Visite de La Maison Russie

Me suis laissé prendre, hier soir, doucement, par le visionnage de « La Maison Russie » (1990), adaptation d’un roman de John Le Carré par Fred Schepisi. Je n’ai jamais lu de livre de John Le Carré, n’ai aucun goût pour les histoires d’espionnage, et n’identifie pas du tout Fred Schepisi… Et ce n’est pas la liste de ses films qui m’aide à comprendre qui est ce gars ? Mais voilà… Je me laisse glisser, malgré le scénar romantique attendu et un encéphalogramme plat, dans de superbes plans touristiques à la limite du reportage. C’est beau, c’est visuellement inattendu, c’est loin des clichés, et c’est assez agréable. On aimerait presque s’éterniser dans ces très beaux portraits de villes. Dans sa fantaisie romantique, le scénario est bien plus crédible que les ramassis de clichés violents qu’on nous sert habituellement sur l’espionnage. C’est sans violence physique, sans violence autre que la pression psychologique sur les personnages, et à ce propos, le réalisateur se serait efforcé de rendre tangible cette oppression et de faire monter un peu la sauce, et le film aurait été remarquable. Il était déjà relativement beau, il aurait suffi de peu, peut-être juste de supprimer la moitié de l’insupportable musique…

Ha si, quand même : Sean Connery y joue comme un pied.

Ha oui, aussi, à peine, derrière, un sujet très très sérieux : comment une bonne part de la haute bourgeoisie américaine qui tirait directement profit de la course aux armements a eu du mal à faire le deuil de la guerre froide…

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