Le 11 aout 1995 à 15h15

Transcription numérique de mes archives pré-numériques :

Deux tours de la ville pour rien. Je pars à chaque fois bien résolue à rencontrer des gens. Évidemment, les seuls que j’aurais le courage d’affronter ne sont pas là. Je n’ai vraiment presque plus de relation sociale dans cette ville. Ça tourne très vite dans ma tête. Michel ? Pas envie. L et L ? Pas envie. Fabrice ? Pas envie. François ? Pas envie. Qui d’autre ? Personne. Que m’est-il arrivé ? Et pourquoi exactement je ne veux pas les voir ? R, j’avais quelque chose à lui dire. Donc, ça mène a une conversation. C’est positif. Et puis on se connaît peu, donc l y a potentiellement beaucoup à dire. Mais les autres ? En revenant de la ville, j’essayais de comprendre ce que j’étais parti y chercher. Je me suis rendu compte que j’avais envie de discuter avec un être humain. Ça paraît très simple, mais la vie offre très peu d’occasions de véritables discussions. Avec Michel, les discussions sont closes, déjà épuisées avant de commencer. Il ne m’écoute pas et je dis n’importe quoi. La conversation de François ne m’intéresse tout simplement pas. Fabrice ne me parle plus.  Il me regarde bizarrement, juste. L et L m’écoute un moment, et partent en mondanités. Aucune véritable conversation ne démarre…

C’est en comprenant ce que je fuyais que j’ai compris ce que je cherchais et ce qui me manquait : une véritable conversation. Quelqu’un qu’on regarde, qu’on écoute, qui écoute, de la chaleur… Et je savais maintenant qui me manquait. Et pourtant, depuis deux jours, je me suis interdit de penser certaines choses. Mais je ne peux pas m’aveugler plus longtemps. La seule personne avec qui j’ai toujours autant de plaisir à parler, c’est elle.

Ce que je cherche partout, et que je peux trouver passagèrement chez quelqu’un d’autre, c’est la qualité de nos rapports humains. Elle me manque pour tellement de raison !

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