Hérodote rapporte une histoire égyptienne édifiante… Avant le règne de Psammitichus (ou Psammétique Ier), les Égyptiens se croyaient le plus ancien peuple de la terre. Psammitichus voulut savoir, en avoir le cœur net, en trouver une preuve. Il courrait un bruit, désagréable aux oreilles égyptiennes, que les Phrygiens étaient antérieurs. Psammitichus pensait sans doute que le langage naissait par génération spontanée, comme les mouches et les grenouilles, alors il ordonna une expérience à la con : prélever deux enfants pauvres dès leurs naissances et les faire élever par un berger isolé qui avait pour ordre de ne jamais leur parler. Hum… Mon œil. Peu importe. Psammitichus voulait savoir quel serait le premier mot que ces enfants prononceraient, puisque ça suinte naturellement, évidemment. Et donc, quand les enfants eurent deux ans, le berger les entendit prononcer « Bécos ». Ils répétèrent le mot devant Psammitichus qui demanda ce que voulait dire ce machin chose bécos. Ils découvrirent rapidement que « Bécos » veut simplement dire pain en phrygien, et que les bambins avaient faim. Ce qui bien compréhensible. Il fut donc décidé que les Phrygiens étaient antérieurs aux Égyptiens puisque c’était leur langue qui sortait d’enfants « sans langage »… sans se demander d’où, par hasard, pouvait bien venir le berger… C’est con un pharaon ! D’autant plus con que le pharaon Psammitichus était assis là, le cul posé juste à l’endroit d’où l’Homo sapiens était sorti d’Afrique, juste au carrefour majeur des premières migrations, juste à l’endroit des premières disséminations de notre espèce invasive, bien avant les Phrygiens et les Égyptiens…

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