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Le nerd comme agent culturel (approche)

Le nerd comme agent culturel (approche)

homme-vitruve_brooksCet article note en vrac et peut-être trop rapidement quelques réflexions un peu fermées sur la figure du NERD comme objet historique. Il faut préalablement lire « Spider-Man est-il un mythe ? », être familier des concepts préférés d’André Gunthert et connaitre à peu près ce qui s’est produit depuis 1945… L’article utilise l’univers de la Marvel, pour rester cohérent avec le postulat « Spider-Man », mais aurait pu très bien s’illustrer avec Hollywood, ou l’édition japonaise, ou même française (en plus tardive).

Qui est Willem ?  Pour moi…

Qui est Willem ? Pour moi…

fredfallo-218x300Le dimanche 3 février 2013, le dessinateur Willem devenait le 41e président du Festival international de la Bande dessinée d’Angoulême.

Le retour du Mickey refoulé

Le retour du Mickey refoulé

Il y a deux manières de cacher quelque chose, soit vous l’enlevez de la vue, soit vous la laissez en pleine lumière suffisamment longtemps. Notre esprit oblitère autant ce qui est absent que ce qui est chaque jour sous vos yeux.

Oui, bon…

Donc, c’est bizarre… Vous m’auriez demandé de vous citer les bandes dessinées qui ont marqué mon enfance, qui ont une importance pour moi, qui ont eu un effet ou un autre sur la conformation actuelle de mon esprit, j’aurais cité des tas de choses, comme les leçons de morale (et de matérialisme) de Rahan, les fous rires parfois mélancoliques de Gaston, Valerian, Gotlib et ces jeux de mots foireux, l’impossible et traumatique supplément à Spirou « Le trombone illustré« , et tant d’autres…

Se noyer dans Kamui Den

Se noyer dans Kamui Den

Merci à Yann / Pour André…

Voilà maintenant un an que j’ai repris la lecture intensive de bande dessinée. J’ai changé de sujet d’étude, et c’est assez naturellement que je me suis tourné vers la BD, par commodité, puisque c’était l’un des sujets qui ne me demanderaient pas plusieurs années de lectures pour atteindre la connaissance historique minimum nécessaire pour écrire des choses qu’on peut espérer pertinentes.

La persistance des formes culturelles du duel dans le manga

La persistance des formes culturelles du duel dans le manga

Après avoir refermé le Nième Manga dit « de combats » qui répétait jusqu’à l’usure la même scène de duel ultra codée sortie intacte d’un Japon aussi fantasmé que féodal, il devenait évident que j’étais en présence d’un ressort topique particulièrement persistant, voir poisseux, puisqu’on le retrouve systématiquement dans le manga d’action contemporain.

Débarquement du Comics US…

Débarquement du Comics US…

Note de lecture.

C‘est notoire, pendant la 2e guerre mondiale, les héros de comics américains se sont mis au service de l’armée américaine pour soutenir le moral des troupes et l’effort de guerre. Cette histoire sert même de ressort narratif, avec pas mal d’ironie, à une assez belle série franco-belge, « Pin-Up », de Yann et Bethet (chez Dargaud 1994).

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« Pin-Up » de Berthet & Yann chez Dargaud

La prosecogenie du manga par la face nord…

La prosecogenie du manga par la face nord…

manga-histoireet-univers-de-la-bd-japonaise-picquier-193x300Originellement, ce billet devait (exclusivement) parler de « Manga », petit livre de Jean-Marie Bouissou, que je recommanderais chaudement à toute personne osant émettre un avis abrupt sur cet immense phénomène éditorial.

Lorsque j’ai voulu aborder sérieusement le manga, il y a une petite année, je me suis rendu compte que j’en avais relativement peu lu. De la même manière que pour le reste de la bande dessinée dont je m’étais écarté pendant une bonne vingtaine d’années.

BD dans la ville (8)

BD dans la ville (8)

Avant d’entamer cet ultime dimanche, le bilan de mon samedi marchand : Ais-je acheté quelque chose ? Oui, un parapluie…

Hier soir, nous ne sommes pas sortis. J’en parlerais peut-être en conclusion, mais c’est une étrange mélancolie qui accompagne mes pas sur les allées de ce Festival que j’aimais tant enfant, et que j’ai tant détesté plus tard. Et l’exercice double de cette année (un reportage, deux casquettes), est peut-être aussi une manière de me réconcilier avec mon enfance…

BD dans la ville (5)

BD dans la ville (5)

J’avais raison, je crois, de préférer ce jour d’avant… Le public n’est pas encore là, mais la journée a pourtant déjà été épique. Et je commence à comprendre que tenir une chronique de ces journées de festival ne sera pas de tout repos…
Aujourd’hui, le matin apporte une illustration de ce que j’énonçais dans le billet d’avant, sur le cloisonnement très sociologique du Festival. Première heure, petit déjeuné protocolaire avec la délégation coréenne.

Ensuite, les choses s’affolent. Je vais vous épargner une bonne part de mes tribulations. Si j’avais une 2e journée par journée, peut-être… J’ai croisé Sardon (le Tampographe) dans la rue. Je me demandais hier si j’allais le croiser. Je me demandais hier si on se reconnaitrait. On s’est reconnu, même si mentalement je n’arrive pas à renouer ce présent avec mes vieux souvenirs. Une bonne quinzaine d’années représente un fossé difficile à combler. Il a juste eu le temps de me signaler qu’il avait lu ce que j’avais écrit… Et ça m’a juste provoqué un petit frisson glacé, d’abord parce que je n’aurais pas imaginé qu’il lise ça, et si vite, et aussi parce que j’ai pris conscience que j’étais lu, et que si je suis toujours inattentif, je le suis particulièrement dans ces petits textes de fin de soirée qui sont écrits dans un évident état de fatigue… La honte quoi !

BD dans la ville (4)

BD dans la ville (4)

Voilà, ça y est, c’est là ! Comment ça, c’est là ? Mais le Festival ne commence que jeudi matin ? Oui oui, bien sur, mais aujourd’hui, les journalistes… ha ! les journalistes ! Et les exposants aussi, il faut bien qu’ils préparent l’ouverture, et donc les grands chapiteaux qui étaient encore si déserts hier encore sont maintenant habités par une population industrieuse…

BD dans la ville (3)

BD dans la ville (3)

Alors, c’est exactement ça, une chronique…

Aujourd’hui, je m’étais dit que ce serait un jour sans, que c’était inutile, puisqu’il n’y aurait pas plus à montrer aujourd’hui qu’hier ou avant-hier,  puisque tout commence officiellement jeudi matin… Et voilà, par obligation professionnelle, je viens d’arpenter quelques kilomètres de festival… et si la ville frémit à peine, à l’abri des regards, sous les chapiteaux et dans les salles d’expositions, ça commence à bouger !

BD dans la ville (2)

BD dans la ville (2)

Hum… Je me suis demandé si je devais partir si vite, sur un billet quotidien qui sera peut-être difficile à tenir les jours même du Festival. Mais après tout la chronique est une forme idéale pour faire sentir les choses, en particulier ici le contraste entre la vie tranquille, quasi monacale, d’une ville de province dans ces jours communs, et l’étrange effervescence d’un Festival inscrit dans l’espace urbain (j’allais dire « naturel » et non cantonné dans un « vulgaire hangar » comme l’Apple Expo, le Salon du Livre ou n’importe quel concert aujourd’hui. C’est un pari, d’une certaine manière, puisque cette année, je n’ai aucune raison de participer à ce Festival, et donc, je vais flâner et tenter de le regarder d’un œil, sinon neuf, au moins suffisamment détaché (extérieur ?) pour souligner ses « exotismes » potentiels.

BD dans la ville (1)

BD dans la ville (1)

Le Festival international de la Bande dessinée d’Angoulême a lieu du 26 au 29 janvier 2012.

Lorsqu’un festival de la taille de celui-ci s’installe dans une petite ville de province perchée sur un éperon rocheux qui interdit toute expansion du centre historique, il doit se glisser dans les interstices d’un dense tissu urbain. Et il finira par remplir le moindre espace vacant… Une ville de 43 000 habitants va brusquement accueillir 200 000 visiteurs du monde entier pendant 4 jours…
Les structures pérennes, Centre Castro (anciennement Musée de la BD), le nouveau Musée de la BD, le Centre Saint-Martial, le Théâtre ou le Conservatoire, etc., ne suffisent pas à accueillir les espaces d’expositions, d’animations et les stands des éditeurs. De la même manière, il n’y a pas assez de chambres d’hôtel dans toute la région pour absorber cet afflux soudain. Il faut donc organiser l’hébergement payant chez l’habitant de ceux qui n’ont pas trouvé de chambre. Et ainsi, un véritable marché de loueur de chambres occasionnel s’est développé.
Puisque les bâtiments sont trop peu nombreux et trop petits (ou trop excentré), il faut fabriquer de toutes pièces des lieux à l’échelle de l’événement. Chaque année, les fêtes passées, les places de la ville sont accaparées par le montage des chapiteaux…

Bibliographie BD à l’usage des études visuelles

Bibliographie BD à l’usage des études visuelles

ausecourTentative de bibliographie BD évolutive orientée « études visuelles »… Cet article ne s’adresse pas aux gros lecteurs de BD, mais propose une sélection très arbitraire, puisque toute publication BD peut parfaitement prétendre à être sujet de recherche…

Version 10 / 8 février 2012

Les pérégrinations d’un singe [complètement] à l’Ouest !

Les pérégrinations d’un singe [complètement] à l’Ouest !

1378766344Pour l’étude des récits contemporains, il y a des références incontournables dans toutes les régions du monde. L’usage d’une « référence universelle » assure le scénariste ou le journaliste d’un effet de « connivence maximum » avec le public. Mais cet art de la version n’est jamais totalement universel et a des effets plus ou moins locaux puisqu’il dépend de la culture partagée d’une population donnée. Et puis il a les textes dits « universels », qui bizarrement le sont assez peu, c’est toujours un peu l’universel de chez nous, même si j’imagine que peu de gens dans le monde n’identifieraient pas la dernière version d’Alice, aussi célèbre à peu près partout grâce à Disney peut-être…

la femme-félin, figure zoomorphe transculturelle

la femme-félin, figure zoomorphe transculturelle

« L’amour est la plupart du temps un sous-produit du meurtre »
Agatha Christie

Notes du 9 août 2010

Mes enthousiasmes désordonnés naissent généralement d’une simple coïncidence. Ainsi, de la coïncidence de deux recherches concomitantes — sur le photographe Charles François Jeandel, qui m’obligeait à lire les publications des psychiatres de la toute fin du XIXe siècle, et d’une folie aussi compulsive qu’éphémère pour le comics US des années 40 — est née une brusque accumulation d’informations sur la persistance transculturelle d’une association symbolique, celle de certaines « femmes » et de certaines qualités que l’on prête aux félins.

Fin 2008, le même jour, j’ai croisé dans une vieille bande de Mandrake une femme-felin (« La comtesse mystérieuse », une charmante aventure de Mandrake datant de 1946) évoquant fortement la CatWoman de DC comics, et découvert avec stupeur que des « femmes chats » avaient réellement existé dans les asiles du professeur Charcot… J’ai créé un répertoire sur mon bureau, et j’ai commencé à y déposer les femmes-chattes que je croisais. En très peu de temps, c’est devenu une collection conséquente, qui traversait les genres du XXe siècle comme la littérature du XIXe.