Un petit livre jaune

Trône maintenant dans ma bibliothèque ce petit « Livre du crétin » de Franz Jung, écrivain allemand que m’avait chaudement recommandé Golo.  Ce petit livre jaune arbore (et c’est pas tout les jours qu’on voit une chose pareille !) une illustration d’après un bois de Kirchner. Je pense que cette couverture a été imprimée en « typo »,  avec ces plaques gravées à l’acide comme ça se faisait encore, mais déjà rare à la fin du XXe siècle. Mais sans certitude, sinon celle que c’est un procédé frappeur. Enfin, l’objet est agréable, déjà, joliment édité par Ludd, éditeur qui tentait alors, semble-t-il, de briser ces frontières culturelles qui empêchaient tant François Mitterrand et Helmut Kohl…

« Le livre du crétin » est un drôle de texte, fragmentaire,  lent à exprimer sa nature. Comme chaque fois qu’une esthétique nouvelle tente une première sortie. Alors que Proust annotait minutieusement des choses peu regrettablement mortes, des écritures s’essayaient à vivre vive et neuve, annonçant une littérature heureusement renouvelée. « Le livre du crétin » en est, avec ce rêche du neuf, du manufacturé pas encore ébarbé, de la force non maîtrisée, de l’aspiration à, vers au siècle qui s’ouvre sauvage.

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