Ce matin, il pleut

Et ce matin, je lis “Poème de l’amour“, de la Comtesse Anna de Noailles. Celle qui, paraît-il, a provoqué le suicide d’un poète.

Pourquoi la lire ? Je ne sais pas. Sérendipité. Poésie descriptive, précise et souvent inspirée, mais déjà plus dupe d’elle-même, une lettre d’un amour désenchanté. Oui, mais pourquoi, en vrai ? En vrai, je suis tombé au hasard du feuilletage d’un de ses livres sur une citation amusante. Je la perds. Pense à autre chose. Y repense et la recherche. Elle démontrait toute la lucidité d’Anna de Noailles (cynisme parfois) qui par contraste, accusait d’autant la naïveté de l’écrivain NRF cité quelques billets avant.

ne la retrouvant pas, je lis le livre et note ce qui passe :

“J’observe aux confins du vertige
La stupeur de ne pas mourir”

Et

“Et si ton hésitant, faible et modique orgueil
Ne peut s’accommoder de l’animale flamme,
Moi, du moins, j’eus le droit de voir périr des âmes
Pour les lèvres, les bras, les noirs cheveux et l’œil !”

Ou

“Les mots sans qu’on les craigne ont d’effrayants pouvoirs”

Des tons de confidences

“Tu sais, je n’étais pas modeste,
Je n’ignorais pas les sommets
Où je vivais, puissante, agreste,
Rêveuse, universelle, — mais”

J’aime aussi

“Jette vers moi ce qui t’encombre”

Ou

“Et j’ai fait avec ton ennui
Un étrange et mystique pacte
où tout me dessert et me nuit ;”

Ou

“Morte mille fois d’avoir bu
Tous les poisons dans ton silence…”

Et étrange, orpheline

“Tu as tué mon enfance !”

Ou

“Je ne veux pas mourir avant
de t’avoir trouvé moins charmant…”

Ou

“Tout est brutal et froid. — Toi seul es un mystère,
Puisque la mort n’existe pas!…”

Ou

“— Je sais la coalition
L’alliance, la connivence
De ton regard sans passion
Et de ta lèvre qui avance.”

Et

“Plaignons les heureux, il faut
Qu’ils apprennent à mourir !”

Ou

“Moi, j’attend que ta beauté passe…”

Ou

“Notre énigme est notre confidence…”

J’aime beaucoup le

“Je ne peux pas être attentive,
parce que j’ai déjà compris !…”

Vers la fin

“Méprisable et divin miracle du baiser !”

Et

“Songe, ô futur cadavre éphémère merveille,
Avec quel excès je t’aimais!”

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