Renaissance

Avant

Des bustes de marbre tronqués gisaient sous des sédiments. Des prédateurs marins rodaient au dessus. Abysses noirs engloutissant tout. Et la peur, les peurs. L’oubli. Le temps. Disparition, déjà.

Pendant

Je ne me souvenais pas. Je ne me souvenais pas que je n’avais peur de rien. Je ne me souvenais pas que je m’offrais sans mesure. je ne me souvenais pas que je dominais. Je ne me souvenais pas que j’étais vif. Je ne me souvenais pas que mon esprit refusait toutes limites, que mes nerfs étaient taillés pour la guerre, que mes sens désiraient tout. Que le monde faisait sens, que la beauté était mienne, que la jouissance était explosive, que ma peau… Que tout m’était plus fort. Je ne me souvenais pas que j’aimais le monde et l’univers, que je pardonnais tout, que j’étais magicien, que j’étais animal, que je mangeais la terre, l’air et le feu, que je pouvais transformer le monde en jeu, en art, en amour, que même les souffrances n’étaient que des jeux, que des gains. Que j’étais un monstre libre.

Après

Exhumer et jeter les marbres du haut des falaises. Éroder les moignons. Ériger des colonnes neuves, flambants, tendues. Sourire derrière les yeux.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :