Sur la trilogie « Gosse » chez Dupuis, collection Les Ondines. Le tome 3 vient de paraitre : « Gosse et la Myrtille » (La Myrtille est le nom du père de Taigne)
Si comme moi vous logez provisoirement dans l’œil trompeusement calme du maelström qui disloque le monde, vous auriez bien tord de ne pas vous arrêter un moment pour vous perdre sur les rives du Rhône à la suite de Taigne et Gosse. Tant qu’on a pas lu cette maintenant trilogie picaresque de Lucas Méthé, on se passe de quelque chose qui a disparu des fictions contemporaines et qui pourtant manque cruellement. Oui, l’aventure est surprenante, candide, poétique et drôle, très, et on aimerait être encore assez enfant juste pour cette part-là, mais puisque je suis malheureusement (trop) adulte, ce qui me touche aussi, je crois, c’est la profondeur et l’amplitude culturelle d’un objet qui formellement excède l’art appliqué nécessaire à la bande dessinée, et qui dans son récit lève d’un souffle léger un riche nuage de réminiscences. La quête, les pérégrinations, la caractérisation des personnages, tout est ancré large et profond, profond jusqu’au mythe, oui oui, et pourtant enlevé, libre et fluide, sautillant, charmant et enfin, parfaitement réjouissant. Plaisir !

Trois Bucoliques de Lucas Méthé
Publié le 14 avril 2026