Daniel Bourrion contre le grand palimpseste

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Daniel Bourrion, Le pays dont tu as marché la terre, Éditions Héloïse d’Ormesson

Court texte miraculeux, suspendu, hors tout, beau geste tout de tensions et d’élégance, comme pour contredire Marguerite Yourcenar à la si riche généalogie ; « les miséreux laissent rarement des traces sur les parchemins », dit-elle. Alors, inscrire trace dans un tout petit livre paradoxal monument à l’un, homme, qui a laissé à peine un sillon de voiturette sans permis dans la poussière d’un chemin de traverse. Hors lui, le sujet, l’homme sans trace, Daniel Bourrion lui construit un sanctuaire de papier, petit et dérisoire oui, mais réel, tangible, autour d’un bout de mémoire lacunaire, retissant les filandreux souvenirs de cet Huckleberry Finn très personnel. Et la langue, archéologique évidemment, n’oubliant ni les accents intérieurs irréductibles à l’éducation, ni les idiotismes résiduels, ces singularités d’un coin de terre marché.


Commentaires

Une réponse à “Daniel Bourrion contre le grand palimpseste”

  1. […] Preuve que les adultes peuvent encore se faire raconter des histoires douces. Entre réminiscence de Collodi et conte japonais, je me laisse porter par la petite musique de cet Antonio Moresco. Ça m’ennuie presque de découvrir où mène vraiment cette petite lumière. J’accepte juste de me perdre dans la description d’une tige de lierre, de discuter encore avec les hirondelles, et de cheminer au pas sur une route défoncée et tortueuse envahie par la végétation. Lu au hasard, et une parfaite surprise. J’avais jamais lu Antonio Moresco, quel manque de discernement de ma part !La petite lumière est chez Verdier. C’est le poche, il est tout petit, je vais le glisser à côté du dernier livre de Daniel Bourrion. […]

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