Les martinets sont de retour.
D’exécrables depuis des mois, le temps est devenu « variable », oui, variable, donc distrayant. Une douceur de temps, mélange subtil de fraîcheur et de chaleur, gastronomie à petit vent frais qui invite à la sieste et la rêverie. Si la mélancolie vient, elle sera nécessairement apaisée et même réconfortante. Un vent de vague à l’âme.
Le paysage se lève doucement de sa brume, ce matin. L’immense arrosage du terrain de foot, scandaleux, est d’ici délicieusement kitch. Je suis content de sentir de nouveau l’envie d’écrire, comme une chose qui se lève, profonde et lente. Et puis, et puis les martinets sont de retour, avec trajectoires incises et joie sonore… Alors ?
Le paradoxe, encore, de ce moment de vie. Je devrais, selon l’impératif du temps, m’inquiéter pour mon avenir, et même pour mon avenir immédiat. Mais rien n’y fait, rien n’entame cette étrange sérénité, peut-être une forme de bêtise ?
Ha ! La poésie du matin : loin, en bas, deux minuscules silhouettes noires transportent un but de foot à l’horizontale, comme un exercice de géométrie.

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