot (piste) est un morceau de pur plaisir et surtout de pure beauté. Enfin, même si c’est malheureusement trop tard, en voilà une qui devrait monter l’Internationale animiste avec Naomi Kawase…

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