Tout remonte

<

p style=”text-align: justify;”>C’est étonnant. Je me souviens, des affres. Je me souviens de toutes ces fois ou j’ai cru être dans une situation verrouillée, dans un cul de sac, ou tout était terminé, ou je ne me sortirais pas des problèmes. Je m’en souviens. Tout ça pour découvrir que le temps court toujours, que rien ne l’arrête, et que les pires ennuis, les pires tourments, les pires angoisses, finissent toujours pas s’évanouir. Je me souviens, comme j’aurais aimé me dissoudre… Je me souviens même, au cœur de cette adolescence ignoble, comme j’ai conclu un pacte avec moi-même. Quand j’étais si malheureux, quelques deuils, et cette première fille qui m’avait délaissée, pauvre. Je revenais de chez elle, je marchais sur ce pont routier… sentant les véhicules filer dessous… Je me suis arrêté, immobilisé, et j’ai enjambé ce garde-fou, qui ne gardait rien. Jai vu le toit d’un camion glisser, sa vibration qui remonte jusqu’à mes narines, et enfin, plus fort que les vibrations de la circulation, que la ville entière, ma voix, dedans, qui se moque de moi. Je me suis senti ridicule, si ridicule ! Je me suis senti si ridicule que je suis revenu sur la route, espérant que personne ne m’ait vu. J’ai repris la route. Mais rien n’avait disparu, aucun problème, aucune douleur. Alors, j’ai conclu ce pacte : OK, je reste, mais si un jour c’est insupportable, je sortirais. Je sortirais de ce jeu stupide ! Et jamais. Parce que toutes ces situations insupportables se sont effacées, et il y a eu, ensuite, des paradis, et pour chaque paradis vécu, pris, définitivement capitalisé, les enfers suivants semblaient plus minables. 
Jusqu’à ce que ce qui était enfer, si jeune, passe pour une merveille, la merveille des merveilles, aujourd’hui. Oui, aujourd’hui, ce qui m’était si douloureux est une bénédiction.

Le pacte est caduc. Beaucoup de vieux pactes s’effacent, en ce moment, laissant la place à de nouvelles promesses.

 

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :