Archives photo familiales

Une photographie familiale n’est pas une image pour l’image. Juste une trace des moments morts, et un jour, des morts eux-mêmes, support parfait de la mélancolie.
Auto-ombromanie et considération de classe

Auto-ombromanie et considération de classe

« J’ai seize ans. Dans le bas, l’ombre portée du buste de mon père qui a pris la photo. » La place, Annie Ernaux L’auto-ombromanie est la manie d’oublier son ombre dans le champ d’une photographie, phénomène peut-être encouragé par l’injonction à ne pas réaliser de contre-jour… L’auto-ombromanie est la grande spécialité de l’historien de la photographie Continue reading Auto-ombromanie et considération de classe

Les photos de Paul #3 : ma grand-mère était là !

Les photos de Paul #3 : ma grand-mère était là !

Bien avant le selfie (cette photo qui dit, entre autres, « je suis là »), ma grand-mère paternelle était déjà là, et là, et là encore, et ici aussi… avec la complicité de mon grand-père photographe amateur. Dans les archives photo de ce dernier, je suis tombé sur cette série de tirages papier de paysages incluant systématiquement Continue reading Les photos de Paul #3 : ma grand-mère était là !

Photos retrouvées des souvenirs sans photo

Photos retrouvées des souvenirs sans photo

La photographie familiale est une photographie fétichiste. Exclusivement fétichiste. Fétichiste (acception postcoloniale), au sens que l’objet photo ne vaut que par ce qu’il représente. Une photographie familiale n’est pas une image pour l’image. Juste une trace des moments morts, et un jour, des morts eux-mêmes, support parfait de la mélancolie. En cela, elle est proche Continue reading Photos retrouvées des souvenirs sans photo

Les photos de Paul #2 : une romance

Les photos de Paul #2 : une romance

L’été dernier, j’ai consulté et scannérisé les archives photographiques que mon grand-père paternel à la suite de la mort consécutive de quelques membres de ma microscopique famille. Ce grand-père fut toute sa vie un photographe amateur parmi tant d’autres. J’ai entrepris d’écrire de petits articles sur ce fond de photographie familiale. Le premier post sur Continue reading Les photos de Paul #2 : une romance

Les photos de Paul #1 :  une passion familiale

Les photos de Paul #1 : une passion familiale

Pour débuter mon exploration de la photographie familiale, une première sélection de photos de la fin des années 40 au début des années 70 (presque jamais datées ni annotées) de mon grand-père paternel, Paul François, orphelin, garçon de ferme, bûcheron,  zouave, mineur raté, livreur de lait, croque-mort, plombier, graveur de plaques mortuaires, mélangeur de peinture, Continue reading Les photos de Paul #1 : une passion familiale

Décimation

Décimation

Je porte ce billet depuis quelque temps. Me demandant quand je l’écrirais. Alors pourquoi pas à l’heure la plus chaude de cette chaude journée ? Lorsque l’après-midi décline, que la terre et les bétons des bâtiments rendent la chaleur forcée des rayons brûlants. Cette heure étouffante avant un rafraîchissement qu’on attend pour revivre. Pourquoi pas ? Quatre Continue reading Décimation

La guerre de Käthi

La guerre de Käthi

Toute photographie est un sphinx. Devant une photographie non informée, nous sommes désemparé, ne sachant quelle relation établir avec ce morceau de papier inerte. Cet été malheureux, Je fouille, brasse et trie une masse de photographies anciennes. La seule chose que je sais, c’est qu’elles appartenaient à mes grand-parents paternels, et que si ces clichés Continue reading La guerre de Käthi

La guerre de Ludwig

La guerre de Ludwig

Donc, Ludwig habitait le Reichsland Elsaß-Lothringen. Pendant la Première Guerre mondiale, il était allemand. On me racontait qu’il avait été blessé (au centre sur la photo de groupe d’un hôpital militaire de Sarrebruck), qu’il avait « failli perdre une jambe », ce qui ne se voit pas, qu’il serait « rentré à pied sans prévenir », s’appuyant sur un bâton, et Continue reading La guerre de Ludwig

Une archéologie personnelle

Une archéologie personnelle

Voilà donc les parents de ma grand-mère paternelle : Maria Magdalena Kuntz, née Merfeld, et Ludwig Kuntz… Mais… « Mais, me dit-on, il s’appelait Louis ! ». Oui, Ludwig donc, Ludwig/Louis, qui savait bien l’arbitraire des frontières, puisque l’une dansait autour de lui, un coup à gauche, un coup à droite, et qu’il voyageait transnational sans bouger d’un pouce. Continue reading Une archéologie personnelle