Vendredi soir, un vernissage. Sur les murs, des images d’un artiste dont tout le monde semble se foutre. « On » est venu pour la bouffe… pour le buffet arménien… Discours écœurant, comme la nourriture trop riche, atmosphère étouffante. Première fois que j’entends le discours d’un préfet. Le mec a regardé la définition d’« Arménie » dans le dictionnaire juste avant de venir, et il nous assomme d’un historique du pays d’une voix tonitruante. « Des centaines d’années sans état… » et il en tire des conclusions vaseuses, et très glissantes, sur l’identité collective… Son dico doit dater du XIXe siècle ! Il s’empêtre dans des idées très délicates à manier, qui plongent très vite dans les eaux fangeuses des pires idées, et personne ne semble s’en rendre compte. Tout le monde applaudi, comme ils applaudiraient une exécution capitale sur une place publique. La nausée. Le buffet à peine servi, une ruée.

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