Théorie esthétique d’Adorno est un grand texte. Je m’y plonge hasardeusement, et y trouve de la grandeur, oui, mais aussi malheureusement me heurte à sa dimension historique. C’est un moment daté de la perception idéologique de l’Art. Ce moment est passé. Et ne reviendra plus. D’où déjà l’odeur de suranné et un début de rigidité cadavérique qui va irrémédiablement nous rendre ça illisible (Décryptable, oui, mais plus véritablement lisible comme chose vivante).
En ces temps d’explosion démographique, d’atomisation des milieux (de quel réel devons nous parler ? De quelle réalité sociale, économique ?, de quel réseau ?), de mondalisation des esthétiques (j’ai encore feuilleté il y a quelques jours un collectif Taiwanais de jeunes auteurs parfaitement conformes à la scène mondialisée actuelle), nous en somme réduit à récupérer des bribes de théories et à les manipuler honteusement pour les actualiser de force, comme je le fais pour ma lecture de Baudrillard quand je fais mine d’y lire des oracles.
Mais oui, j’ai bien raison de dire et redire que les morts ne peuvent pas nous aider.
Ce qui se joue est inédit.
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