Relire : Un bail avec Dieu

Publié le 1 mai 2012

Voilà donc le premier graphic novel de l’histoire de la bande dessinée américaine, premier du nom selon son inventeur autodésigné. Que l’histoire soit plus complexe, que la chose se discute, que surtout le Japon en eût très largement l’antériorité (1957) avec le Gekiga, Will Eisner n’en a cure, écrivant l’histoire dans son continuum culturel. Mais que son camarade Harvey Kurtzman ai inventé et publié le concept en 1958 ou 9 (le livre de la jungle), c’est-à-dire 20 ans exactement avant la parution d’Un bail avec Dieu, c’est déjà plus problématique. Enfin, voilà, pour l’approximative histoire de la BD, c’est celui qui dit qui y est, et le premier Graphic Novel est ce livre-là, ce Bail avec Dieu de 78 paru en France en 1982 aux Humanoïdes Associés, éditeur qui s’inventait au passage une collection roman graphique nommée Autodafé. Je l’ai acheté lors de sa parution dans une petite librairie spécialisée qui venait d’ouvrir dans ma petite ville. Cette librairie ne tiendra pas longtemps, mais suffisamment pour que j’y achète quelques livres malgré mon manque cruel de moyen. Le jour où j’ai acheté ce livre dont Metal Hurlant avait annoncé la publication, le libraire l’avait attrapé avec une grimace de dégoût, lâchant salement « Pouah, c’est du Zola en BD ». Je lui demandais quelque chose ? Non. Que ce soit gluant de pathos, oui, le pire mélo premier degré, oui, et que l’auteur quoi qu’important historiquement et extraordinaire dessinateur ai une certaine réputation, aussi, mais je déteste qu’un libraire bave sur les machins trop chers que je lui achète en me saignant. D’ailleurs, cette collection Autodafé n’etait pas exempte de défaut. Couverture pelliculée qui pelait rapidement, dos fragile, et papier trop lourd, rigide, abrasif, et qui a vite tourné au presque marron comme ces mauvais papiers début XXe, quand la Première Guerre mondiale avait décimé l’économie. Je vois bien que mon édition va s’effacer lentement, la couleur du papier s’approchant de plus en plus de celle de l’encre, mais, même s’il existe une réédition, un exemplaire, même laid, c’est bien suffisant pour une vie… Ce libraire semblait faire peu de cas de Zola, mais il n’avait pas tort sur Un bail avec Dieu, parfaitement dispensable. Le chef-d’œuvre de Will Eisner, c’est et reste The Spirit

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